‹ Manuel pratique du fabricant d'alcools; alcools de vin, de cidre, de poire, de betteraves, de mélasses, etcChapitre 50 sur 72 · ÉLÉMENTS · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS

Allemagne

Déj^rU-

nient du Poyde-Dôme

Département d« TAisM.

Département da Nord.

Carbonate de potasse

Carbonate de soude

Chlorure de potassium.. . .

Sulfate de potasse

Eau, charbon, matières insolubles

EXTRACTION DE l' ALCOOL 169

En général, on considère que 100 kilogrammes de mélasse, travaillée par les procédés indiqués plus haut, donnent 28 à 30 litres d'alcool et 10 à 12 kilogrammes de salin de potasse de 50° à 55* alcalimétriques, ou enfin 7 à 8 kilogrammes de potasse blanche et raffinée. MM. Camichel et Henriot, ayant constaté que le travail des mélasses par l'acide sulfurique, au moment de la fermentation, modifiait d'une façon préjudiciable le rendement des salins en carbonate de potasse, et augmentait la formation de sulfate de potasse au détriment du carbonate, ont eu l'idée de substituer et Tacide sulfurique l'extrait du châtaignier. Nous avons déjà, au chapitre de la fermention, parlé de ce mode d'opérer, nous n'y reviendrons donc pas, ayant déjà donné les tableaux comparatifs de rendement de ces deux opérations, seulement, nous profiterons- à nouveau de l'occasion qui se présente de recommander ce système.

Examinons le parti le plus avantageux que nous pouvons tirer de ce salin quelle qu'en soit la provenance.

Le procédé primitif employé consiste à concentrer les vinasses dans une série de chaudières superposées, puis de les abandonner à la cristallisation. Les produits étaient fractionnés suivant leur point de cristallisation.

Différents systèmes de chaudières à concentration ont été imaginés, mais leur étude ne présente pas un intérêt suffisant pour nous y arrêter.

Les produits de la cristallisation des vinasses sont séparés, tandis que les eaux-mères retournent dans les chaudières à concentration pour y être traitées de nouveau. Cependant quelques industriels les évaporent à siccité et le produit est mêlé aux premiers cristaux obtenus.

Toutes ces matières réunies forment un mélange assez complexe, comme on l'a vu par le tableau donné plus

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haut, mais ne constituent pas ce qu'on appelle la potasse, il faut opérer cette conversion et la calcination est le moyen le plus simple.

Elle est faite dans des fours de différents modèles qui tous ont le même but, on obtient alors une masse d'un gris sale plus ou moins charbonneuse selon que l'action du feu a été plus ou moins poussée, c'est une question de fabrication que nous ne pouvons traiter, cela dépendant de la nature de produit qu'on veut obtenir.

La masse incinérée est divisée avec soin, puis versée dans des filtres en tôle où elle est lessivée avec soin, de manière à lui enlever tous ces sels de potasse qu'elle contient et obtenir des jus, qui, passés, sur de nouveaux filtres chargés de salin brutj arrivent à se concentrer jusqu'à 38" ou 40". C'est à cet état qu'ils sont successivement concentrés dans des chaudières à évaporation, puis abandonnés à la cristallisation. Malgré leur teinte brune, ces sirops ^le potasse donnent des cristaux blancs qui, calcinés de nouveau pour chasser l'eau de cristallisation, donnent une potasse d'un blanc éclatant qui est alors susceptible d'être livrée au commerce. Mais il est encore une dernière opération qu'on lui fait subir pour l'avoir pure ou raffinée.

On porte 50 litres d'eau à l'ébullition, on y fait dissoudre 100 kilogrammes de potasse blanche et on abandonne pendant huit jours dans des cristallisoirs. On sépare les eaux-mères et on a de la potasse pure raffinée. Les eaux-mères sont de nouveau évaporées à siccité et donnent un produit salin composé de sulfates de chlorures à base de potasse et de soude. C'est ce produit qui est souvent employé dans la culture ; mais il a un grave inconvénient, c'est qu'on y rencontré des cyanures, sels toxiques au point de vue agricole fet qui peuvent donner lieu à de graves mécomptes.

EXTRACTION DE L'aLCOOL 171

Ces procédés simples devaient amener des perfectionnements, c'est ce qui est arrivé, et M. Savalle a construit un appareil k triple effet qui donne, dans cette fabrication, une économie de 40 •/© de combustible, mais les acides contenus dans les vinasses rongeaient si rapidement les appareils qu'ils ont dû y renoncer, quoique, comme évaporation économique, il remplissait tous les avantages.

M. Eug. Porion, grand distillateur du Nord, a simplifié le problème en créant un système de four d'évaporation où les chaleurs perdues de Tincinération sont employées à Tévaporation des vinasses. On comprend facilement Téconomie d'un pareil mode d'opérer. Voici, d'après Savalle, la description de ce four (fîg. 21) :

Le système de four deM. Eug. Porion se composededeux parties distinctes : la première, qu'il désigne carneau d'évaporation, et qui comprend la moitié du four situé du côté de la cheminée, se compose d'une vaste chambre dont le fond est à environ 1™20 au-dessous du sol extérieur ; cette chambre est traversée dans le sens de sa largeur par deux arbres de transmission creux et armés de palettes, qui ont pour fonction de projeter avec force et de réduire à l'état de gouttelettes une couche de vinasse d'environ vingt centimètres, alimenté par la chambre d'évaporation.

Cette dernière se trouve ainsi remplie d'une pluie de vinasse dont l'évaporation s'opère au moyen des gaz de la chaleur perdue, qui s'échappe des fours à incinérer. Le produit de l'évaporation est appelé au dehors par la cheminée à grande section, située au bout du four.

La seconde partie du système est formée des fours à incinérer, précédés chacun d'un foyer ; la vinasse concentrée dans l'évaporation est introduite dans ces fours et s'y trouve incinérée. Dans l'un des fours représenté (fig. 21)> on voit l'ouvrier remuer la potasse pour qu'elle s'inci-

in

FABRIACTION DE L ALCOOL

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nère bien régulièrement et pour activer Téchappement des gaz qu'elle dégage ; d'un autre four, plus loin, on voit extraire la potasse ; elle est ensuite portée en tas pour achever son incinération, et enfin, lorsqu'elle est refroidie, on la met en barils pour la livrer au commerce . Elle est vendue au degré de carbonate aux raffineurs ou aux savonniers.

Le rendement de ces fourâ bien menés est de 13 kilogrammes d*eau évaporée par kilogramme de charbon brûlé. Les générateurs, eux, ne donnent que de 5 à 8 kilogrammes de rendement.

Ce système économique est ce qui a été fait de mieux jusqu'à ce jour à notre connaissance.

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