‹ Manuel pratique du fabricant d'alcools; alcools de vin, de cidre, de poire, de betteraves, de mélasses, etcChapitre 59 sur 72 · RECHERCHE DES PRODUITS DE TÊTE · texte numérisé non relu

RECHERCHE DES PRODUITS DE TÊTE

Dans 50 ou 60 centimètres cubes d'alcool à essayer, on verse une solution caustique de potasse ou de soude (150 grammes par litre). On mélange les deux liquides et on porte la température de ce mélange vers 60* au bainmarie. Si l'alcool renferme des produits de tête, la liqueur prend, dans l'espace de quelques minutes, une teinte qui

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varie du jaune paille au noir, suiraiii les quantités des aldéhydes.

A froid, la réaction s'opère également, mais elle exige un contact de vingt-quatre heures avec l'alcali pour être complète. Des traces de produits de tète, ne colorant pas le mélange d'alcool et d'alcali dans les premières minutes, apparaissent toujours au bout d'un temps variable, un quart d'h^ire, une -demi-heure de séjour du tube dans le bain-marie ou après quelques heures à froid.

Les alcools exempts de produits de tète demeurent absolument incolores^ quelle que soit la durée de leur contact avec la soude ou la potasse dans le bain-marie ou à la température ordinaire.

H est préférable de faire l'essai à ûroid, parce que, au bout de vingt-quatre heures de contact avec la ,potasse, les moindres traces d'aldéhydes donnent une teinte jaune, appréciable à l'œil. Quand les alcools à essayer contiennent beaucoup d'aldéhyde, il se forme un précipité par l'addition du réactif alcalin.

RECHERCHE DES ALCOOLS I>E QUEUil

On prend iOO centimètres cubes d'alcool à essayer, on y verse, en l'agitant, de l'hydrocarbure léger, jusqu'à ce que celui-ci cesse de s'y dissoudre instantanément. L'alcool a dissous alors i/5 environ de son volume d'hydrocarbure. On étend le mélange de cinq k six fois son volume d'eau ordinaire (l'eau alcoolisée ne dksout pas trace d'hydrocarbure) ; l'hydrocarbure se sépare et surnage. On le sépare de l'eau alcoolisée en le décantant dans un entonnoir à robinet; on soutire l'eau alcoolisée et l'on introduit ensuite l'hydrocarbure dans un flacon bouché à rémeri, puis on y ajoute quelques centimètres eubes d'aride sulfurique pur à 66^ ; on agite et on laisse reposer.

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Il se forme alors deux couches nettement séparées : l'hydrocarbure incolore surnage Tacide sulfurique.

D'après M. Bang, sî l'acide sulfurique se colore en jaune, on a affaire à de l'alcool isobutylique ; si la coloration est brune, ce sont les corps amyliques qui domiûent. L'élévation de la température hâte la réaction. Tout alcool qui résiste à cette double recherche est de Talcool éthyUque pur et devrait seul être livré à la consommation.

Il faut, dans ce procédé, employer des produits d'une grande pureté et les vérifier. L'hydrocarbure se prépare de la manière suivante. On prend du pétrole rectifié qu'on agite avec de l'acide sulfurique fumant, et on répète cette opération jusqu'à ce que l'acide sulfurique ne se colore plus. L'acide sulfurique doit avoir 66^, être absolument blanc.

Il est bon, avant d'opérer, d'essayer chaque fois Thydrocarbure avec l'acide sulfurique pour voir s'il ne se produit pas de coloration.

Comme on le voit, ce procédé est d'une grande simplicité et n'exige d'autre précaution que l'emploi de réactifs purs. Il est rapide et à la portée de tous.

Nous ne nous expliquons pas pourquoi la commission d'enquête l'a écarté. Au point de vue de la dosimétrie, il est susceptible d'être modifié pour devenir pratique.

Nous terminons là l'exposé des procédés de recherche des produits toxiques contenus dans les alcools, car nous pensons que les chercheurs ont les éléments suffisants pour faire leurs opérations et les mener à bonne fin.

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