DISTILLERIE AGRICOLE
• Sans vouloir empiéter sur les attributions des ingénieurs, nous croyons utile de donner ici le plan et la des-
cription d*^ane distillerie agricole, telle que la comprend et l'exécute M. Désiré Savalle. Le succès de ces usines, qui n'ont pas la prétention de rivaliser avec notre grande industrie, a rendu de grands services à Tagriculture, qui cherche tous les moyens possibles pour augmenter ses revenus, déjà si modestes, par suite des charges énormes qu'elle supporte, et de la concurrence étrangère. Lé but de la distillerie agricole est de favoriser l'élevage du bétail de boucherie et d'en abaisser le prix en tirant le meilleur parti possible des produits de la terre. La culture de la betterave est incontestablement un des facteurs le plus puissant qui amène à ce but, mais encore faut-il en tirer tout le profit possible. La consommation directe de cette racine par le bétail est certainement lucrative, elle peut non seulement être employée à^^cela, mais on peut encore en tirer d'autres profits qui viennent augmenter le bénéfice du cultivateur. C'est ce qui poussa le grand agronome, Mathieu de Dombasle, à créer la distillerie agricole, et à faire tous ses efforts pour en vulgariser l'application dans les grandes cultures. Le matériel, nécessaire pour la création de ces petites usines, n'est pas coûteux et permet d'utiliser certains produits d'une manière plus avantageuse pour le cultivateur. Ce travail lui donne de l'occupation dans la morte saison et lui évite le chômage, en utilisant son personnel et ses animaux pendant les longs mois d'hiver.
Nous ne croyons mieux faire que d'emprunter h M. Désiré Savalle les plans et la description d'une usine de ce genre. Son importance ne peut varier que dans une certaine limite pour donner un bénéfice réel ; il faut que son travail journalier ne soit pas inférieur à 25,000 kilogrammes de betteraves par jour,ni supérieur à 40,000, car alors on tombe dans la grande usine. Son fonctionnement doit se faire à la vapeur, car c'est le seul moyen d'obtenir
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le maximum de rendement; de plus, elle a tout intérêt à ne liTrer que des alcools rectifiés, car sans cela elle perd le plus clair de ses bénéfices. La vente des flegmes donne lieu à trop de pertes, pour qu'on n'ait pas un intérêt majeur à procéder soi-même à la rectification, opération qui, en somme, n'exige pas un grand matériel. ' Gomme nous ne nous occupons que des petites usines, traitant 15 à 25,000 kilogrammes de racine par vingtquatre heures, nous adopterons, comme principe, que le «ystème par macération est plus favorable, les pulpes devant être consommées sur place.
Légendes de lensemble d'une installation (fîg. 25 et 26)
A. Générateur à vapeur ;
B. Machine à vapeur pour l'atelier d'extraction ; €L Laveur situé dans le magasin à betteraves ;
D. Élévateur montant au coupe-racines les betteraves lavées ;
E. Coupe-racines ;
F. Distributeur des cossettes ;
G. Cuve de macération ;
H, Cuviers de fermentation ;
1. Pompes à jus fermentes, à eau froide, et d'alimentation pour le générateur ; actionnées par un petit moteur spécial indépendsuit de Fatelier d'extraction des jus ;
J. Réservoirs à jus fermenté ;
K. Colonne distillât oire ;