‹ Manuel pratique du fabricant d'alcools; alcools de vin, de cidre, de poire, de betteraves, de mélasses, etcChapitre 62 sur 72 · LE MOUILLAGE ET LE REMONTAGE DES ALCOOLS ET EAUX-DE-VIE · texte numérisé non relu

LE MOUILLAGE ET LE REMONTAGE DES ALCOOLS ET EAUX-DE-VIE

Il arrive dans la pratique qu'on a soit à diminuer le degré d'un alcool, soit à en élever le titre. Ces deux opérations, fort simples, se font au moyen de tables.

Comme il peut souvent se présenter des cas où on en n'a pas sous la main, il est bon de connaître les calculs par lesquels on peut arriver au même résultat.

Mais avant d'exposer ces modes d'opération, il est utile d'indiquer <juelques précautions à prendre. Le mouillage des esprits ne doit pas se pratiquer indifféremment avec n'importe quelle eau, il faut, au contraire, apporter le plus grand soin dans son choix.

On sait que, lorsqu'on verse de l'alcool dans une eaa chargée de sels calcaires, il se produit un trouble immédiat qui provient de la précipitation des sels calcaires, solubles dans Feau, mais peu solubles dans Teau alcoolisée ; il faut^ avant de procéder au mouillage des esprits, s'assurer de la pureté de. l'eau, à employer. L'eau la plus propice à. ce genre d'o^éçatipn .est. l'^au distillée, mais on n'a pas toujours sous la main une quantité d'eau de cette nature disponible. Dans ce cas, on peut avoir recours à. un procédé simple qui l'amène à un degré de pureté suffisant, il suffit de la porter à l'ébullition pendant quelques minutes. Les sels calcaires, qui s'y trouvaient à l'état de bicarbonate soluble, sont ramenés à l'état de carbonates

non solubles, et en la laissant reposer et refroidir, les sels calcaires se déposent. Une eau ainsi traitée ne donne qu'nn trouble insignifiant dans un alcool mouillé, et il suffit de quelques jours de repos pour que .les carbonates précipités se déposent au fond du vase.

On peut encore employer les eaux de pluie recueillies dans une citerne bien propre, elles sont parfaites pour cet usage.

Dana les pays où les eaux ne sont pas calcaires, on peut les employer toutes indifféremment.

Pour s'assurer du degré de pureté de Teau, on emploie une solution concentrée d'oxalate d'ammoniaque. 11 sufQt d'en verser un ou deux centimètres cubes dans un verre d'eau pour amener de suite la formation d'un abondant précipité d'oxalate de chaux, indice certain qu'on est en présence d'une eau calcaire, plus ou moins chargée, selon l'abondance du précipité obtenu.

Ces précautions prises, étudions l'emploi du tableau de iftouillage suivant :

U se compose de trois colonnes distinctes,

La première in,dique le degré du spiritueux à réduire.

La deuxième, les degrés auxquels on veut amener le Uquide de la première colonne.

La troisième, le nombre de litres d'eau qu'il faut ajouter à un hectolitre d'esprit, indiqué dans la première colonne, pour l'amenfer au degré indiqué dans la seconde.

Exemple : On veut réduire 100 litres d'esprit à 92<» à 50*. On cherche le nombre 92 dans la première colonne et on descend jusqu'à ce qu'on rencontre le nombre 50 dans la deuxième colonne, et en face dans la troisième cok>nne on trouve le chiffre 87 lit. 2. 11 faut donc, pour faire du 50» avec du 92°, 100 litres de 92» et 87 lit. 2 d'eau. Il est bien entendu que, dans cette opération du mouillage, l'eau et l'esprit devront être à la même

température. Le volume ne sera également pas correspondant à la somme des deux liquides. Ainsi, au lieu d'avoir un volume de 100 + 87.2 =r 187.2, on a environ 184 litres. La contraction produite par le mélange d'eau et d'alcool étant d'environ 4 **/o à ce degré. Mais dans la pratique on n'en tient pas compte.

Maintenant si on veut opérer sur une quantité diflférente de 1 hectolitre, on opère comme suit. J'ai 750 litres d'alcool à 90®, je veux en faire du 50*. Je commence par chercher la quantité d'eau nécessaire pour convertir 100 litres de 90*» à 50 et je trouve 84 lit. 8.

Je multiplie 750 litres par 84.8 et j'obtiens 63,600 qui, divisés par 100, me donnent 636 litres d'eau 750X84.8^

Comme on le voit, l'usage de cette table est d'une simplicité extrême.

Il peut se présenter d'autres cas que voici :

Vous avez du 90**, on vous demande de faire 250 litres de 50" avec cet esprit. Quelles quantités d'esprit et d'eau faut-il prendre?

Pour la quantité d'esprit on la trouve en multipliant le

volume donné par la plus petite force, et en diminuant

le produit par la plus grande.

Exemple : — — = 138 litres.

yu

Pour l'eau, je cherche dans la table combien il fautd'eau pour réduire 100 litres de 90» à 50» et je trouve 84 lit. 8, que je multiplie par 138 et que je divise ensuite par 100, ce qui me donne 117 litres d'eau. Donc, pour faire 250 litres de 50*» avec du 90S il vous faut 138 litres de 90" et 1 17 litres d'eau, ce qui donne 255 litres de mélange ; mais, par suite de la contraction, vous n'avez effectivement que 250 litres de 50°.

" Enfin on peut avoir encore un autre genre d'opération, on a un alcool d'un degré déterminé qu'on veut abaisser de degré au moyen d'un alcool plus faible. Voici comment on procède :

J'ai 700 litres de 90* que je veux amener à 50** avec du 40*. Je veux savoir la somme à employer de ce dernier esprit. Je multiplie 700 par 40, différence entre 90 et 50, ce qui me donne 28,000 et je divise ce produit par 10 difiFérences en 50 et 40, et je trouve 2,800 litres. Donc, pour amener 700 litres de 90<» à 50* avec du 40*, il me faut 2,800 litres d'esprit à 40*.

Ces quelques formules répondent aux principaux besoins du mouillage.

Il peut se présenterle cas inverse, c'est-à-dire le remontage d'un alcool faible par un alcool plus élevé de degré. Voici comment on opère :

On prend la diflférence entre le degré à obtenir et le degré de l'alcool qu'on veut remonter, on multiplie la somme d'alcool à remonter par cette différence et on divise le produit par la différence de degré entre l'alcool destiné à remonter le plus faible et le titre qu'on veut obtenir, le produit donne la quantité à employer.

Exemple, j'ai 2,800 litres d'alcool à 40*, je veux les remonter à 50* avec du 90, que faut-il employer de 90<>?

50* à obtenir moins 40* existant égalent 10*; je multiplie 2,800 par 10 et j'ai 28,000, que je divise par 90o de l'alcool à employer moins 50« de l'alcool à obtenir égalent 40».

J'ai donc ^'^^ >^ ^^ ^ 700 litres de 90*.

222 FABRICATIOM VE l'aLGOOL

Comme nous V&vons exposé plus haut, il peut se pré^ fienter des cas où V'on n*aurait pas sous la main les tables de réduction que no^ donnons plus loin, il faut cepen* dant pouvoir faire soçi travail, en appliquer alors les formules suivantes qui ai^vent à pea de chose près au même résultat.

On commence par faire la différence entre le titre le plus élevé et celui auquel on veol; ramener Fesprit, puis on multiplie la somme d'esprit à réduire par cette diffô» rence et le produit obtenu est divisé par le titre à obtenir, le résultat donne Teau à ajouter.

Exemple : 100 litres de 92® doivent être tamenés à 50, combien d*eau à ajouter ?

92^ — 50 = 42 X iOO = ^^ = 84 Etres.

Pour faire l'opération, on prend donc 100 litres de 92^ et 84 litres d'eau et on a 184 litres d'esprit à 50*. Si (m veut abaisser un alcool d'un titre élevé, au moyen d'un ajatre, d'un titre inférieur, on opère comme il a été dit plus haut.

Les calculs de mouillage et de remontage ne présentent donc pas de grandes difficultés; cependant, comme Topération du mouillage est fréquente, nous préférons donner la table qui évite tout calcul.

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