‹ Manuel pratique du fabricant d'alcools; alcools de vin, de cidre, de poire, de betteraves, de mélasses, etcChapitre 71 sur 72 · LÉGENDE · texte numérisé non relu

LÉGENDE

a. Fourneau contenant la chaudière*

b. Colonne pour enrichir et analyser les vapeurs de la distillation.

c. Analyseur à eau,

d. Réfrigérant.

e. Eprouvette graduée pour recevoir le produit.

f. Cheminée pour les produits de la combustion.

g. Manomètre.

h. Conduite d'arrivée du gaz destiné au chaufTage.

Passant à un autre ordre d'idées, examinons les instruments basés sur ce fait, que Teau bout à AW^ à 76 de pression,tandisque l'alcool bout lui à 78^

Le premier instrument de ce genre fut construit par l'abbé Vidal, mais son imperfection le fit rapidement abandonner. L'idée cependant était bonne, aussi M. Malligand, son arrière-neveu, a repris ses travaux et a créé l'ébullioscope Malligand dont voici la descrip- EbuUioscope Mallingand (fig. 29). tion :

S. Cheminée d'appel au-dessous de laquelle on place la lampe à alcool.

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F, Bouillotte conique dans laquelle on introduit le liquide à essayer.

R, Condensateur rempli d'eau froide, qui fait retomber les vapeurs d'alcool dans le vase F.

T. Tige horizontale du thermomètre, dont le réservoir vertical est dans le vase F.

E, Echelle mobile pouvant se fixer au moyen d'une vis de pression placée derrière le thermomètre, les degrés de cette échelle indiquant les centièmes d'alcool contenus dans le liquide.

C. Curseur mobile qui permet d'établir la coïncidence entre le niveau du mercure et les degrés de l'échelle.

Voici comment se manœuvre cet instrument, on commence par mettre de Feau dans la chaudière F, on laporte à l'ébullition et on amène le degré au niveau du mercure, puis on enlève Teau qu'on remplace par le liquide à essayer, on porte à TébuUition et là où s'arrête le mercure est l'indication du titre alcoolique, au moyen du curseur G on trouve le titre cherché.

De violentes discussions se sont élevées au sujet de la valeur de cet instrument, mais TAcadémie des Sciences a nommé une commission chargée d'examiner la valeur de l'ébullioscope pour se bien fixer sur ce point, car diflFérents instruments pour les dosages alcooliques ont été basés sur ce principe, voici ses conclusions relativement au système Malligand :

En résumé, l'ébullioscope Malligand a démontré :

!• Que si la plupart des matières fixes et solubles retardent le point d'ébullition d'un liquide alcoolisé, il en est cependant qui l'abaissent sensiblement ;

2* Que ces matières se trouvent toujours réunies dans le vin, mais en proportions diverses ;

3* Qu en s'en tenant aux vins de table dont la fermen* tation est achevée, ces matières sont assez bien compen-

sées pour que le point d'ébullition corresponde à celui de Teau alcoolisée au même degré ;

i* Qu'avec les vins de liqueurs et ceux dont la fermentation est inachevée, le degré d*ébullition est retardé, mais qu*en recoupant ces vins avec de Teau en quantité convenable, on fait toujours disparaître cette anomalie ;

5^ Que dans les plus mauvaises conditions on ne commet pas une erreur de plus de i/6 de degré, et que dans la majorité des cas on est sûr du vingtième ;

6« Que ropéralion est facile et rapide ;

7« Que, par suite des soins donnés à la graduation, les instruments construits jusqu'ici et dont le nombre dépasse cent, sont comparables entre eux,

En conséquence, votre commission déclare que l'ébul- Uoscope de M. Malligand fournit le procédé connu jusqu'ici pour titrer Talcool dans les vins, et elle conclut à cç que l'Académie vote des remerciements à ses auteurs et IWertion de son mémoire diXi Recueil des savantsétran-

La question des ébuUioscopes était donc tranchée. Ainsi, comme on le voit, différents systèmes ou modèles ont été présentés au public, mais Tidée première en revient toujours à Vabbé Vidal. M. Salleron a modifié le premier système et a construit un ébuUiomètre dont voici la description :

L'ébulliomètre se compose d*une chaudière métallique contenant le liquide soumis à Texpérience et renfermé dans Tenveloppe A B qui la protège contre le rayonnement intérieur et augmente la rapidité et la régularité du chauffage. Un réfrigérant D, fixé sur le sommet de la chaudière, condense les vapeurs alcooliques qui s'élèvent dans un Serpentin intérieur, en maintenant l'uniformité de la température du liquide en ébuUition.

Un thermomètre T, divisé sur verre par dixième de

ALCOOMÉTRIE

degré centigrade, est fixé au moyen d'un bouchon de caoutchouc dans la tubulure t de la chaudière ; son réservoir plonge au sein du liquide chauffé.

Une lampe à alcool L, à flamme constante, chauffé le

liquide contenu dans la chaudière. Cette lampe est accompagnée de mèches spéciales. Une échelle ébulliométrique à coulisse a pour but de transformer en richesse alcoolique les températures accusées en degrés centigrades par le thermomètre T.

Un tube de verre gradué en 100 parties sert à mesurer le volume du liquide sur lequel on doit opérer.

Pour régler l'instrument, on verse dans la chaudière 15 centimètres cubes ou 30 divisions du tube gradué, on introduit le thermomètre dans la tu- *'^S- ^^- bulure t de la chaudièref,

on allume la lampe. Après quelques minutes, la colonne de mercure s'élève, et quand TébuUition est bien constante et que le niveau du mercure ne change plus, on observe le degré et on règle son échelle à coulisse du côté où est l'indication eau et alcool, c'est-à-dire qu'on amène le degré indiqué devant le 0.

Ce point de départ établi, on enlève l'eau de la chaudière et on la remplace par le liquide à essayer. Seule*

ment, on verse dans la chaudière 100 degrés du tube gradués, on remplit le réfrigérant d'eau froide et on allume la lampe. Quand Tébullition s'est produite et que le niveau du mercure est fixe, on regarde le degré indiqué et on cherche sur la règle mobile ce même degré, et en face, sur la partie indiquée vins ordinaires, on lit le titre alcoolique. Cette opération est, comme on le voit, très simple et on peut faire tout une série de dosages dans la même journée sans régler de nouveau la règle, à moins toutefois qu'on constate de grandes variations barométriques, ce qui est rare.

M. Amagat, professeur à la Faculté de Lyon, a, lui aussi, modifié rébulliométre Vidal ; il ne fait qu'une opération. Voici lu description de son instrument :

L'appareil est surmonté de deux entonnoirs.

Celui de gauche est marque du mot eau.

Sur celui de droite, le mot viîi.

Deux éprouvettes en verre accompagnent l'appareil. L'une est marquée 15 centimètres cubes eau.

L'autre, 50 centimètres cubes vûk

On commence par régler l'instrument, ce

qui se fait de la manière suivante : On verse

dans chacun des entonnoirs la mesure eau

de 15 centimètres cubes et on allume la lampe.

Les deux thermomètres montent quand le

mercure ne bouge plus. Au moyen de la vis

qui est entre les deux entonnoirs, on amène

Fig. 31. le trait de droite devant le mercure, puis,

au moyen de la petite vis, on amène le grand trait au

niveau du mercure du thermomètre de gauche, on»

ts^-

ALCOOMETRIE

serre fortement cette petite platine et la concordance des deux thermomètres est réglée. Gela fait, on a un appareil réglé pour longtemps.

Le second petit trait qui se trouve sur la petite règle est destiné à corriger Terreur qui peut se produire quand on opère sur des vins riches en matières en suspension ; c'est du reste sur ce trait qu'il faut généralement se régler.

Pour opérer, on agit alors comme suit :

On verse dans Fentonnoir de gauche 15 centimètres cubes d'eau, et dans celui de droite, 50 centimètres cubes de vin.

On remplit le réfrigérant supérieur d'eau froide et on allume la lampe. Dès que les liquides sont en ébullition, les deux thermomètres montent ; quand ils ont cessé leur mouvement, au moyen de la grande vis du milieu on amène le petit trait de gauche au niveau du mercure et on lit sur ^ la règle de droite le degré auquel le thermomètre de droite s'est arrêté. Le degré est le degré

d'alcool du liquide.

Cet instrument pratique est basé sur le même principe que les précédents.

Nous ne pouvons cependant terminer ce chapitre sans relater ce fait, c'est que la grande Commission parlemcn-

taire, chargée d'étudier la question des alcools, a, sur la rapport de M. Bardy, chef du laboratoire du ministère des finances, rejeté ces appareils et adopté l'alambic, c'est-à-dire la distillation, comme le moyen le plus sûr. Nous partageons son avis ; mais au point de vue industriel il n'est pas possible, car il faut agir sur des masses de i à 2 litres au moins, et l'opération exige un temps assez long qui est un grave inconvénient dans la pratique. Nous pensons que les ébulliomètres sont d'une exactitude suffisante pour les besoins commerciaux.

Il existe encore différents appareils pour doser l'alcool, mais nous n'insisterons pas plus sur ce point.

La seule chose que nous recommandons aux distillateurs, c'est d'avoir des alcoomètres talonnés avec Boin et d'en faire faire la vérification tous les ans.

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