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DES ÉCOLES

243. Quoique aujourd'hui les écoles ne dépendent pas du Curé, et qu'il ne puisse y avoir aucune ingérence directe, cependant elles doivent occuper son zèle et sa sollicitude, à cause de la grande influence qu'elles ont sur l'éducation de la jeunesse (1).

Ce n'est pas ici le lieu de parler des efforts qui se sont faits et se font continuellement pour mettre la jeunesse studieuse entre les mains de gens hostiles à la morale et à la foi chrétienne, efforts qui ont réussi très-elficacement dans ce but pervers. En revanche, il faut voir comment le Curé pourra obvier, au moins partiellement et indirectement, aux funestes conséquences de cet état de choses si déplorable.

214. Puisque c'est un article de foi, que celui qui a un mauvais esprit a coutume d'avoir plus de prudence que celui qui a un bon esprit : Filii hujus sœculi prudentiores filiis lucis (Luc, xvi, 8), le Curé devra observer avec quel zèle, quelle insistance, quelle finesse d'esprit et quelle bonne grâce, les pervers s'y sont d'abord pris pour arriver à obtenir qu'ils pussent introduire parmi les maîtres pieux et

(1) Malgré les lois civiles, le droit du Curé est incontestable sur les écoles ; et son devoir absolu est de les visiter lorsque la chose ne devient pas impossible. (Tfote du traducteur.)

réglés quelques maîtres irréligieux et libertins, et ensuite il devra s'employer avec autant de soin, de persévérance, d'adresse et de grâce pour réussir à faire agréer aujourd'hui quelques bons maîtres parmi un si grand nombre qui n'en méritent pas le nom. Il est hors de doute qu'en joignant l'activité àia prudence, s'il s'adresse aux personnes influentes du lieu, il pourra obtenir plus d'une fois que, quand elles ont à l'aire le choix d'un maître, un bon, et même le meilleur soit préfère à ses concurrents.

Il observera aussi qu'auparavant ces séducteurs de la jeunesse faisaient dans leurs assemblées, jeux et conversations où était présente la jeunesse ce qu'ils ne pouvaient faire dans les écoles. C'est ainsi que lui, étant aujourd'hui éloigné des écoles, doit s'efforcer de faire dans les congrégations, récréations et autres amusements opportuns procurés à la jeunesse ce qu'il ne peut faire dans les écoles.

Dans les congrégations, il aura un libre champ pour apprendre en détail à la jeunesse les vérités les plus combattues et les plus dénaturées ; dans les récréations et autres entretiens , il pourra toujours mieux les inculquer et ainsi opposer Tantidote au poison.

215. Les congrégations de la jeunesse, utiles partout , seraient strictement nécessaires là où il y aurait de mauvaises écoles. Il faudra s'appliquer à y établir des récréations pour donner un passe-temps innocent à la jeunesse, aux jours ae fêtes. Ceux qui assistent à ces récréations sont ainsi séparés de leurs mauvais compagnons, soustraits au péril des mauvais discours et des

mauvais exemples, et ils y trouvent l'aliment familier des bonnes maximes, etc.

Notez qu'en procurant des récréations aux filles, le Curé ne devra jamais y assister , mais en charger des demoiselles ou des veuves zélées et judicieuses qui pourront le suppléer pour rendre ce passe-temps utile à la piété et aux bonnes mœurs.

Ces récréations ont une importance singulière là où il y a de mauvaises écoles ; mais elles ne laissent pas que d'être utiles partout, et méritent d'être favorisées, même au prix de quelque sacrifice pécuniaire. Oulre l'expérience qui l'ait toucher du doigt leur avantage, on a de plus l'exemple des saints les plus occupés de la jeunesse, qui toujours les regardèrent comme un moyen très-opportun pour cultiver les cœurs.

216. Il va sans dire que là où il y aurait des maîtres honnêtes et pieux, le Curé devrait s'estimer très-lieureux. Il devrait user envers eux de tous les bons égards et leur donner toutes les marques d'estime et de bienveillance pour les animer toujours davantage et les encourager à le seconder dans ses soins pour la jeunesse. Là où il y aurait des maîtres d'une moralité et religion douteuses, tandis qu'ils sauveraient les apparences, il devrait leur donner de franches marques d'amitié et d'estime, ce qui servirait à les porter à conserver ces apparences et par là à s'abstenir d'insinuer des principes et des maximes erronés ; et il importerait que, quand il ne peut pas y avoir entre le Curé et le maître d'école sincère et pleine concorde avec tous les biens qui en dérivent, il n'y eût au moins pas

d'inimitié déclarée, avec tous les maux qu'elle entraîne.

Finalement, là où les maîtres seraient ouvertement libertins et irréligieux, ce serait le cas de dire : Qux conventio Christi ad Belial ? De plus pour l'édification du peuple, le Curé devrait laisser voir qu'il n'est pas en relation avec eux et qu'il souffre avec peine leur présence sur la paroisse. Il devrait aussi mettre en garde les bons parents pour qu'ils veillent sur l'enseignement donné à leurs enfants, et, du haut de la chaire, inculquer les vérités et les saines maximes qu'il connaîtrait être attaquées ou altérées par de mauvais maîtres. II n'en devrait pas moins se garder de faire allusion en public à leurs personnes, et même d'en dire du mal en particulier avec quelqu'un moins discret, pour ne pas susciter des colères, provoquer la vengeance et se mettre dans quelque embarras avec l'autorité qui-, quand elle tolère de mauvais maîtres, est supposée peu bienveillante pour le Curé (1).

(1) Mgr Sailer dit : « L'institateur exerce, après le Cure', le plus d influence sur la jeunesse et le public. S'il est mauvais, il est difficile de le corriger et de le gagner; il peut facilement noircir le Curé Souffrir et se taire serait le plus raisonnable. S'il est bon, le Curé l'aimera, riuvltera, le louera et seu servira pour le bien ».

De bons Curé, instituteur, maire, sage-femme, médecin, c'est lage d'or de la campagne.

Ce serait ici l'occasion (voir ci-dessous le n» 277) d'insister en France, sur les grands avanta-es que produisent parmi nous' les nomorenses écoles congréganistes, soit de garçons, soit de filles : mais la cliose est si évidente qu'il suiïït à la France de s'applaudir davoir cette précieuse ressource pour l'éducation qui manque à aautres contrées de la catholicité, et de s'encourager à maintenir et a multiplier les Frères et Sceurs enseignants, malgré l'opposition révolutionnaire. C'est, sans contredit, un des principaux moyens d9 regeneraticn de notre malheureuse patrie.

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