‹ Manuel pratique du jeune curéChapitre 29 sur 83 · Il sera bon que le Curé prémunisse les enfants · texte numérisé non relu

Il sera bon que le Curé prémunisse les enfants

catéchismes dans dififcrentes églises de Rome, c'est que les enfants n'y sont nullement arrêtés par les prétendues luncueurs que nous supposons, mais qu'au contraire ils récitent avec entrain la Petit-i Doctrine de Bella/-min, et s'entrequestionnent sur le sens a\ c aplomb.

Une dernière preuve de la distinction qe j'ai constatée, c'est rive dans la Doctrine chrétienne courte, a apprendre par cœur, le Jlcil. >; interroge et le Disciple répond ; tandis que dans YExplication détaillée par les Catéchistes, c'est le Disciple qui questionne et le Maître qui explique. Tout cela est très-naturel. Aussi, dans les deux Instructions de Benoit XIII sur la Confession et la Commu- '■ nion, pour former les enfants a ces sacrements, c'est encore le Disciple qui questionne et le Maitre qui explique i^ar ces dialoi^ues entre le pénitent qui désire s'instruire et le confesseur qui instruit, et entre l'enfant et le Curé. La Méthode de Catéchisme de 1840 procède ' simplement, comme en France, par demande et par réponse.

Il résulte donc de cette étude que le vrai Catéchisme de Sellar- min, pratiqué à Rome et dans une partie de l'Italie, ne consiste i pour tous les enfants qu'en 28 pages renfermant iiô demandes ; | tandis que YExplication de ce catéchisme eu 234 pages et 296 de- imandes, n'est obligatoire qne pour les seuls catéchistes. En France, s au contraire, soit inadvertance, soit surtout la faute des traducteurs /' qui ne nous donnaient guère, je crois, que l'Explication, nous sem- ^ blons avoir pris généralement YExplication pour le texte même de la Doctrine chrétienne de Bella/tnin.

M'étant procuré la première traduction française du Catéchisme : de Bellarmin, faite par Crampon sur l'Italien, imprimée à Liège \ en 1601 et réimprimée a Cambrai en 1620, par les soins de Mgr de Péricard, évêque d'Avranches, qui avait lui-même rapporté ce livre 1 de Rome, il est constaté que ne devant pas se servir de ce Caté-i chisme pour l'enfance, mais bien pour l'instruction des ticlèles, i,' comme antidote contre l'hérésie, le Catéchisme même fut supprimé Ji dans la traduction, et qu'on ne donna que YExplication de la Doctrine Chrétienne, qui en est la deuxième partie, sans toutefois toucher au titre qui porte : Catéchisme et ample déclaration de la Doc trine Chrétienne, composé de l'ordonnance de N. S. P. le Pape Clément \III pnr l'illustrissime et reverendissime cardinal Bellannin, et traduit d'italien en français par le commandement du R. P. enif Dieu, Messire François Péricard, Eoesque d'Avranches. De la tra-'' duction de Robert Crampon, Parisien, secrétaire dudit sieur Evesque. La traduction latini était donnée à Rome, au moins dès 1613. (Dans

contre les objections qu'on fait communcmont contre les vérités de la foi, et qu'ils entendront facilement des mécréants, si multipliés de nos

cet dernières années, la France a reproduit dans notre langue toatei le* parties de l'enseignement chrétien tel qu'il se donne à Rome.) Delil, croirais-je, nos préventions, nos impossibilités, j'allais dire: Inde irx. Je suis néanmoins loin de m'attribuer à moi seul la gloire de cette de'coiiverte, étant probable que d'autre.9 investigateurs auront sa faire cette distinction avant moi ; seulement ils n'en auront pas profité pour redresser l'opinion. J'avoue que moi-même j'ai partagé jntqn'ici le préjugé commun, et cependant je possédais de longue main non-seulement la traduction, mais même l'original italien, je les avais lus : bien plus, j'avais vu la pratique romaine sur les lieux, sans m'en rendre un compte exact.

Je sens bien que, ha'.jitaé a un texte de catéchisme généralement plus fécond que celai de Bellarmin, on se récriera sur l'insuffisance de celui-ci. Je ne nierai pas la valeur de cette objection. .Seulement, m'autorisant de l'Eglise Mère et Maitresse, je répondrai que la brièveté du texte est compensée par une explication authentique qui nous manque en France. Arec ce moyen, usité a Rome depuis deux cent soixante-quatorze ans, l'éducation chrétienne des Romains ne le cède certainement pas a celle des Français, bien que nous soyons habitués en France à entendre toutes sortes de plaintes sur l'instruction religieuse négligée en Italie. Ce qu'il y a de vrai, c'est que la méthode des catéchismes a Rome diffère réellement de la nôtre : mais la méthode des catéchismes de Saint-Sulpice ne diSere-t-elle pas aussi de celle qui est le plus généralement st:ivie en France ? Au reste, qu'on se rassure sur la méthode romaine. Outre qu'elle est tracée de main de maître par Benoît XIII, si expert, îi la suite du Concile de Rome, en 1725, elle est de plus sanctionnnée par le temps. L'avantage réel que nos catéchismes présentent sur ceux d'Italie consiste, selon moi, dans une méthode de classification plus nette et plus commode, et dans une diction précise et claire, qni tient a notre génie national. En revanche, nos catéchismes, remplis de choses, sont trop souvent dépourvus de preuves, ce qui a bien son inconvénient par le temps d'ignorance et d'incrédulité qlU court. A Kome, an contraire, l'Explication détaillée de Bellanula permet davantage d'élucider le* questions sans surcharger la mémoire (les enfants, puisqu'elle est orale. S'il y a le danger de voir s etîacer ces souvenirs mal gravés dans la mémoire, il y a aussi la ressource de pouvoir recourir au livre d'explications autant de foil qu'on le veut.

Cet état de choses existait à Rome depuis deux cent quarantedeux ans, lorsque, en 1^40, Grégoire XVI crut devoir y apporter

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jours. Il les combattra avec des raisons palpables et matérielles, qui seules sont à la portée de leur esprit ; quant aux objections qui ne seraient pas

quelques modifications. L'ignorance reUgiense croissante et les erreurs si multipliées de notre siècle parurent exiger qu'on renforrât l'exposition de la doctrine chrétienne, afin que, rat-nie des le i a^ âge, les fidbles fussent instruits plus explicitement de certains points. C'est ainsi, comme le remarque le cardinal-vicaire Patrizi, charge de ce travail, que l'Eglise, en bonne mere, aime à donner satisfaction aux divers besoins des lieux, des personnes et des temps exigeant que la doctrine chrétienne, toujours une et invariable, soit exposée avec plus ou moins de développements. D'ailleurs, le principe, invariable a Rome, de maintenir inviolables nonseulement le texte du Catéchisme, mais aussi celui de l'Explication de Bellarmin, était menacé. Les catéchistes, voyant que certains endroits de cette Explication devenaient insuffisants, se permettaient d'y suppléer parfois par des explications arbitraires, qui, sans offenser la saine doctrine, amenaient cependant la confusion là où l'uniformité importe tant. Pour obvier a ces inconvénients sans rien remanier dans le propre texte de Bellarmin, un nouveau texte uniforme d'explications subsidiaires par demandes et par réponses, distribuées selon les cinq classes du catéchisme reçues "a Rome, fut ajouté par ordre de Grégoire XVI sous le titre de ; Méthode à suivre dans l'enseignement de la doctrine chrétienne. On y a joint les deux 'Instructions sur la Confession et la Communion, citées plus haut, et le tout forme un volume in-12 de 140 pages, en tête duquel se trouve, en outre, le vrai Catécidsme de Bellarmin, dit Doctrine chrétienne courte. Sans doute que cette innovation surajoutée an Catéchisme de Bellarmin complique un peu l'étude. En France, nous avons des remaniements bien autrement fréquents de nos catéchismes, et nous déroutons les populations routinières, si même nous n'offusquons la foi des simples, par toutes ces variétés dan» l'exposé des vérités religieuses, comme le remarquait si bien Clément XIIL

Telle est la vérité sur le Catéchisme de Bellarmin. Qui n'envierait à Rome cette uniformité traditionnelle jusque dans les explications du catéchisme, sans parler de l'exactitude doctrinale ? Si l'habitude et le goût national ne permettent pas de réaliser ce rapprochement avec Rome, serait-il au moins si difficile h chaque nation de s'entendre avec le Saint-Sié(,'e, pour arriver à l'uniformité de catécliisme dans sa langue ? Notre siècle a vu, à côté du mal, tant da merveilles, que je ne veux pas désespérer d'y voir réaliser celle-ci.

Aujourdhui que le Concile du Vatican a heureusement tranché 1« question, en 1870, en décrétant la composition d un Petit Coté'

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susceptibles d'être réfutées de cette façon, il n'y touchera pas.

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