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Le Curé devra user de toutes ces réserves, de

(1) n est à noter que les péchés, même les plus honteux, si l'on ge home à l'espèce seulement, peuvent s'accuser décemment et chastement, comme fait le pénitent qui dit : J'ai péché avec uno fille, avec UU3 femme mariée ; j'ai abusé d'un jeune garçon, d'un animal; j'ai péché seul, etc. ; et alors les péchés ainsi exprimés ne font pas tme grande impression sur l'imai^ination de celui qui s'accuse et ds celui qui entend ; même, la plupart du temps, ils ne produisent aucune impression. Mais il faut dire tout le contraire, si l'on veut manifester les circonstances a.^i-avantes de ces péchés, qni sont généralement dos actes tout a fait orduriers qui laissent dani l'imagination les plus honteuses images, n devient alors impossible que celui qui parle et que celui qui entend n'en éprouvent pas les plus vives, les plus émouvantes et par là les pias périlleuses impressions. Prenons un exemple en une aurre matière. Si quelqu'un me raconta que Néron fit mourir Sén'equs, il se présente à moi l'idée atenérique de la mort de ce philosophe innocent ; si on ajoute, en outre, la circonstance des veine» ouvertes aux bras et aux jambes, aussitôt il cette idée générique s ajoutent en moi les idées spéciales des jets de sang, e il me semble voir de mes propres yeux ce cruel sp acle, comme si j'y avais assisté. Cette comparaison explique sulS^.;;. ent ma pensée, et fait mieux comprendre de quelle importance est l'avis de ne jamais demander ni permettre qu'on exprime les circonstance» aggravantes des péchés honteux.

toutes CCS attentions ; s'il est jeune, parce qu*il ena un besoin particulier, et s'il est déjà avancé en âge, et même vieux, pour donner le bon exemîile aux autres, et parce que, comme le montre l'expérience, pour ceux qui commencent à vieillir et pour les vieux, le danger, bien que diminué, est toujours grand.

En adoptant toutes ces précautions, le bon Curé constatera en lui-même un miracle, qui est une des plus belles preuves de la religion catholique, le miracle que tous les prêtres, Curés ou non, conservant la sainte crainte de Dieu, entendent les confessions de ces créatures, des dix, vingt, trente, quarante, cinquante ans, jusqu'à la fin de leur vie, sans avoir à déplorer que jamais leur ministère sacré soit devenu pour eux une occasion de péchés, pas même d'un seul.

Ceci serait impossible sans une assistance divine toute particulière et admirable : quoique le monde se refuse à y croire, ce n'en est pas moins un fait tout à fait indubitable pour ceux qui en ont l'expérience.

Que le Curé réfléchisse que parmi les prêtres imprudents il n'en manque pas qui font un triste naufrage contre recueil de la confession des femmes, et qu'il y a danger de donner dans les plus déplorables excès d'une perversité incroyable.

409. A l'égard des femmes, que le Curé se garde de se montrer jamais jaloux de ce que ses pénitentes aillent se confesser à d'autres. Outre que cette jalousie pourrait bien naître d'une attache éréglée, elle pourrait aussi être l'occasion de sacrilèges multipliés pendant des années et des

années, comme cela est arrivé souvent. Parce qu'un Curé a toujours confessé depuis le bas âge certaines filles et femmes, il s'imagine qu'elles ont pleine contiance en lui pour s'accuser de toutes sortes de péchés ; mais il arrive, au contraire, qu'elles éprouvent une honte insurmontable à lui manifester quelques faiblesses plus honteuses, et qu'elles gardent là-dessus un silence perpétuel.

Partant, si une pénitente lui manifestait le désir de se confesser à un autre prêtre, il devrait s'en montrer très-content, à moins qu'elle ne demandât à s'adresser à un prêtre incapable ou peu consciencieux. Dans le cas où le besoin de quelque âme pourrait l'exiger ainsi, le Curé devrait aviser à ce qu'elle se confessât, au moins quelquefois, à un autre prêtre qui ne la connaîtrait pas personnellement. Quand il soupçonne que quelqu'une de ses pénitentes s'est confessée à un autre, qu'il ne lui demande pas depuis quel temps elle s'est confessée.

410. En général, à cette fin, les Curés des petites localités doivent inviter de temps en temps, comme nous l'avons dit en parlant des offices divins, n° 179, quelque confesseur extraordinaire qui, spécialement avec les femmes, trouvera l'occasion d'exercer son zèle et sa patience, en réparant plus d'une confession déjà faite au Curé, ou même au Chapelain (son aide).

Des confessions des enfants.

4H. Le Curé zélé et éclairé tient grand compte des confessions des enfants, ce qui s'entend mtme de ceux qui ne sont pas encore admis à la sainte

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communion, et il avise à ce que de temps en temps ils se confessent et reçoivent le bienfait de l'absolution sacramentelle.

Il avise, dis-je, à ce quHls se confessent de temps en temps ; ainsi, il n'imite pas la coutume de quelquesuns de ne les faire confesser qu'une fois l'an, à Pâques.

Les enfants ont besoin de soins particuliers, pour que les vices naissants soient arrachés de leurs jeunes cœurs et que les vertus chrétiennes y soient entées. Comment pourrait-on jamais cultiver leur cœur en ne les confessant qu'une fois l'an ? C'est pour cela que les bons Curés ont soin de les faire confesser assez fréquemment.

412. J'ai dit aussi : Le Curé avise à ce qu'ils reçcivent l'absolution sacramentelle de temps en temps, ce qui parait tout un ; car ils ne confessent leurs péchés que pour en obtenir l'absolution sacramentelle ; toutefois, dans la pratique, on ne peut dire que ce soit une même chose. J'ai entendu un Curé, docteur en théologie, se vanter de n'avoir jamais donné l'absolution sacramentelle aux enfants non encore admis à la sainte communion. Et, en effet, ceci est passé en coutume chez tous ceux qui attendent (on dirait une simple formalité du ministère) à Pâques pour les confesser tous ensemble pêle-mêle, à un jour donné.

"Voici comme certains les confessent: Ils entendent les péchés que raconte l'enfant, sans prendre le temps de l'interroger sur ce qu'il peut omettre, et ils ajoutent : Allons, sois bien sage, obéis bien à tes parents, entends bien la messe, fais tes prières ; tu diras trois Ave Maria à la madone, Benedictio Bei ornai-

jpotentis, etc. La confession est achevée, on passe à un autre. De cette façon, en quelques heures, on en confesse des centaines.

Or, est-ce là confesser, ou plutôt n'est-ce pas jouer ces pauvres enfants et parodier la sainte confession ? Les enfants à sept ans sont capables de pécher et pèchent ; à plus forte raison, à huit, à neuf, à dix, à onze, à douze, à treize ans, âge où quelques-uns d'entre eux ne sont pas encore admis à la sainte communion. Or, péchant, quelquefois même mortellement, et se présentant à confesse, doivent-ils être traités aussi cavalièrement ? Il est sûr qu'une simple bénédiction, au lieu d'une absolution sacramentelle, n'est qu'une dérision.

Par là même que nous nous mettons à entendre les confessions des enfants, nous devons avoir l'intention d'administrer le sacrement de pénitence, qui requiert essentiellement l'absolution, et nonseulement en les entendant, mais aussi en les interrogeant, nous devons prendre connaissance de l'état de leur conscience. S'ils se trouvent manquer encore de jugement, ne pas présenter une matière suffisante, nous devrons donner la simple bénédiction et les renvoyer en paix. Si, au contraire, ils ont assez d'intelligence et r'is s'accusent de péchés graves ou notables, en les excitant à la contrition de ces péchés, nous devons nous efforce: de les disposer à l'absolution sacramentelle, puis la leur donner réellement, comme cela se fait pour les adultes.

413. Il arrivera cependant que, même en nous efforçant de disposer les enfants à l'absolution, nous douterons s'ils en sont dignes ou capables ;

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alors deviODS-nous aventurer et exposer le sacrement au danger de nullité ? Dans ce cas, nous les renverrons ordinairement avec la simple bénédiction. Si cependant ils avaient commis de graves ou notables manquements, nous leur donnerions, selon l'enseignement des théologiens, l'absolution sous la condition : si es dispositus, qui enlève tout danger d'injure envers le sacrement. Et lorsque quelques enfants ne confessent jamais de péchés notables, surtout s'ils sont déjà un peu grands, nous devrons encore leur donner l'absolution conditionnelle, afin que, selon la remarque de saint Alphonse de Liguori, ils ne restent pas privés perpétuellement du bienfait du sacrement.

414. Quelques-uns pensent que les enfants, avant d'être admis à la sainte communion, n'ont que faire de l'absolution, par la raison même qu'ils ne doivent pas communier. En conséquence, si l'enfant de onze ou douze ans qui se confesse est déjà admis à la sainte table, ils lui donnent l'absolution chaque fois, parce qu'ils se feraient scrupule de le laisser communier souillé des péchés confessés ; si, au contraire, il ne doit pas communier, bien qu'il ait douze et treize ans, ils le laissent privé de l'absolution avec l'àme chargée de ses péchés, et ils se tranquillisent ensuite par la raison qu'il n'y a pas danger d'une mauvaise communion. Cela veut donc dire , selon cette manière de voir , qu'il n'importe d'avoir l'àme pure de péchés, que quand il faut recevoir le saint sacrement, et que, dans le cas contraire, il n'importe en rien d'avoir l'àme souillée de péché. Ils disent par le fait : Il n'y a pas danger de communion sacrilège, donc on peut

épargner l'absolution. Mais Jésus-Christ a-t-il insti-

tué le sacrement de pénitence pour que les chrétiens puissent par là recouvrer la grâce divine, s'ils l'ont perdue, ou bien ne l'a-t-il institué que pour éviter les communions sacrilèges ? L'absurdité de cette pratique devrait sauter aux yeux, nonseulement des confesseurs qui ont étudié la théologie, mais même des petits enfants qui ont appris le petit catéchisme.

De plus, ces mêmes confesseurs n'enseignent-ils pas que les enfants sont obligés à se confesser depuis l'âge de sept ans, et que les parents sont coupables, s'ils n'avisent pas à ce que leurs enfants s'acquittent de ce devoir?Que diraient-ils à un père, à une mère qui s'accuseraient d'avoir des enfants de onze, douze et treize ans, qui ne se seraient jamais confessés? Ils n'hésiteraient pas à prononcer qu'ils sont coupables de péché mortel. Mais pourquoi les enfants seront-ils obligés de se confesser ? Est-ce pour recevoir une bénédiction ? Il serait ridicule d'obliger un homme, grand ou petit, à confesser distinctement ses propres péchés pour recevoir une bénédiction qu'on peut également recevoir à la fm d'une messe à laquelle on assiste.

Il est ainsi à remarquer que plus les rigoristes cherchent à s'assurer de ne pas commettre d'erreurs, plus ils en commettent en grand nombre ; et que, tandis qu'ils se fatiguent pour se prémunir contre toutes les erreurs possibles, ils tombent dans les plus évidentes. En effet, pour éviter tout péril de donner quelque absolution à tort, ils se jettent dans le défaut certain de refuser toutes les absolutions dues ; en craignant le danger de

profaner quelquefois le sacremeni par quelque absolu:ion nulle, ils le profanent chaque fois, ea le parodiant constamment de propos délibéré.

413. Toutefois, pour justifier une pratique si insoutenable, ils ne laissent pas d'opposer que les enfants, avant d'être admis à la communion, ne sont pas encore assez instruits, qu'ils s'accusent trop confusément de leurs péchés, qu'assez souvent ils manquent du repentir nécessaire, qu'ils n'ont pas même une connaissance suffisante des premiers mystères de la foi ; qu'en outre, quand ces enfants se présentent à confesse, on ne peut savoir s'ils ont déjà été absous des péchés confessés auparavant, ou si les confesseurs se sont bornés à une simple bénédiction ; qu'en conséquence, il n'est pas prudent de s'aventurer à leur donner l'absolution jusqu'à ce qu'ils fassent une confession générale pour être admis à la communion.

Pesons ces difficultés. Les enfants accusent trop confusément leurs péchés. Ici il faut se rappeler ce que nous avons touché ci-dessus (Append. i, §2) sur l'intégrité de la confession, où nous avons établi que chacun est obligé à se confesser selon sa capacité propre, et que quand quelqu'un se confesse selon que le comporte sa capacité, bien qu'il se confesse confusément, il se confesse bien. Ijn théologien donc est obligé à se confesser en théologien ; l'homme mûr et sensé, en homme mùr et sensé ; l'enfant en enfant, et rien de plus. Ainsi, si les enfants se confessent confusément, parce qu'ils ne savent pas le faire mieux, ils se confessent bien et sont capables d'absolution.' Qui empêche, d'ailleurs, le confesseur de suppléer, pour

les choses les plus importantes, au défaut d'intégrité par des interrogations ?

416. Les entants se confessent sans la douleur nécessaire. Ceci est souvent très-vrai : mais n'arrive-t-il pas souvent que les adultes eux-mêmes viennent à confesse sans la douleur nécessaire? Que fait alors le confesseur zélé? Les renvoie-t-il avec une bénédiction? Non certainement. Il s'efforce, au contraire, de les exciter au repentir nécessaire, avec soin et charité, et il les absout ensuite. Or sus ! qu'il en fasse autant avec les enfants , et ils pourront être absous de leurs péchés.

Il faut noter plutôt que les cœ^irs des enfants, encore simples , non tyrannisés par de vieilles passions, sont portés au regret de leurs péchés beaucoup plus facilement que les cœurs des adultes. On voit, en effet, que si on leur suggère quelques réflexions sur la malice du péché, sur le -déplaisir qu'il cause à Dieu, sur le châtiment qu'il attire, etc., ils se montrent plus facilement touchés que les adultes ; ce qui doit exciter à mettre tout en œuvre pour les disposer à l'absolution sacramentelle et encourager à la leur donner, trouvant là même une bonne preuve que sa validité est suffisamment garantie (1).

(1) Je vois avec plaisir que cette doctrine est appuyée de rautorîté d'un grand th-' 'oijien vivant, le célèbre Père Antoine Ballerini, professeur de L.éologio morale au Collège romain, qui m'écrivait naguère: « Les enfants n'étant pas asservis par des passions invétérées, etc., il faut très-peu pour les disposer, la grâce de Dieu toujours supposée, et elle ne manquera certainement pas: je crois, au contraire, difficile de rencontrer un enfant qui n'éprouve aussitôt !• remord» et la peine d'avoir mal fait. De là le sentiment du devoir

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S'ils retombent facilement , ce n'est pas une raison pour croire qu'ils étaient mal disposés au m-omint de l'absolution ; il faut penser plutôt qu'ils sont tombés par un changement de volonté qui en eux est très-mobile et inconstante.

Et c'est pour ce motif que, retournant à confesse, :1s doivent être absous de nouveau et avec grande lacilité, parce qu'on leur fera concevoir aisément une nouvelle douleur de leurs péchés, ce qui suffit pour obtenir la justification : ceci s'entend quand ils ne sont pas dans les occasions volontaires de péchés qu'ils ne veulent pas abandonner.

417. Or ici je veux placer une observation trèsimportante qui paraît oubliée de beaucoup de théologiens, et qui doit encourager les confesseurs des enfants et même des adultes, à leur donner l'absolution et à leur permettre la communion, bien qu'ils ne soient pas aussi sûrs qu'ils le désireraient de leurs bonnes dispositions.

Cette observation, c'est que tous les sacrements, quand ils sont reçus dans la bonne foi, c'est-à-dire reçus par un chrétien qui se croie bien disposé à les recevoir, quoique peut-être il ne le soit pas dans toute la perfection voulue, confèrent la grâce au pécheur, pourvu qu'il n'ait pas de mauvaise volonté attachée actuellement au péché. Cette doctrine est enseignée, en plus d'un endroit, par saint Thomas (in 4. Dist. 9. g. 1 . o. 3. — 3* part q. 79, a. 3^, mais surtout elle est exprimée clairement à la 3"® part. q. 69. a. 10, OÙ, en parlant du baptême, il

et du vouloir d'être bons, étant joint à la disposition de se confesser, rien ns parait plus facile que d'obtenir que les enfants soient disposés à recevoir la grâce du sacrement.

dit que l'obstacle, ou l'empêchement de la grâce, c'est la fictioji, de manière que celui qu'on peut appeler feint, s'il reçoit le baptême dans cet état, n'obtient pas la grâce, et cependant, dans l'article précédent, il définit le feint celui dont la volonté contredit ou le baptême ou son effet. Quando, dit-il. aliquis baptizatur, accipit characterem quasi formami et consequitur proprium effectum, qui est gratta remiitens omnia peccata. Impeditur autem quandoque per fictionem ; unde oportet quod, remota ea per pœnitentiam, baptismus statim consequatur suum effectum. (Art. 10 in 0.) Dicitur autem aliquis fictus, per hûc quod voluntas ejus contradicit vel baptismo vel ejus effectui. (Art. 9 in 0.) On voit par là que s'il n'y i pas mauvaise volonté, c'est-à-dire l'afïection au péché , il ne peut y avoir d'empêchement à la grâce. Le rigide Collet lui-même, expliquant les paroles du Concile de Trente, où il est dit que les sacrements confèrent la grâce à ceux qui n'y mettent pas d'obstacle, non ponentibus oUcem, observe que cet obstacle ne peut être le péché en lui-même, mais bien l'affection au péché. Peccator grati3s obicera ponit cum in peccato sibi compiacere persévérât ; sed obicem per se et immediate non ponit peccatum. (De Euch., p. i, c. 8.) Il suit de cette doctrine que les pénitents qui se trouvent dans la bonne foi (en général, les enfants sont toujours dans cette bonne foi), c'est-à-dire qui se croient bien disposés pour recevoir le sacrement , pourvu qu'alors ils n'aient pas d'attache au péché, obtiennent la justification ou la grâce sanctifiante avec le pardon de toutes leurs fautes.

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