‹ Manuel pratique du jeune curéChapitre 47 sur 83 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DU SAGREMEier DE MARIAGE.

De Vingérence du Curé dans les combinaisons de mariage,

438. La prudence exige que le Curé ne s'ingère pas dans les combinaisons de mariage ; c'est assez pour cela de la sollicitude des parents. Qu'il ne

cherche pas, qu'il ne suggère pas de partis, qn*il laisse faire tous les mariages, sans qu'il s'en mêle jamais. Le zèle d'un Curé pour marier les jeunes filles n'est pas édifiant, c'est un zèle très-superflu ; pour lui , comme pour tous les autres ecclésiastiques, il est jugé dangereux et équivoque, parce que, si les filles sont pauvres, le monde méchant soupçonne qu'il y a là quelque affection en jeu ; si elles sont riches, il soupçonne quelque vue d'intérêt. Dans les projets de mariage, le monde aime à agir par lui-même, et c'est bien qu'il en agisse ainsi. Les prêtres qui ne s'y immiscent pas, tout en faisant bien devant Dieu, en seront loués devant les hommes.

Les prêtres doivent être zélés pour aider les filles à abandonner le monde, quand l'esprit de Dieu les appelle à la continence ; là ils exerceront louablement leur zèle, et feront une chose excellente, car les filles ont réellement besoin de leur confortation et de leur aide pour soutenir la guerre qu'infailliblement le monde lera à une si sainte entreprise.

439. Cependant quelqu'un objectera : Dans le cas où la fille n'a pas de parents, si le Curé s'emploie à son placement et lui cherche un parti, ne sera-ce pas un acte de charité ? L'expérience démontre que pas même dans ce cas les filles a marier n'ont besoin de la médiation du Curé ; elles ne sont ni si indolentes, ni si assoupies qu'elles ne sachent pas chercher elles-mêmes un parti. Cependant il faut noter que si une fille n'a pas de parents qui la surveillent, le Curé doit user d'une plus sévère attention sur elle, tout en se gardant de lui montrer un intérêt qui pourrait être mal interprété par les

inaîveilla!]ts. Que si, dans quelques cas fort rares, le Curé jugeait nécessaire de s'employer indirecteinent à son établissement, il aviserait à ce que d'autres agissent directement à cette fin, mais lui ne paraîtrait pas plus que s'il ne s'en occupait pas.

460. Il sera plutôt du devoir du Curé, quand il le peut faire prudemment, de s'employer à empêcher les mariages qui, selon les prévisions, auraient de malheureux résultats. Quand il voit qu'une fille veut se donner à un jeune libertin, incrédule et débauché ; qu'ainsi la pauvre fille serait victime de l'étourderie ou du caprice de ses parents, il devrait s'interposer pour empêcher ce mariage.

On dit cependant : Quand il le peut faire prudemment, car souvent les parents empressés à marier leurs filles, ne veulent d'aucun conseil ni d'aucun avis à cet égard. Quand donc il prévoit que ses paroles, d'un côté, seraient inutiles, de l'autre, lui attireraient la haine et l'inimitié, il devrait s'en tenir à la règle : Ubi auditus non est, non effundas sermonem, [EccL, xxxn, 6.] (1).

(1) AVIS SUB LA CONTKAnîTE EXEECÉB PAB LES FAKEHTS

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