ADMINISTRATION DES SACREMENTS
exiger d'autre disposition qne de n'être pas dans l'habitude du pér-hé mortel, comme l'enseignent saint Liguori et Renoit XJV. Si une âme pieuse tombe dans une faute grave par faiblesse, j'accorde également l'absolution et la communion. Mais, si c'est par malice, grande négligence, je remets à huit jours, tout en pressant le pénitent de revenir. Si une âme va bien, je lui permets volontiers une seconde communion par semaine. Lorsque l'âme est instruite, solide et évite avec soin les péchés véniels délibérés, si elle en a le temps, je lui accorde plusieurs communions la semaine. Je crois réjouir ainsi le cœur du bon Jésus. Les âmes pieuses sont le soutien de la paroisse. Il en coûte de leur consacrer tant de temps; mais aussi quel avantage! Elles attirent les bénédictions sur la paroisse et prieront pour nous après notre mort.
Pour la confession des enfants, je les entends tous les deux mois jusqu'à la première communion, mais après les avoir préparés en commun. J'insiste sur l'importance du Sacrement, je leur rappelle les fautes de cet âge. Au confessionnal je fais réciter le Pater, VAve, les actes des vertus théologales, etc., lentement, distinctement, pieusement. J'entends ce que l'enfant dit de lui-même, et je me borne à quelques interrogations générales, étant très-sobre, surtout sur le sixième. J'ajoute une courte exhortation analogue à l'enfant. Puis je fais réciter pieusement l'acte de contrition. Enfin j'annonce que je vais donner l'absolution on la bénédiction. Je tiens à les disposer à l'absolution, s'ils ont surtout commis quelque péché mortel et qu'ils en compre:inent la malice. Il serait très-dangereux de laisser sans absolution ceux qui sont coupables de péché mortel et surtout ceux qui ont à combattre des habitudes criminelles. Le confesseur sera souvent dans la perplexité; mais il y a moins d'inconvénient à absoudre qu'a les laisser croupir dans le péché, avec danger de mort éternelle.
Les deux derniers mois avant la première communion, je confesse les enfants chaque semaine. Je fixe des jours séparément pour les garçons et pour les filles. J'ai des rapports aussi paternels que possible avec eux, afin de dilater leur cœur. Je m'informe s'ils ont été fidèles aux pratiques de piété recommandées. Je commence de bonne heure les confessions générales pour couper court aux habitudes vicieuses. Je ne permets pas de se servir de livres d'examen, qui leur apprendraient peut-être le mal.
Quant aux enfants après la première communion, comme il >Li:i. DU i, GuftL-, 30
moi"onre préparation ; mais c'est là un remède rigoureux dont il faut user sobrement, tant l'état de grâce est important.
Quant au jeune homme qui ne se confesse avant le mariage que par pure formalité, sans que le confesseur puisse le ramener à de bons sentiments, le confesseur lui donne un billet de confession .et il peut sagement se dispenser de l'instruire du sacrilège qu'il fera en recevant le Sacrement, et cela pour éviter le péché formel.
N. B. — Comme ce mode d'administration peut paraître large aux rigoristes français, je rappelle que cette pratique a été autorisée par des hommes experts, même à Rome, et j'ajoute que le livre, approuvé de Mgr l'archevêque d'Albi actuel, est trèsapplaudi et recommandé par le R. P. Jésuite, supérieur du grand fié miu aire de Mende.