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Division de ce chapitre

44. Les ordres de service des Compagnies de chemins de fer comprennent en ce qui concerne le service des voyageurs :

Des trains-poste ;

Des trains express ;

Des trains directs ;

Des trains omnibus;

Des trains mixtes.

Les trains-poste sont spécialement affectés au transport des dépêches; ils servent également pour le transport des voyageurs et ne contiennent que des voitures de première classe.

Les trains express marchent à une très-grande vitesse et s'arrêtent à un petit nombre de grandes stations; ils ne contiennent que des voitures de première classe (1).

Les trains directs, marchant à une vitesse encore assez grande, s'arrêtent plus souvent que les trains express, sans s'arrêter cependant à toutes les stations; ils contiennent

(l) La Commission d'enquête de I8fi3 émet, dans son rapport, l'avis que la vitesse des express devrait être de 55 à tO kilomètres de marche effective par lieure, chaque fois que la déclivité de la voie et les besoins du service des postes n'y mettraient pas obstacle.

ordinairement des voitures de première et de seconde classe.

Les trains omnibus contiennent des voitures de première, deuxième et troisième classe; ils s'arrêtent à toutes les stations.

Enfin les trains mixtes marchent à une vitesse bien moins grande que tous les autres. Ils servent à la fois au transport des voyageurs et à celui des marchandises; ils ne contiennent que des voitures de troisième classe.

45. Cette organisation du service des voyageurs nous paraît laisser considérablement à désirer, surtout en ce qui concerne les trains express et directs.

Nous sommes d'avis, en effet, quil devrait y avoir, dans les trains express et directs des voitures de chaque classe.

Le public ne pouvant plus aujourd'hui choisir ses moyens de transport et se trouvant obligé, sur la plupart des grandes lignes, de prendre la voie ferrée, tous, riches et pauvres, doivent profiter des mêmes avantages.

11 doit assurément exister plusieurs catégories de places puisqu'il existe nécessairement des inégalités considérables dans les fortunes ; mais le privilège d'aller vite et d'arriver plus tôt à destination ne doit pas appartenir exclusivement aux classes aisées. Le temps est précieux pour tout le monde, par conséquent tout le monde doit pouvoir l'économiser; or, c'est ce qui n'arrive pas dans les chemins de fer.

Pourquoi les personnes qui prennent des places de premières peuvent-elles voyager indistinctement dans les trains omnibus, directs ou même express, sans payer des prix différents ; tandis que les voyageurs de 3^ classe sont obhgés de prendre des places de premières, si une affaire urgente les appelle au loin?

Nous ne nous expliquons pas cette différence; nous ne

3 s VOYAGEURS.

comprenons pas que l'on réduise, dans une telle mesure, le bénéfice des chemins de fer pour les classes peu aisées.

Dans l'état actuel des choses, les trains omnibus sont si peu nombreux et mettent tant de temps, que le voyageur de 3^ classe trouve quelquefois peu d'avantage à l'établissement des voies ferrées.

Nous objectera-t-on que les classes peu aisées usent largement du bénéfice des chemins de fer, puisque des statistiques il résulte que le nombre des voyageurs de 3^ classe est de beaucoup supérieur à celui des voyageurs des deux autres classes? Mais nous répondrons que plus le nombre des voyageurs de 3® classe est considérable, plus il faut s'occuper de sauvegarder leurs intérêts et de les faire profiter du principal avantage des chemins de fer, celui de la promptitude du transport.

Il serait d'autant plus facile pour l'administration supérieure d'imposer sous ce rapport toutes mesures nécessaires que, d'après l'art. 17 de l'ordonnance du 15 novembre 1846: «Tout convoi ordinaire de voyageurs doit (( contenir, en nombre suffisant, des voitures de chaque a classe, à moins d'une autorisation spéciale du ministre « des travaux publics. »

Le rapport au roi précédant cette ordonnance dit, il est vrai, que : « dans l'intérêt même du public, cette obligation « peut ne pas s'étendre à certains convois, par exemple, (( aux convois qu'on appelle convois directs, qui ne s'ar- «rêtentpas aux stations intermédiaires ou qui ne s'arrô- <( tent qu'à un très-petit nombre de ces stations et qui sont (( généralement animés d'une vitesse qui n'est pas encore <( nécessaire à toutes les classes de la société. »

Nous avouons qu'il nous paraît difficile de comprendre pourquoi en 1846 la vitesse des trains directs n'était pas encore nécessaire à toutes les classes de la société.

Nous devons dire que la circulaire ministérielle, qui a

suivi l'ordonnance, ne reproduit pas celte étrange allégation. « Quant aux mesures relatives à la partie économique G de l'exploitation, et pour lesquelles, à ce titre, il y aura « lieu de prendre l'avis des commissaires royaux (de suret veillance administrative), je dois citer, en première ligne, (i dit le ministre, celle qui est réglée par l'art. 17, et d'a- « près laquelle tout convoi ordinaire de voyageurs doit (( contenir, en nombre suffisant, des voitures de chaque (( classe, à moins d'une autorisation spéciale du ministre (( des travaux publics. Je n'ai pas besoin de faire remar- (( quer avec quel soin les demandes que les Compagnies « présenteront à cet égard devront être examinées. Il s'a- (( git, dans les questions de cette nature, de déroger à une « règle générale posée par le cahier des charges. Cette dé- (( rogation est prévue, il est vrai, mais elle ne peut être a admise que sous la condition expresse que les intérêts du (( public n'auront point à en souffrir, et que même, à cer- « tains égards, ils pourront en tirer quelque profit. »

Quant à nous, il nous semble évident que la vitesse est également nécessaire à toutes les classes de la société, au pauvre aussi bien qu'au riche. Si le travail appelle l'ouvrier, celui-ci n'est-il pas plus pressé que le riche courant à ses plaisirs ou que le commerçant à la -fortune ; comme le dit très-bien M. Delaltre. « Les ouvriers calcu- « lent que, pour eux, chaque heure vaut une demi-livre de « pain (1). » Et celui qui sera demandé par un parent luttant avec la mort sera-t-il moins pressé parce qu'il sera plus pauvre?

Nous avons la conviction que l'Administration supérieure, gardienne vigilante des intérêts de tous, comprendra la nécessité de réformer l'étrange principe posé par le rapport au roi de 1846, et que, prenant pour base l'ordon-

(1) Tribulations des voyageurs et des expe'difcurs en chemiris de fer^ p. 109.

nance de la même année (art. 17), elle apportera une heureuse modification à l'état de choses actuel.

Nous devons dire que l'opinion, soutenue aujourd'hui par nous, a été repoussée par la Commission d'enquôte de 1863. Cependant, les mesures proposées par cette Commission constitueraient, si elles étaient mises en pratique, un progrès considérable au profit du public.

Ainsi, il serait établi, sur les lignes principales, pour le trajet entier et dans chaque sens, un train journalier direct, contenant des voitures de toutes classes et marchant à la vitesse effective (1) de 40 kilomètres à l'heure.

D'un autre côté, relativement à l'organisation du service des trains qui correspondent aux points de croisement, l'état de choses actuel serait modifié dans la limite du possible, de telle sorte que les voyageurs ne fussent plus astreints à des arrêts de plusieurs heures, pour attendre, aux points de croisement, la correspondance d'une autre ligne.

40. Outre les trains ordinaires composant les ordres de service réguliers, les Compagnies de chemins de fer organisent des trains dits de plaisir, pour lesquels elles diminuent considérablement les tarifs qu'elles sont autorisées à percevoir.

Ces trains de plaisir ont pour but d'attirer le public dans les villes où ont lieu des fêtes extraordinaires.

L'Administration supérieure est heureuse de cette tendance des Compagnies, et elle s'est montrée disposée à la favoriser de tout son pouvoir, en renonçant, comme nous l'avons vu, à exiger pour ces cas spéciaux, un affichage opéré quinze jours avant la mise à exécution.

4^. Dans ce chapitre, nous avons à examinerquelles sont

(1) On appelle vitesse e^tjc^iye, la vitesse moyenne du parcours, temps d'arrêt compris.

les nombreuses obligations des Compagnies de chemins de fer vis-à-vis des voyageurs qui ne peuvent obtenir la place à laquelle ils ont droit.

Nous avons, d'un autre côté à rechercher, quelles obligations doivent remplir les voyageurs au départ.

De là la division en deux sections, traitant :

La première, des obligations et de la responsabilité des Compagnies de chemins de fer;

La seconde , des obligations des voyageurs.

SECTION I. — Obligations et responsabilité des Compagnies de chemins de fer.

4:8. Droit pour le voyageur de partir par le train indiqué sur son billet

de place.

.4:9. Droit pour le voyageur d'avoir une place de la classe indiquée sur

son billet.

50. Étendue de la res]:)onsabilité de la Compagnie dans res deux cas. 61. Le voyageur peut-il, à la fois, se faire transporter aux frais de la

Gompagn'e et obtenir une indemnité?

52. Nombre de places dans chaque voiture. — Obligation de la Com-

p;igiiie.

53, Les voyageurs peuvent-ils être forcés de monter sur l'irapéiiale des

voitures, en l'ab'^ence de places dans l'intérieur?

5 4. Une famille peut-elle être obligée de se diviser dans plusieurs compartiments différents?

55. Un compartiment de chaque classe doit être réservé aux dames voyageant seules.

56 . Quel est le droit du voyageur oublié dan^ la ^alIe d'attente?

57. Lf voyagpur qui a perdu son billet de place a-t-il le droit de s'en

faire délivrer gratuitement un antre ?

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