‹ Manuel pratique ou traité de l'exploitation des chemins de ferChapitre 4 sur 78 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

palion de tout gouvernement intelligent, et le bienfait qu'il procure à un Etat, en y réalisant ce programme, ne consiste pas seulement à dégrever les matières premières et les produits manufacturés, et à multiplier ainsi l'aisance et l'activité intérieures, il attire par là sur son territoire le transit de ses voisins, il devient le lien entre les différents peuples, au grand profit du commerce national. C'est pour cela que l'Allemagne et la Suisse, la dernière malgré les difficultés de son pittoresque sol, se sont hâtées de construire des voies ferrées, sans redouter le double emploi ou la concurrence. C'était agir sagement envers des destinées nouvelles, qu'un avenir prochain réserve à la civilisation. Nous ne sommes plus au temps où l'esprit de conquête et le fanatisme religieux précipitaient vers rOricnt des nations avides de butin. L'Occident s'avanci; d'un pas plus ferme et plus sûr. Encore quelques jours, et grâce au génie industriel de la France personnifié dans un homme d'énergique résolution, le flot de la mer des Indes viendra se mêler aux eaux de la Méditerranée, et le même navire cinglera, sans -rompre charge, de Marseille à Calcutta, en évitant les périlleuses lenteurs d'une hasardeuse navigation. Et ce n'est pas seulement par cette brèche que l'Asie est attaquée. Les relations avec la Perse tendent à se régulariser, et le fanatisme usé de Bysance est impuissant à arrêter l'effort qui emporterait l'Empire ottoman s'il persistait à lui résister. De tous côtés se prépare un mouvement vaste et fécond dont la France, en raison de sa position admirable, recueillera d'incalculables avantages. Mais pour cela il faut que l'administration de ses chemins de fer soit débarrassée de l'esprit de routine et de petitesse qui paralyse toute amélioration vé-

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