LÉTAT. SES TROIS POUVOIRS
travail et à cette répartition des obligations sociales, la tâche, trop souvent démesurée, du gouvernement central se trouvera énormément allégée. Par là aussi, ses pouvoirs cessant d'être aussi exorbitants, la liberté individuelle sera plus à l'aise, et les ambitions qu*excile la puissance publique seront moins dangereuses.
Mais, d'un autre côté, qu'on y prenne bien garde, le but à atteindre ne serait pas moins manqué si, au moyen de cette décentralisalion, la liberté des citoyens et l'intérêt général de la nation pouvaient être compromis par le despotisme et les prétentions des pouvoirs locaux. Il faut donc que l'État, c'est-à-dire le gouvernement de la nation tout entière, intervienne ici en dernier ressort pour assurer le respect de cette liberté contre toutes les atteintes, et la prédominance de cet intérêt général sur tous les intérêts particuliers. Là est son rôle chez un peuple républicain. Examinons les attributions qui en résultent.
l'état. — LES TROIS POUVOIRS. -- LA SÉPARATION DES POUVOIRS.
L'État est Tensemble des pouvoirs publics chargés de régler et d'administrer les choses qui intéressent le pays tout entier. Il enveloppe, par conséquent, la commune et toutes les circonscriptions locales entre lesquelles le peuple est réparti. Il représente, comme nous l'avons
déjà dit, Tunité de la nation dont elles expriment la diversité.
Dans le système républicain, les pouvoirs qui composent rÉtat émanent du peuple même, dont ils ne sont qu|une délégation temporaire, limitée, révocable en certains cas,» et toujours soumise au contrôle des citoyens. Dans ce système, un homme ne peut plus s'arroger le droit de dire, comme Louis XIV : a L'État, c'est moi; » TÉtat, c'est tout le monde, en ce sens que tous y participent, directement ou indirectement.il n'y a plus un ou plusieurs maîtres, mais uniquement (fes mandataires du peuple.
L'État a trois grandes attributions, d'où résultent les trois pouvoirs dont il se compose essentiellement.
La première est de faire les lois^ qui ont pour but de substituer, dans la société, la règle à l'arbitraire et l'empire du droit à celui de la force, en statuant, au nom du peuple entier, sur les objets d'intérêt public, soit que ces objets soient généraux et permanents, soit qu'ils se rapportent à quelque circonstance spéciale et passagère, auquel cas elles s'appellent plus particulièrement des décrets. De là un premier pouvoir, \q pouvoir législatif, dont la mission est de régler les conditions juridiques de la société civile ou politique.
Mais il ne suffit pas d'édicter des lois, il faut les exécuter, c'est-à-dire les appliquer en réalité aux objets qu'elles concernent. De là un second pouvoir, sans lequel l'œuvre du premier ne serait qu'une lettre morte, le pouvoir exécutif.