‹ Manuel républicainChapitre 30 sur 38 · LA DIGNITÉ PERSONNELLE · texte numérisé non relu

LA DIGNITÉ PERSONNELLE

Le premier point est de respecter en soi-même la dignité humaine. Celui qui s'enveloppe de cette verlu est à Tabri de tous les vices sur lesquels s'appuie le despotisme et qui corrompent les républiques où ils se glissent. Il ne courbe point Téchine devant le pouvoir qui distribue les places et les honneurs, et ne veut rien devoir à la faveur, mais tout à son travail et à son mérite. Il ne sollicite jamais, suivant une expression consacrée dans la langue monarchique, mais qui doit disparaître de la langue républicaine; et même pour obtenir ce qu'il a conscience d'avoir mérité, il ne se fait le courtisan de personne. Ce n'est pas en lui qu'on trou* vera jamais, soit dans la monarchie, l'étoffe d'un courtisan, soit dans la république, celle d'un flatteur du peuple. Le servilisme, ou, ce qui est au fond le même Vice, la flatterie démagogique, lui est en horreur : il a l'âme trop fière pour y descendre, et il sait bien que, selon une énergique parole de Kant qu'on ne saurait trop répéter (1), « celui qui se fait ver n'a plus le

(l) Doctrine de la verlu ^ page 101 de ma traduction.

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