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Les déplacements des corps chlorophylliens

Les déplacements des corps chlorophylliens dans les cellules végé-

taies sont d’une grande importance au point de vue biologique. Il semblerait que nous n’avons pas affaire ici à des mouvements propres des corps chlorophylliens, mais que les déplacements qu’ils subissent seraient provoqués par les mouvements du protoplasme. Pour se rendre exactement compte des mouvements des corps chlorophylliens, il est particulièrement bon de choisir, comme matériaux d’étude, des feuilles de mousses ou des prothalles de fougères. Les corps chlorophylliens n’éprouvent en général que des déplacements peu importants dans le parenchyme palissadique des feuilles ordinaires, et dans le parenchyme lacuneux, dont les cellules montrent, il est vrai, d’importants déplacements des corps chlorophylliens, souvent ces phénomènes ne sont pas aisés à suivre pour diverses raisons.

On tient quelque temps dans l’obscurité, mais à part cela dans des conditions normales, des plantes de Funaria hygrometrica ou des prothalles de fougères, qu’il est assez facile de trouver dans les serres où Y on cultive des fougères. Les corps chlorophylliens prennent la position qu’ils possèdent dans l’obscurité, c’est-à-dire qu’ils émigrent, dans notre cas, sur les parois cellulaires perpendiculaires à la surface libre de l’organe. Dans les cellules d’autres objets, les corps chlorophylliens ne se comportent pas identiquement de la même manière. Les corps chlorophylliens ont une sensibilité particulière à la radiation lumineuse lorsque leur séjour dans l’obscurité n’a pas été de trop longue durée (seulement de quelques heures), et que le contenu cellulaire n’a pas été engourdi par l’obscurité, mais se montre encore phototonique. Nous exposons à la lumière diffuse des touffes de Funaria ou des prothalles de fougères, ayant séjourné dans l’obscurité, de manière que les plantes soient soumises par le haut à l’action des rayons lumineux. Après quelques heures, nous plaçons les feuilles de Funaria ou les prothalles dans une goutte d’eau sur un porte-objet, et nous les recouvrons d’une lamelle avant de les examiner. Les corps chlorophylliens ne sont plus, comme dans l’obscurité, rassemblés sur les parois latérales des cellules; ils sont réunis sur les parois antérieure et postérieure; ils se présentent par conséquent de face et dans leur plus grande dimension à l’observateur. Nous exposons immédiatement nos matériaux d’étude sur porte-objet à la lumière solaire directe. Pour prévenir un échauffement trop considérable de l’organe végétal, la face extérieure de la lamelle sera toujours abondamment couverte d’eau. Après quelques minutes, nous observerons que les corps chlorophylliens ont conservé leur place, mais que leur forme a changé. Les grains, primitivement polygonaux, ont rentré leurs angles; ils se sont arrondis et laissent apercevoir nettement une tendance à présenter la plus petite surface possible à l’action d’une lumière trop intense. Cet arrondissement des éléments constituants verts des cellules est dû à leur propre action; mais, outre ce changement de forme, une lumière trop intense provoque un déplacement des corps chlorophylliens par

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rintervention du protoplasme. Lorsque nous exposons longtemps nos matériaux d’étude à la lumière solaire directe (3/4 d’heure, dans mes expériences sur les feuilles de Funaria ), les corps chlorophylliens se transportent des parois antérieure et postérieure des cellules sur les parois latérales, où ils vont se ranger de manière à se présenter de profil. Le groupement des corps chlorophylliens dans leur position de face réapparaîtra lorsque les préparations auront été exposées pendant quelque temps à la lumière diffuse du jour. Il n’est pas douteux que ces déplacements des corps chlorophylliens n’aient une signification physiologique pour les plantes. Dans la lumière diffuse, les éléments constituants verts des cellules se placent de manière à pouvoir utiliser entièrement les radiations lumineuses pour l’assimilation, tandis qu’en se rassemblant sur les parois latérales des cellules ils se préservent contre l’action décomposante d’une lumière trop intense (1).

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