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Le mouvement des plasmodes d’Æthalium septicum

Les plasmodes des myxomycètes sont susceptibles de mouvements particuliers. Ils peuvent ramper d’un endroit à un autre et ils modifient en conséquence incessamment leurs contours. Les conditions extérieures du milieu exercent une grande influence sur ces mouvements. C’est là un fait qui a une signification biologique considérable pour les plasmodes. VÆthalium seplicum se rencontre surtout sur la tannée. Les plasmodes, jaunes, doivent être recherchés au printemps (c’est en mai, par exemple, que j’ai effectué de nombreuses expériences sur cette plante) dans les portions les plus vieilles de la tannée. En dehors de cette saison et même en hiver, on trouve dans la tannée des sclérotes d ’Æthalium présentant la forme de petites masses jaunes, tubéroïdes de 2 mm. environ de longueur, dont on peut facilement tirer des plasmodes. Il faut bien remarquer que les plasmodes sont des formations très délicates, facilement tuées, que l’on ne doit point toucher. Les morceaux d’écorce avec les plasmodes qui les recouvrent devront être traités avec précaution, et il conviendra de transporter la tannée plasmodifère dans une caisse, de la tannerie au laboratoire, sans beaucoup la secouer. Nous effectuons alors l’expérience que nous allons indiquer.

Une bande étroite de papier à filtrer suédois, humide, est plongée par un de ses bouts dans un vase à demi rempli d’eau. L’autre extrémité de la bande est suspendue librement vers le bas et étalée, au début des expériences, sur la tannée contenant les plasmodes. Si on place ensuite le tout dans l’obscurité, dans un endroit où règne une température de 25 à 30° G., les plasmodes sortiront immédiatement de la tannée et ram-

(1) Yoy. Stahl, Botanische Zeitung , 1880, p. 321.

peront vers la bande de papier. Ce déplacement des plasmodes sur un substratum complètement imbibé d’eau n'est pas un phénomène hydrotropique; il est occasionné par un courant d’eau. Les plasmodes sont par conséquent rhéotropiques; ils se meuvent, en effet, en sens contraire du courant de beau .

Les plasmodes sont cependant sensibles aussi à une distribution inégale de l’humidité dans le substratum; ils ne sont pas seulement rhéotropiques, mais encore hydrotropiques. Pour démontrer ce fait, on porte des plasmodes, qui se sont rassemblés sur du papier à filtrer sous l’influence d’un courant d’eau, au milieu d'une lame de verre recouverte d’une feuille de papier à filtrer mouillée en diverses places. Les plasmodes s’étaleront régulièrement sur le substratum horizontal et mouillé dans une chambre obscure dont l'air est saturé de vapeur d’eau. Si les matériaux d’étude sont portés ensuite dans un endroit sec, mais obscur, et si on place, à peu de distance au-dessus des plasmodes, un porte-objet enduit d’une gelée étendue de gélatine, on voit bientôt (souvent déjà après quelques heures) se produire un phénomène intéressant. Le papier à filtrer se dessèche peu à peu et les plasmodes se retirent des endroits secs du substratum, pour se rassembler sous le porte-objet humide. Les plasmodes montrent donc un hydrotropisme positif. Il faut remarquer que nos matériaux d’étude, pendant la majeure partie du temps de leur développement, réagissent de la façon qui vient d’être indiquée sous une distribution inégale de l'humidité et que les plasmodes dont la fructification est proche présentent au contraire un hydrotropisme négatif.

Les plasmodes des myxomycètes ne sont pas du tout géotropiques, car lorsqu’on porte les bandes de papier à filtrer avec des plasmodes sur une surface verticale humide (par exemple sur du papier imbibé d’eau recouvrant une lame de verre), en l’absence de lumière et dans un endroit saturé de vapeur d’eau, les plasmodes s’étalent régulièrement dans toutes les directions sur le substratum.

Il est particulièrement intéressant d’étudier les actions attractives et répulsives de diverses substances sur le sens du mouvement des plasmodes. On emploiera, pour les recherches de ce genre, des plasmodes conduits à l’aide d’un filet d’eau sur du papier à filtrer, ou l’on fera usage de matériaux d’étude provenant de sclérotes d ’Æthalium déposés sur un lit humide (plusieurs feuilles de papier à filtrer mouillées). Par ce dernier moyen, j’ai obtenu de beaux plasmodes. Lorsque ces plasmodes seront assez affamés après un long séjour sous une cloche de verre, ce qui est favorable pour la recherche que l’on a en vue, on placera de petites boules de papier à filtrer trempées dans une infusion de tan sur la masse gélatineuse étalée par le champignon. Les substances contenues dans l’infusion de tan exercent une attraction sur les plasmodes; il en résulte que les petites boules de papier, après quelques heures déjà, seront transportées dans toutes les direc-

CINQUIÈME DIVISION

tions par les bandelettes plasmodiques. C'est ce qui nous permettra de constater le trophotropisme des myxomycètes.

On porte un petit cristal de sel marin en un point quelconque de la portion centrale dïm plasmode étalé sur un lit horizontal humide. Les portions touchées du champignon brunissent et meurent, tandis que les parties non tuées s’écartent du sel ; il se formera alors des lacunes dans le plasmode, et ces vides pourront être comblés, lorsque le sel, en se dissolvant petit à petit, sera uniformément répandu dans le substratum humide. Le chlorure de sodium, par conséquent, n’exerce pas une attraction sur les plasmodes, mais une répulsion (1).

Il est clair que cette sensibilité extraordinairement développée des plasmodes aux actions dont nous venons de nous occuper, ainsi qu'à d’autres influences extérieures aussi, possède une signification biologique pour leur organisme délicat. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet.

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II. LES NUTATIONS GÉOTROPIQUES, HÉLIOTROPIQUES, HYDRO- TROPIQUES ET QUELQUES AUTRES PHÉNOMÈNES DUS A LA SENSIBILITÉ.

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