Expériences sur la force centrifuge
Par ses intéressantes recherches, Knight (2) a prouvé le premier que les plantes soumises à une rotation très rapide montraient des phénomènes de croissance particuliers. Nous nous assurerons de ce fait au moyen de l’appareil que représente la fig. 112, et dont je puis, par expérience personnelle, recommander l’usage pour les démonstrations. Pour la construction de notre appareil à force centrifuge, que chacun pourra effectuer aisément, nous emploierons d’abord une tige de laiton dont l’extrémité inférieure est effilée en pointe (fig. 112 St). Cette tige porte près de son extrémité inférieure, un bouchon K' bien assujetti, à la périphérie duquel sont fixées quelques ailes de laiton (6, par exemple) placées obliquement. La partie supérieure de la tige de laiton traverse le milieu d’un second bouchon (K") possédant le plus grand diamètre possible et, de même, fortement fixé à la tige. Avant de nous servir de l’appareil, nous mouillerons ce dernier bouchon. Puis, nous placerons à sa surface quelques couches de papier à filtrer humide, et, à l’aide de longues épingles, nous fixerons les matériaux d’étude sur le bouchon, surtout à proximité de sa périphérie (par exemple des germinations de pois, avec des radicules droites de 0,5 à 1 cm. de longueur, développées dans une sciure humide et meuble). Enfin, après avoir recouvert la face interne de la cloche ou du cristallisoir de pa-
(1) Voy. Sachs, Arbeiten des botan. Instituts in Würzburg, vol. 2, p. 217.
(2) Voy. Knight, Philosophical transaet., 1806, t. 1, p. 99.
CINQUIÈME DIVISION
pier à filtrer humide, nous placerons sur les germinations une cloche tubulée en verre ou un cristallisoir assez élevé, dont le fond, dans mes
recherches, était pourvu d’un orifice bouché au moyen d’ouate mouillée. Notre appareil à force centrifuge sera disposé de telle sorte que la tige de laiton (axe de rotation) soit dirigée horizontalement ou verticalement. Lorsque la tige se trouvera dans une position verticale, son extrémité inférieure reposera sur un bloc de verre dont la face supérieure est légèrement creusée, et son extrémité supérieure sera embrassée par un petit anneau métallique (voy. fig. 112). Pour mettre l’appareil en mouvement, nous dirigerons sur les ailes un courant d’eau continu à l’aide d’un tubede verre étiréen pointe, en communication avec la conduite d’eau. Nous obtiendrons ainsi une vitesse de rotation très considérable. Sous une température élevée (supérieure à 20° G.), nous remarquerons nettement, après quelques heures déjà, l’action de la force centrifuge sur les racines des germinations. Les pointes des racines seront tournées vers l’extérieur. Cela aura lieu en toute circonstance, quelle que soit la manière dont les matériaux d’étude auront été fixés sur l’appareil. Les racines qui tournent rapidement obéissent toujours à la force centrifuge, tout comme elles prennent la direction de la pesanteur lorsqu’elles sont dans des conditions normales. Si l’axe de rotation de notre appareil à force centrifuge, tournant rapidement, est placé horizontalement, les flexions sont déterminées uniquement par l’action de la force centrifuge; si l’axe de rotation est vertical, la force centrifuge et la pesanteur agissent simultanément sur les racines en voie de croissance. C’est ce dont il faudra tenir soigneusement compte dans l’interprétation des résultats des expériences (1).
(1) Pour ce qui concerne les détails, voy. Sachs, in Arbeiten des botanischen Instituts in Würzburg , vol. 1, p. 607.