‹ Manuel technique de physiologie végétaleChapitre 17 sur 147 · De l’ammoniaque, comme aliment pour les plantes · texte numérisé non relu

De l’ammoniaque, comme aliment pour les plantes

On peut s’assurer que les plantes supérieures peuvent employer, pour la production de leurs substances albuminoïdes, les sels ammoniacaux qu’elles absorbent à l’aide de leurs racines. On cultive des

Fig. il. — Plante de maïs développée à l’aide de la méthode de culture dans l’eau, en l’absence

de toute combinaison azotée.

plantules de maïs ou d’autres plantes dans une solution nutritive composée de la même façon que celle qui est indiquée dans le g 1, mais qui renferme, au lieu de nitrate de calcium, 0,5 gr. de phosphate d’ammonium, (N H4)2H PO4, et 0,5 gr. de sulfate de calcium. On doit particulièrement veiller à ce que la réaction légèrement acide de la solution nutritive ne subisse aucun changement appréciable pen-

LES ALIMENTS DES PLANTES

dantle cours de l’expérience. Si on tient compte de cette observation, les matériaux d’étude prospéreront. On pourra évidemment se demander si, dans la plante, l’ammoniaque n’est pas transformée en acide nitrique par oxydation avant d’être utilisée pour la formation de matières albuminoïdes. Mais cette expérience nous apprend néanmoins que l’ammoniaque constitue un aliment pour les plantes supérieures (1).

22. L’endroit où s’effectue la production d’albumine dans les plantes supérieures.

L’assimilation engendre dans les feuilles des quantités considérables d’hydrates de carbone. Le courant dû à la transpiration conduit aussi des nitrates aux feuilles. On doit par conséquent supposer que la formation des substances albuminoïdes s’effectue dans ces organes. Les matières albuminoïdes peuvent être produites, il est vrai, tout aussi bien dans les cellules vertes que dans les cellules dépourvues de chlorophylle, mais le résultat de l’expérience qui va suivre, nous porte à admettre que certains tissus foliaires jouent un rôle particulièrement important dans la production des matières protéiques.

Nous pratiquons des sections transversales dans un foliole complètement développé de Trifolium pratense (voy. fig. 2, p. 9). En partant de l’épiderme supérieur, nous rencontrons d’abord les cellules du parenchyme palissadique disposées sur une seule rangée, puis le parenchyme lacuneux formé par plusieurs rangées d’éléments. On aperçoit aisément le liber et le bois des faisceaux libéro-ligneux. Le liber mou est entouré extérieurement de fibres libériennes, et le bois est recouvert également vers l’extérieur de fibres sclérenchymateuses fortement épaissies. Sur la face externe du revêtement de fibres libériennes et sur la face externe de la couche de cellules à parois épaissies qui encadrent les éléments ligneux, se trouve une rangée de cellules sans chlorophylle renfermant des cristaux d’oxalate de calcium. Les gaines cristal ligènes ne recouvrent que la partie antérieure et la partie postérieure des faisceaux; elles ne s’étendent pas latéralement (2).

Dans certaines conditions, qui se trouvent réalisées dans les plantes, les nitrates (et aussi les sulfates) peuvent être décomposés par l’acide oxalique, comme nous le verrons dans le § 23. Cet acide se rencontre très fréquemment dans les cellules végétales. Il en résulte que les cristaux d’oxalate de calcium dont nous venons de signaler l’existence, peuvent être considérés comme un produit de la réaction indiquée. Les acides nitrique et sulfurique peuvent être utilisés pour la formation des matières albuminoïdes avec les matières organiques non azotées produites par le protoplasme dans les cellules vertes des feuilles, et il est vraisemblable que cette production albuminique s’effectue dans

(1) Voy. G. Kühn et Hampe, Versuchsstationen, 1867.

(2) Voy. H. de Vries, Landwirthsch. Jahrbücher, vol. 6, p. 900 et pl. 44, fig. 3.

PREMIÈRE DIVISION

les éléments du liber mou , car ces derniers sont très riches en substances albuminoïdes (1). Nous reviendrons sur ce sujet dans la troisième partie de cet ouvrage, quand nous aurons à nous occuper de la signification des tubes cribreux.

Page 1