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L’analyse mécanique du sol

Il est très important pour la détermination de la nature d’un terrain de rechercher exactement son contenu en éléments fins et grossiers. On a d’ailleurs depuis longtemps établi une distinction entre le squelette du sol et la terre fine. Celle-ci attirera plus spécialement notre attention. Les propriétés les plus importantes du sol lui sont dévolues et elle fournit en première ligne à la plante les matières minérales qui lui sont nécessaires pour sa nutrition. Pour se procurer de la terre fine pouvant servir à l’analyse chimique du sol, on porte de la terre desséchée à Pair dans un tamis dont les mailles ont une largeur de 0,3 mm. Il suffira de le secouer pour séparer la terre fine. S’il s’agit de déterminer

PREMIÈRE DIVISION

le contenu en terre fine d’un terrain, on place dans une capsule 50 gr. de terre desséchée à l’air que l’on arrose d’eau ; puis, après quelque temps, ce mélange est jeté sur un tamis qu’on lave à l’aide d’un pinceau de soies sous un mince filet d’eau. Le résidu du tamisage (squelette) est desséché et pesé. On distingue dans le squelette quatre parties : le sable, le gravier fin, le gravier moyen et le gravier grossier, que l’on

sépare au moyen de différents tamis.

Le gravier grossier s’obtient, d’après la méthode de tamisage de Knop, en faisant usage d’un tamis dont la largeur des mailles est de 4,2 m. ; pour le gravier moyen, cette largeur est de 2,7 mm. et pour le gravier fin, de 0,9 mm.

La terre fine est débarrassée par lavage du sable fin et des parties argileuses qu’elle contient; ce qui s’effectue au moyen du cylindre laveur de Kühn (fig. 19). Le vase cylindrique a une longueur de 28 centimètres et un diamètre de 8,5 centimètres (ces deux mesures sont prises à l’intérieur du vase). A 5 centim. au-dessus du fond du cylindre, se trouve une tubulure fermée de la manière représentée par la figure. On porte 30 gr. de terre fine et de l’eau dans ce cylindre laveur.

On remue cette terre à l’aide d’une baguette, puis on laisse reposer pendant 10 minutes. Le liquide trouble est soutiré, une nouvelle quantité d’eau est portée dans le cylindre, remuée, et, après 5 minutes, de nouveau écartée. Ces opérations sont renouvelées jusqu’à ce que toutes les parties argileuses soient lavées. Le résidu du cylindre (sable fin) est desséché, et son poids, déterminé (1). La terre fine est constituée, comme l’analyse par lavage entr’autres l’enseigne, par des particules de différentes grosseurs de grains: ce dont il est facile de s’assurer par l’examen microscopique d’une petite quantité de terre fine déposée sur un porte-objet.

25. La présence dans le sol de quelques aliments pour les végétaux.

Il n’y a pas lieu, à mon avis, de donner dans un ouvrage comme celui-ci des instructions détaillées sur l’examen chimique du sol. Celui

(1) On trouvera dans mort Lehrbuch der Bodenkunde ,■ 1876, des renseignements sur la fonction de la terre fine et du squelette du sol, ainsi que sur la méthode à employer dans l’analyse mécanique du sol.

LES ALIMENTS DES PLANTES

qui voudra entreprendre des recherches de ce genre et être tixé exactement sur la valeur des résultats obtenus, devra étudier les travaux de E. v. Wolff (1), de Knop (2), ainsi que mon Bodenkunde (3). Il suffira donc ici de fournir la preuve que le sol contient certains aliments pour les plantes, et nous emploierons, comme objet d’expérimentation, de la terre fine retirée du sol par le procédé indiqué dans le g 24.

Pour constater l’existence du chlore dans le sol, on laisse pendant quelque temps 5 gr. de terre fine dans 200 c. c. d’eau. Puis on filtre, et on montre la présence du chlore dans le filtrat de la manière ordinaire, c’est-à-dire au moyen du nitrate d’argent.

On utilise, pour prouver Texistence de l’acide sulfurique dans le sol, 2 ou 5 gr. de terre fine que l’on mélange avec 20 à 50 gr. de carbonate de sodium ne renfermant point d’acide sulfurique. On verse de l’eau sur ce mélanges qui est porté dans une capsule en porcelaine, et on fait bouillir pendant quelque temps. Dans le liquide obtenu, il sera aisé de montrer qualitativement et quantitativement la présence de l’acide sulfurique.

On verse de Peau sur environ 10 gr. de terre fine, on agite le mélange tout en y versant de l’acide chlorhydrique jusqu’à ce que le dégagement d’acide carbonique ait cessé. Au bout de quelque temps, on filtre ce liquide qui est légèrement acide, on le neutralise approximativement avec de l’ammoniaque et on le décompose, sous l’action d’une chaleur modérée, par l’acétate de sodium. Il se forme alors un précipité composé essentiellement d’oxyde de fer. Le filtrat séparé de ce précipité laisse facilement apercevoir la présence de calcium par l’addition d’oxalate d’ammonium. Il faudra recourir aux ouvrages cités plus haut pour la description détaillée du procédé assez compliqué qui est employé pour constater la présence d’autres éléments, notamment du potassium et de l’acide phosp borique.

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