Les lichens
Les lichens sont, comme on le sait, des organismes qui doivent leur existence à la vie en commun (symbiose) de champignons et d’algues. Dans cette symbiose, l’algue, grâce à sa chlorophylle, peut élaborer aux dépens de substances inorganiques les matières organiques qui sont nécessaires à sa vie et à celle du champignon ; ce dernier prend l’algue sous sa protection. Le thalle des lichens est homœomère ou hétéromère. Pour nous faire une idée de la structure de ces organismes remarquables, nous nous servirons d’un lichen appartenant au groupe des hétéromères, de YUsnea barbata.
Nous emploierons des matériaux frais ou, comme j’ai eu l’occasion de le faire, des matériaux d’herbiers ramollis dans Peau, et nous pratiquerons une section transversale mince dans une forte branche d’un thalle. On voit, au microscope, que ce thalle se compose d’une partie médullaire et d’une partie corticale. Ces deux couches sont constituées par des filaments rameux. L’écorce et le cordon axile de la moelle sont formés d’un tissu compact, tandis que la région périphérique de cette moelle est constituée par des filaments lâchement enchevêtrés, laissant entre eux des lacunes pleines d’air. Les algues vertes s’observent facilement sur la ligne de séparation de l’écorce et de la moelle. Elles forment une zone particulière, limitée de toutes parts par des filaments mycéliens qui se dirigent de la moelle vers l’écorce. Pour se rendre compte de la structure des autres lichens, on examinera les fructifications de Cladonia et le thalle dorsiventral d’un Sticla (2).