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Expériences sur les plantes carnivores

Les Droseras que l’on veut employer à des recherches physiologiques

(1) On trouvera de nombreuses indications sur les champignons parasites dans l’ouvrage de Frank, intitulé : Krankheiten der Pflanzen, Breslau, 1880.

(2) On trouvera des détails sur la structure et la vie des lichens dans : De Bary, Vergleichende Morphologie und Biologie der Pilze , etc., Leipzick, 1884, p. 425.

PREMIERE DIVISION

seront cultivés de préférence sous des cloches en verre, sur du Sphagnum humide placé dans des vases plats en terre. Les Droseras se rencontrent fréquemment et en grandes quantités dans les terrains marécageux, tourbeux (voy. fig. 22). Pour les cultiver, il suffira d’en détacher une motte et de la déposer sur des sphaignes. Lorsque la feuille de Drosera reçoit une excitation, son limbe, comme on le sait, se reploie et ses tentacules se rassemblent. Nous portons un morceau de viande crue, de la grosseur d’une

Fig. 22. — Face supérieure de la feuille de Drosera rotundifolia (d’après Darwin). Gros. 4.

Fig. 23. — Glande digestive du Drosera rotundifolia. Gros. GO.

tête d’épingle, sur une feuille d’un Drosera bien vigoureux. Au bout de quelque temps ( après 24 heures, dans mes expériences, effectuées à une température de 20° G.), tous les tentacules se sont infléchis. Ils entourent le morceau de viande, et le produit de la secrétion de leurs glandes digestives dissout l’albumine (1). Mais finalement (après 48 heures, dans mes expériences) , les filaments se redressent. En portant des substances organiques oft inorganiques non azotées (j’expérimentais avec des morceaux de verre ou des boulettes de papier), l’inflexion des tentacules se produit également, mais on peut observer que ces corps provoquent plus lentement les mouvements foliaires que le morceau de viande. On remarquera qu’une excitation chimique (un morceau de viande) ou une excitation due à un simple contact (un morceau de verre) déterminent également, par suite de la propagation de l’excitation,

(1)Rees et Will ont isolé des feuilles de Drosera un ferment peptonique, voyez Botan. Zeitung >\81 8, n° 44.

LES ALIMENTS DES PLANTES. 73

le mouvement des tentacules dont les glandes digestives n’ont pas été mises directement en contact avec la cause d’excitation.

Les tentacules de Drosera montrent, au microscope (il est bon de les déposer dans une goutte de la solution d’hydrate de chloral pour clarifier leurs tissus), que leur pédicelle est formé par des cellules étirées suivant la longueur de l’organe. Les plus gros pédicelles sont parcourus en leur milieu par des trachées. L’extrémité renflée du tentacule est constituée en son milieu par des éléments trachéens allongés radialement et disposés en éventail (voy. fig. 23).

Les exemplaires de Dionæa muscipula dont on veut faire usage pour les expériences de physiologie, se cultivent le mieux sur des morceaux de tourbe placés sous une cloche en verre. Je ne m’occuperai point de la morphologie de la feuille de Dionæa; je me bornerai à attirer l’attention sur quelques faits faciles à observer. Si on remue, avec un petit morceau de bois, par exemple, les poils effilés qui se trouvent sur sa face supérieure , la feuille du Dionæa se ferme rapidement. Bientôt (au bout de 24 heures, dans mes expériences), les lobes foliaires seront de nouveau étalés (voy. fig. 24). Un morceau de viande crue déposé sur une feuille de Dionæa détermine aussitôt, par suite de l’attouchement des poils, le reploiement du limbe. La feuille demeurera maintenant fermée pendant longtemps (plus de 8 jours, dans mes expériences), contrairement à ce qui se passe dans les feuilles dont les mouvements ont été provoqués par le contact de corps non azotés (morceaux de verre, boulettes de papier) ou par simple agitation des poils. Quand une feuille de Dionæa qui a reçu de la viande, vient à se rouvrir, on voit que la viande a été plus ou moins désorganisée et dissoute : phénomène du au suc produit par la secrétion des glandes qui se trouvent à la face supérieure de la feuille. Ce suc qui a une réaction acide, adhère encore en assez grande quantité à la face supérieure des feuilles qui ont été nourries avec de la viande, et qui se sont rouvertes depuis longtemps. Les corps non azotés déposés sur une feuille de Dionæa ne provoquent point de secrétion glandulaire, la face supérieure des lobes foliaires reste sèche en l’absence de matières albuminoïdes (1).

(1) Voy. : pour les détails concernant les plantes carnivores, l’ouvrage de Darwin, paru en 1876, sur les plantes insectivores; pour des notions générales, Detmer, Lehrbuch der Fßanzenphysiologie, 1883, p. 65 et 282,

Fig. 2 i. — Feuille de Dionæa muscipula déployée, vue de profil.

DEUXIÈME DIVISION

LES FORCES MOLÉCULAIRES DES PLANTES

I. LES PRODUCTIONS ORGANISÉES LES PLUS IMPORTANTES DES CELLULES VÉGÉTALES.

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