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L’absorption de l’eau par les fruits et les graines

Il arrive fréquemment que les fruits riches en jus (fruits à noyaux, baies) , encore attachés à la plante-mère, se déchirent par les temps pluvieux. La principale cause de ce phénomène est l’arrêt presque complet de la transpiration dans les circonstances indiquées. Les cellules du parenchyme des fruits étant fort turgescentes, les tissus des fruits se dilateront (notamment l’épiderme, qui subira une pression considérable), et, finalement, les fruits se déchireront. Une autre cause peut aussi intervenir, d’une manière secondaire celle-là, dans l’apparition du phénomène; c’est l’absorption de l’eau par les fruits, qui aura pour effet d’augmenter la turgescence des cellules parenchymateuses. Pour constater que cette absorption d’eau a bien réellement lieu, on se servira de cerises ou de raisins intacts, qui, après avoir été exactement pesés, seront placés dans l’eau de manière que leurs pédicelles émergent du liquide, et que l’on essuyera soigneusement après un séjour de 4-8 heures dans l’eau. Les matériaux d’étude, pesés de nouveau, accuseront une augmentation de poids qui n’est point négligeable.

Nous déposons dans l’eau quelques grains de froment. Après 12 heures environ, leur gonflement sera déjà assez avancé et les grains seront devenus mous. Le mince tégument qui les recouvre laisse facilement pénétrer l’eau à l’intérieur des grains. Pour nous rendre compte de la structure anatomique des téguments du fruit et du grain de froment, nous ne chercherons pas à obtenir d’un grain presque complètement ramolli les sections transversales nécessaires, parce qu’un tel grain se laisse difficilement couper mais nous emploierons plutôt un

LES FORCES MOLÉCULAIRES DES PLANTES

grain qui n’est pas resté trop longtemps en contact avec l’eau, et, avant qu’elles soient examinées au microscope, les sections transversales, les plus minces possible, seront traitées par une lessive de potasse. Ce réactif, qui gonfle fortement les tissus, montre assez nettement les relations de structure du fruit et de la graine (voy. fig. 59). L’enveloppe du fruit se compose de l’épiderme cuticularisé ep, d’une couche parenchymateuse e et d’une autre couche cellulaire chl , contiguë à cette dernière , dont les éléments sont étirés tangentiel lement.

L’enveloppe du grain se compose de plusieurs couches cellulaires, mais la structure cellulaire des rangées extérieures ii n’est pas bien reconnaissable sur une section transversale , où elles présentent généralement

rieur e n de l’enveloppe séminale, placée immédiatement au-dessous des bandes

brunes, est formée de cellules transparentes. Le tégument séminal enveloppe l’albumen et l’embyron. Nous aurons l’occasion de revenir plus tard sur cette partie du grain de froment. Remarquons seulement que la couche de l’albumen située immédiatement au-dessous du tégument séminal (couche cellulaire du gluten) est constituée par une rangée unique de cellules, à peu près carrées, ne renfermant que des grains protéiques, qu’on ne peut, évidemment, apercevoir sur une coupe traitée par la potasse. Cette couche est suivie des tissus de l’albumen, plus ou moins riches en amidon.

Nous pratiquerons des sections transversales dans des graines de

l’aspect de bandes brunes. La couche la plus inté-

Fig. 59.— Triticum vulgare. A. Section transversale des téguments du fruit et de la graine. Dans cette section, l’épiderme ep, les couches contiguës à l’épiderme e, la couche chlorophyllienne chl appartiennent au revêtement du fruit. L’enveloppe séminale est formée par les membranes i i provenant du tégument interne, la couche périphérique sclériflée du nucelle n. al, couche de l’albumen contenant des grains d’aleurone. Gros. 240 — B. Section longitudinale mediane de la partie inférieure d’un fruit mûr. Dans ce dernier, à gauche en dessous. on voit l’embrvon muni de son scutellum sc; V , ligule du scutellum; vs, faisceau Übéro-ligneux de l’embryon; ce, son épithélium cylindrique : c, gaine du cotylédon ; pv, sommet végétatif de la tigelle ; tip, axe hvpocotvlé ; l , ligule de ce dernier; r, radicule; cp , coilfe de la radicule; cl, gaine de la radicule; ni, point de sortie de la radicule, correspondant au micropyle de l’ovule ; p. pédicelle du fruit; vp, son faisceau libéro- ligneux ; f, revêtement latéral du fruit (d’après Strasburger). Gros. 14.

DEUXIÈME DIVISION

Lupinus luleuse t nous emploierons de préférence des graines déjà légèrement gonflées par l’absorption d’eau. Ces coupes seront examinées dans l’eau et dans une solution de potasse. La cuticule est assez fortement développée et couverte d'un revêtement granuleux (matière cireuse). L’épiderme présente pour nous un intérêt particulier. Il est formé par de longues cellules palissadiques perpendiculaires à la surface de la graine. Leurs parois sont fortement épaissies. Dans certains groupes de ces cellules épidermiques, on constate la présence d’une matière colorante brune; ce qui donne aux graines leur aspect tacheté. Sous l’épiderme, nous trouvons une rangée unique de cellules allongées, laissant entre elles de très larges espaces intercellulaires, et disposées perpendiculairement à la surface de l’organe. Cette couche est suivie d’une autre, composée de plusieurs rangées de cellules allongées tangentiellement , se gonflant fortement sous l’action de la potasse. Cette dernière recouvrant les restes, fortement écrasés, de l’albumen, nous nous trouverons alors en présence du tissu cotylédonaire.

Si on plonge dans l’eau un grand nombre de graines de lupin (une centaine, par exemple), on trouve, longtemps après, au bout de 24 heures, par exemple, et même de 8 à 14 jours, que toutes les graines ne sont pas gonflées. Cette difficulté de se gonfler, qui possède un intérêt biologique considérable , est propre à un grand nombre d’autres espèces que le lupin. Dans le cas qui nous occupe, elle provient de ce que les cellules palissadiques du tégument séminal, encore intactes , ne sont que très difficilement perméables à l’eau à raison de certaines particularités de leurs membranes. Lorsque sa couche palissadique est blessée, la graine de lupin se gonfle toujours facilement au contact de l’eau (1).

Les graines de Pisum sativum appartiennent à la catégorie des graines qui se gonflent facilement, comme il est facile de s’en apercevoir en plaçant dans l’eau les matériaux d’étude. La structure du testa de Pisum présente quelque analogie avec celui du lupin. Nous enlèverons les téguments de graines gonflées, et nous en détacherons de minces sections transversales pour les examiner dans la potasse. La couche palissadique est suivie ici aussi d’une couche de cellules allongées, puis de plusieurs rangées de cellules parenchymateuses étirées tangentiellement et, enfin, des restes de l’albumen écrasé.

Dans la plupart des graines, le gonflement est le résultat de l’imbibition et de phénomènes osmotiques. Chez quelques-unes, celles de Linam usilalissimum , par exemple, le phénomène se produit aisément parce que ces graines laissent échapper au contact de beau une substance gélatineuse, qui attire énergiquement l’eau et la retient. Chaque graine s’entoure, en effet, d’une enveloppe gélatineuse dès qu’elle est en

(1) Voy. Detmer, Journal Landivirthschaft> â7e année, p. 119.

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contact avec l’eau. Nous pratiquerons des sections transversales très minces sur des graines sèches de lin, et nous les déposerons dans de l’alcool sur le porte-objet. Puis, pendant que nous les examinerons, nous ferons passer de l’eau du bord de la lamelle aux coupes. Au moment où l’eau atteindra les coupes, les cellules épidermiques du tégument séminal gonfleront fortement et laisseront sortir la substance gélatineuse qu’elles contenaient à leur intérieur. Il sera alors facile de voir que les cellules épidermiques sont dirigées perpendiculairement à la surface de l’organe. Nous ne nous occuperons pas ici des autres couches cellulaires de ce tégument séminal de Linum , d’une structure compliquée (4).

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