Autres expériences sur le gonflement des graines
Des graines différentes absorbent pour être complètement gonflées des quantités d’eau qui varient beaucoup. La capacité de gonflement des graines est, par conséquent, très variable aussi. On détermine le poids de quelques graines de froment et de pois desséchées à l’air. Ces matériaux d’étude sont alors plongés dans l’eau et y séjournent pendant 24 heures, puis on les essuie soigneusement, et, après les avoir pesées de nouveau, on les replace dans l’eau pour les repeser au bout de 6 heures. On pourrait encore effectuer de nouvelles pesées, mais lorsque les matériaux d’étude n’éprouveront plus de changement, on reconnaîtra toujours que les semences de pois contiennent beaucoup plus d’eau que les graines de froment complètement ramollies. Pour se ramollir, les graines de pois absorbent à peu près 100 °/0 de leur poids d’eau, tandis que celles de froment n’en prennent que 40-60 %.
Lorsqu’on emploie un grand nombre de graines (par exemple des haricots, des pois) dans des recherches de ce genre, on remarque immédiatement que le volume des matériaux d’étude gonflés est de beaucoup supérieur à celui qu’ils possèdent lorsqu’ils sont à l’état de siccité. Mais on peut aussi se demander si la somme des volumes d’une quantité donnée de graines et de la quantité d’eau nécessitée par leur gonflement subit des changements par suite du gonflement. L’expérience que nous allons effectuer résoudra cette question. Nous ferons usage de l’appareil que représente la fig. 60, et nous porterons 300 gr. de pois dans un ballon d’une capacité d’environ 600 c. c. (j’ai expérimenté sur des pois blancs géants). Le ballon sera alors complètement rempli d’eau et fermé, immédiatement après, au moyen d’un bouchon en caoutchouc percé de deux ouvertures. Dans l’une de ces ouvertures, on introduira un thermomètre; dans l’autre, un tube droit en verre
(1) Pour ce qui concerne la structure des téguments séminaux, voy. la dissertation de S empolowski, Leipzick, 1874. On y trouvera aussi la bibliographie principale du sujet.
DEUXIÈME DIVISION
de 0,5 centim. de diamètre. Le niveau de l’eau dans ce tube pourra être facilement déterminé au début de l’expérience, puis toutes les 5 minutes pendant le cours de celle-ci, au moyen d’une règle graduée en millimètres. On observera ainsi que l’eau s’élève de plus en plus dans le tube. Cette ascension de l’eau dure 3/4 d’heure et parfois aussi 1 heure 1/2, puis l’eau descend pendant peu de temps ou, selon les circonstances, pendant quelques heures, pour monter finalement de nouveau. Dans les recherches qui demandent de la précision, il faudra tenir compte de l’influence de la température sur le niveau de l’eau dans le tube.
Quand les graines viennent en contact avec l’eau , et qu’il se produit ainsi des phénomènes d’imbibition, l’eau qui a pénétré dans les graines doit subir une condensation. Mais un phénomène de ce genre devrait amener une diminution du volume total des graines et de l’eau. Nous n’avons cependant rien observé de semblable dans l’expérience que nous avons effectuée, car au début l’eau s’élevait, au contraire, rapidement dans le tube, de sorte qu’il se produisait une augmentation très nette du volume total de l’eau et des graines. Dans tous les cas, les causes qui la provoquent exercent par conséquent une influence prépondérante sur le niveau de l’eau dans le tube. Elles doivent être recherchées dans le plissement du testa au début du gonflement des semences de pois. Ce testa se détache des cotylédons des graines, il Fig. oo. - Appareil pour robservation se forme ainsi des cavités remplies d’air fegonflem™ntnes qui accompagnent raréfié entre les cotylédons et les téguments séminaux : ce qui augmente le volume total des graines et de l’eau. En plaçant dans cet appareil des graines de pois dont le testa a été blessé, j’ai trouvé que l’ascension de l’eau dans le tube ne se produisait pas pendant toute la première phase de l’expérience.
Pendant la seconde, l’eau descend dans le tube; il se produit une diminution du volume total des graines et de l’eau, qui doit être attribuée à la pénétration de l’eau dans les cavités des graines. Je ne m’occuperai pas ici des causes qui déterminent une nouvelle ascension du liquide pendant la troisième phase de l’expérience. Pour ce
LES FORCES MOLÉCULAIRES DES PLANTES
qui concerne ce sujet, ainsi que les particularités d’autres graines gonflées, je renverrai le lecteur à un de mes travaux, cité plus haut (1).