Les réactions macro et microchimiques de l’albumine
On obtient une des réactions microchimiques les plus sensibles de l’albumine (réaction du biuret) en faisant bouillir une solution aqueuse d’albumine, ou de l’eau contenant en suspension une petite quantité de conglutine provenant de graines de lupin, puis en ajoutant un peu de lessive de potasse et en portant à l’aide d’une baguette de verre dans le liquide bouillant une goutte de la liqueur de Fehling. Une coloration violette indiquera la présence de matières albuminoïdes dans le liquide soumis à l’expérimentation. Pour préparer la liqueur de Fehling, on dissoudra, dans 200 c. c. d’eau, 34,65 gr. de sulfate de cuivre purifié par cristallisation. Cette dissolution sera mélangée avec une dissolution de 173 gr. d’acétate sodo-potassique dans 480 c. c. d’une solution d’hvdroxyde de sodium ayant 1,14 pour poids spécifique, et on diluera le liquide à 15° C. jusqu’à 1000 c. c.
On sait qu’il existe, à côté des grains d’amidon, de grandes quantités d’albumine dans les cellules du parenchyme cotylédonaire du Phaseolus. Pour étudier les réactions microchimiques de l’albumine, il est commode d’employer des sections pratiquées dans les cotylédons de haricots et possédant au moins deux couches de cellules. Quelques c. c. d’une solution concentrée de sulfate de cuivre (3) ou d’une solution d’acétate cuivrique (4) seront versés dans un petit vase. L’acétate cuivrique se prépare en mélangeant 5 parties de sulfate de cuivre en dissolution avec 9 parties d’acétate simple de potassium en dissolution, et en séparant par filtration le sulfate de potassium formé dont la solubilité est relativement minime. Les coupes placées dans
(1) Pour ce qui concerne les détails, voy. Detmer in Forschungen auf dem Gebiete der Agriculturphysik, vol. 2, cah. 4. Je ne m’occuperai pas davantage ici des recherches de Weyl sur la caséine végétale (voy. Detmer , Lehrbuch der P flanzenphysiolo g ie, 1883, p. 157).
(2) Pour ce qui concerne les détails, voy. Ritthausen, Die Eiweisstoffe d. Getreidearten , 1872, p. 28.
(3) Voy. Sachs, in Jahrbücher de Pringshfjm, vol. 3, p. 187.
(4) Voy. Pfeffer, in Jahrbücher de Pringsheim, vol. 8, p. 538.
TROISIÈME DIVISION
une de ces solutions cuivriques seront reprises à l’aide d’une fine pince au bout de quelques minutes, puis lavées superficiellement par immersion dans l’eau distillée, et placées, immédiatement après, dans une solution bouillante d’hydroxyde de potassium. Le contenu des cellules se colorera en violet à cause de la présence d’albumine.
On place une coupe faite dans un cotylédon de pois sec sur un porte-objet dans une goutte d’un mélange de 2 parties de glycérine et d’une partie d’eau. On la recouvre d’une lamelle et on porte au bord de celle-ci une goutte d’une solution iodée. Les grains d’amidon se colorent immédiatement en bleu, tandis que les grains d’aleurone et la masse fondamentale qui les englobe, prennent une coloration jaune par suite de leur teneur en substances albuminoïdes.
Les matières protéiques se colorent en rouge sous l’action du sucre et de l’acide sulfurique. Pour observer cette réaction, on portera, par exemple, des coupes provenant des cotylédons d’une graine desséchée de haricot sur un porte-objet dans une solution concentrée de saccharose, et on fera passer du bord de la lamelle à l’objet de l’acide sulfurique concentré.
Des coupes provenant d’organes végétaux richesen albumine, déposées pendant quelques minutes sur un porte-objet dans une goutte froide d’acide nitrique fumant, prennent une coloration jaune intense lorsqu’on les traite par l’ammoniaque (réaction de l’acide xanthoprotéique).
Le réactif de Millon colore les matières albuminoïdes en rouge brique. Il se prépare en traitant du mercure à froid par son poids d’acide nitrique concentré fumant et, après dissolution du métal, en étendant le liquide obtenu de son volume d’eau. Il est bon de n’employer ce réactif que fraîchement préparé. Lorsqu’on dépose des coupes de cotylédons de Pisum dans une goutte du réactif de Millon, qui peut être légèrement chauffé, le contenu des cellules est désorganisé ; mais il se colorera cependant en rouge-brique au bout d’un certain temps par suite de la présence des matières albuminoïdes.
Dans ces derniers temps, on a étudié l’action d’un grand nombre de réactifs (surtout des dissolvants) sur les productions protoplasmiques des cellules, afin de pouvoir démontrer, en s’appuyant sur les résultats obtenus, qu’il existe toute une série de matières albuminoïdes différentes dans le protoplasme, le noyau cellulaire, etc. Il est certain, en effet, que la nucléine, par exemple, possède, comme on le verra dans le § 96, des propriétés tout à fait différentes de celles de l’albumine ordinaire; mais néanmoins, abstraction faite de ce résultat et d’un petit nombre d’autres, et alors même qu’en principe on ne peut rien objecter contre elle, la voie que nous venons d’indiquer n’a pas encore conduit jusqu’à présent à des résultats importants. C’est ainsi, par exemple, que l’on ne peut attribuer aucune valeur, au point de vue de la chimie pure, à la plupart des résultats fournis par Frank Schwarz (voy. Beilrage zur Biologie der Pflanzen de Cohn, vol. 5, cah. 1).