La nucléine
Tandis que le protoplasme est particulièrement riche en matières albuminoïdes, la nucléine doit être considérée comme un principe caractéristique du noyau cellulaire. La nucléine, azotée, se distingue des matières protéiques par le phosphore qu’elle contient et par ses réactions spéciales. Sous ce rapport, il importe notamment de constater que la nucléine n’est pas attaquée par les liquides contenant de la pepsine. C’est ce que l’on pourra observer en portant sur un porteobjet un petit lambeau de l’épiderme inférieur d’une feuille de Trades cantia (j’ai obtenu d’excellents résultats avec le Tradescantia virginica), et en y ajoutant un liquide contenant de la pepsine (un mélange d’une partie en volume d’extrait glycériné de Testomac de porc et de 2 parties en volume d’une solution à 0,2 % d’acide chlorhydrique). A la suite de cette expérience, le protoplasme est contracté et les noyaux sont devenus à peu près complètement homogènes. Les noyaux subissent alors un accroissement de volume et présentent finalement des productions jaunâtres très réfringentes qui n’éprouvent plus d’autres modifications. Lorsque les noyaux, devenus homogènes, commencent à augmenter de volume, le protoplasme contracté se boursoufle et forme des vésicules. Enfin, ces vésicules crèvent et on ne rencontre plus que des restes insignifiants de protoplasme entourant le noyau. L’acide chlorhydrique étendu n’altère plus les noyaux qui ont été traités par un liquide produisant une digestion artificielle, mais ces noyaux se dissolvent dans une solution étendue de soude (1).