Les huiles éthérées et les résines
Dans un grand nombre de cas , les huiles éthérées doivent être considérées, non comme des produits d’excrétion, mais comme des substances sécrétées, auxquelles sont dévolues des fonctions physiologiques (attirer les animaux dont l’intervention est nécessaire pour le transport du pollen, éloigner les animaux nuisibles, etc.). De même, beaucoup de résines doivent être regardées comme des produits de sécrétion (1).
Les huiles éthérées se rencontrent fréquemment dans des espaces intercellulaires arrondis. Si nous examinons, par exemple, des sections transversales, non par trop minces, de la tige de Ruta graveolens , nous observons que l’épiderme est suivi d'un tissu hypodermique et celuici, d’un parenchyme vert. Dans ce dernier se montrent, çà et là, des lacunes remplies d’un liquide jaunâtre fort réfringent (l’huile éthérée). Les réservoirs intercellulaires remplis d’huile essentielle sont faciles à reconnaître sur une section transversale de la feuille de Citrus. L’alcool dissout les huiles essentielles.
Les huiles essentielles ne se présentent pas seulement renfermées dans les espaces intercellulaires des plantes, mais encore à l’intérieur des cellules. Chez Y Aristolochia sipho se rencontrent des réservoirs de ce genre et, plus spécialement, ceux qui appartiennent à la catégorie des outres courtes ( Kurzen Schläuche ) de de Bary, parce que les cellules en question sont à peu près isodiamétriques. Sur des sections transversales pratiquées sur une tige de cette plante, de 4 mm. environ de diamètre , il est facile de distinguer la moelle ainsi que les faisceaux libéro-ligneux avec leurs portions ligneuses et libériennes très développées. Les faisceaux sont plongés dans un tissu cortical parenchymateux, qu’entoure un anneau fermé de fibres scléreuses, qui, entre les faisceaux, fait légèrement saillie vers l’intérieur. Cet anneau est enveloppé d’un parenchyme vert, d’un collenchyme et d'un épiderme. En examinant des sections transversales et longitudinales de la tige d 'Aristolochia, on observe dans le parenchyme cortical la présence de cellules à contenu jaunâtre, très réfringent, distribuées à l’extérieur et à l’intérieur del’an-
(1) Voy. H. de Vrtes, Landwirthschciftl. Jahrbücher, vol. 10.
TROISIÈME DIVISION
«eau de fibres scléreuses, ce sont les glandes dont il s’agissait de montrer la présence.
Il est instructif aussi de montrer que les fruits d’un grand nombre d’ombellifères sont abondamment fournis d’huiles étfiérées, localisées dans les espaces intercellulaires, et qui leur servent certainement de moyen de défense contre les animaux qui pourraient leur nuire. Nous pratiquons des sections transversales dans le fruit comprimé latéralement du Carum carvi. Chacune des deux portions du fruit contient un albumen au milieu duquel se trouve l’embryon. Nous enlevons ensuite les cinq côtes principales de chaque fruit; dans le tégument du fruit s’aperçoivent des stries huileuses qui représentent des espaces intercellulaires remplis d’une huile essentielle.
Pour étudier les canaux secréteurs, il convient d’employer des sections transversales très minces pratiquées dans des aiguilles de Pinus sylvestris. L’épiderme, à cellules fortement épaissies, est suivi d’une couche de cellules hypodermiques. Aux deux bords de la feuille , cette couche possède une épaisseur double. Les canaux secréteurs (il en existe toujours un grand nombre) sont contigus à la couche hypodermique. Chaque canal résineux est bordé par une couche de cellules à parois minces , l’épithélium , qui fournit indubitablement au canal les produits de sécrétion qu’il renferme, est entouré par une couche de fibres scléreuses fortement épaissies. On voit ensuite le tissu vert de la feuille et le tissu à peu près dépourvu de chlorophylle du milieu de la feuille, séparé du tissu vert par un endoderme. Le tissu fondamental, presque incolore, du centre de la feuille est composé d’éléments à parois minces, et d’autres à parois épaisses. liest parcouru par deux faisceaux libéro-ligneux. La feuille du Pinus Pinaster possède la même structure que celle du Pinus sylvestris. La première se laissant plus facilement couper, il faudra donc lui accorder la préférence lorsqu’on les aura toutes deux à sa disposition.
Il est très facile aussi de constater la présence de canaux secréteurs dans les tissus de la tige d’un grand nombre d’ombellifères. Nous examinerons, par exemple, sous un faible grossissement, des sections transversales de l’inflorescence du Fœniculum officinale. L’épiderme, le tissu cortical, le liber et le bois des faisceaux, ainsi que la moelle se détachent nettement. Les canaux sécréteurs sont placés vis-à-vis des faisceaux. Ils se rencontrent dans l’écorce entre les faisceaux libéroligneux et un tissu dans lequel nous reconnaissons immédiatement un collenchyme.