Expériences sur les grains de pollen en germination
Les observations et les expériences que nous avons effectuées sur le
(1) Voy. Borscow, Botanische Zeitung , 1874, et 0. Herrmann, Leipziger Dissertation, 1876 .
TROISIÈME DIVISION
rôle des corps azotés et non azotés dans les plantes , nous ont déjà fait connaître une longue série de faits concernant le transport des aliments dans l’organisme végétal. Dans ce paragraphe et les suivants, nous nous occuperons plus spécialement de quelques particularités de cette circulation, et nous choisirons, en premier lieu, les grains de pollen comme matériaux d’étude.
Nous confectionnons d’abord une chambre humide en découpant, dans du carton assez épais, un petit cadre dont l’ouverture doit être légèrement plus étroite que la lamelle que l’on veut employer. Après avoir été complètement imbibé d’eau, ce cadre de carton est placé sur un porte-objet. Nous portons alors sur une lamelle une goutte du liquide dans lequel les grains de pollen doivent germer ; nous y ajoutons le pollen, recueilli dans des anthères mûres ; puis nous retournons rapidement la lamelle. Celle-ci est placée sur le cadre de carton, la goutte de liquide tournée vers le bas. Les grains de pollen vont germer dans cette goutte suspendue. Il suffit, pour cela, que la chambre humide ne manque point d’eau. D’après Strasburger, il est particulièrement facile de faire germer des grains de pollen d’A/lium, de Tulipa Gesneriana et de Narcissus poeticus dans une dissolution à 3 O/Ode saccharose dans l’eau ordinaire. J’ai obtenu, par exemple, de très beaux résultats en l’employant avec le pollen à'Allium Victoriale. J’ai porté des grains de pollen, d’une part dans une goutte d’eau ordinaire suspendue, d’autre part dans une goutte d’une solution de saccharose à 3 0/0. Au bout de deux heures, en l’absence de lumière et sous une température de 18-19° C., il s’était déjà développé des tubes polliniques, qui, après deux nouvelles heures, s’étaient considérablement allongés. Dans la solution sucrée, on constatait, la présence d’un plus grand nombre de grains de pollen en germination que dans l’eau ordinaire, et un allongement plus grand des tubes polliniques. Il est évident que la germination des grains de pollen doit être liée à un transport d’aliments; car, pendant le développement des tubes polliniques, le protoplasme et les matières de réserve se rendent des grains de pollen dans les tubes. Il résulte vraisemblablement du fait que la production de tubes polliniques s’effectue mieux dans la solution sucrée que dans l’eau, que le sucre pris à l’extérieur par les grains de pollen en germination peut-être employé par ceux-ci comme substance alimentaire.