L’accumulation des matériaux
Il est fort remarquable que certains groupements histologiques du corps de la plante servent de voies de transport ou de dépôts pour certaines substances. Nous ne sommes pas actuellement en état d’expliquer d’une façon détaillée les causes de ce phénomène; ce n’est possible que d’une façon générale, et j’ai déjà traité les questions qui s’y rapportent dans mon Lehrbuch der Pflanzenphysiologie.
S’il se produit, par exemple, une accumulation d’amidon dans les tissus des dépôts de matières de réserve, c’est que certaines causes obligent les matières non azotées qui sont conduites dans ces cellules à se déposer sous forme de grains d’amidon. Des causes semblables doivent intervenir aussi lors de la production transitoire d’amidon dans les cellules qui appartiennent aux voies de transport des hydrates de
carbone. L’accumulation d’amidon ne peut s’effectuer que dans les cellules où se trouvent des amvlogènes en activité, et, quand cette condition est réalisée, le précipité se produit si un nouvel afflux d’hydrate de carbone en dissolution n’est pas empêché. Les expériences qui vont suivre nous permettront de nous représenter la manière dont s’effectue l’accumulation des matériaux.
Nous remplissons un vase cylindrique d’une dissolution de sulfate de cuivre, et nous y plongeons un vase poreux, comme on en emploie dans les éléments galvaniques. Puis nous versons de l’eau pure dans le vase poreux, et nous introduisons une lame de zinc dans l’eau. La solution de sulfate de cuivre pénètre dans le vase poreux, se répand dans l’eau, et enfin se décompose lorsqu’elle vient en contact avec le zinc. Il se forme un sulfate de zinc soluble, et le zinc se recouvre d’une croûte de cuivre métallique et d’oxyde cuivrique, dont l’épaisseur va en croissant. L’accumulation de cuivre dans le vase poreux sera donc facile à constater.
On peut démontrer, de la façon que nous allons indiquer, que les substances en dissolution peuvent être attirées et enlevées à leurs dissolvants par des corps susceptibles d’être imbibés.
Nous versons dans l’eau quelques gouttes d’une solution alcoolique d’iode, de manière que Peau prenne une couleur jaunâtre, et nous y portons de l’amidon de froment. Ce dernier, s’emparant de l’iode, se colore en bleu, tandis que le liquide est bientôt décoloré. Nous plaçons ensuite 6 ou 8 filtres de papier superposés dans un entonnoir de verre, et nous versons sur le filtre une solution aqueuse étendue de violet de méthylaniline. Le papier retient toute la matière colorante, et il s’écoule du filtre un liquide clair comme de l’eau.
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