‹ Manuel technique et pratique d'anthropométrie crânio-céphalique (méthode, instrumentation)Chapitre 17 sur 66 · SÉRIES · texte numérisé non relu

SÉRIES

TRRMES s K n I AI n 1! s.

NOMBRE

ns C» ANES Pnm ntwii lit

le terme sériiiire.

PIIOPORTIOS (lu

terme sérinipo |mi' rapport nu

noin!)re total des spt^rinii'ns de !a série.

1 (magyare)

Weissbach : 215 crânes

masculins normaux. . .

104 aliénés du sexe mas-

culin, fusion de la sérielTO. 1 — 72

Zuckerkandl (88 spéci-

mens) et de la série

Gall (16 spécimens). . .

176 enminels du sexe mas-

culin, fusion de la col-

lection Benedikt (13-76

spécimens) et de celle

de Bonn (163 spécim).

AMPLITUDE DE VAlilATlO.N.

EXCURSION iNrÉnicunB.

EXCUHSION sni'Éiiii'.uiiE.

TOTAI-,

ARTICLE III. — Hauteur du crâne maxima ; diamètre maximum du vertex.

La dernière des trois mesures linéaires les plus importantes est, sans con- I tredit, la plus grande hauteur ou le plus grand diamètre empirique qui mesure ' la hauteur. Nous l'appellerons H.

Quelques points de repère empruntés à l'anatomie topographique ne seront pas ICI de trop. Comment doit-on se représenter les expressions courantes (le face supérieure, face antérieure, face postérieure, plan latéral droit, plan ateral gauche? C'est l'expression de face inférieure qui fait à l'esprit l'image la plus claire; elle s'étend sur le crâne de l'homme, tout le long du plan médian autéro-postérieur, depuis le point où les deux incisives moyennes se ttouchent par leurs bords médians jusqu'à la protubérance occipitale externe, 'OU plutôt jusqu'au point le plus inférieur du renflement de cette protubéirance en arc de cercle, point souvent marqué par une saillie osseuse poinîlue sur laquelle vient s'insérer un faisceau musculaire de renforcement. La partie supérieure du plan médian antéro-postérieur, ou face supérieure

BK.NBOiKT-KEnAVAr,. — Authropomôtrie. 2

*8 MANUEL D'ANTimOPOMÉTllIE CHANIO-CÉPHALIQUE.

du crànc, commence au niveau de l'incurvation du IVontal, au point où cet os se recourbe sur lui-même pour gagner le pariétal, c est-à-dire au niveau de Tintersection des deux segments IVontal et pari(;lal du frontal; elle va jusqu'à la partie postérieure de la suture sagittale, d'ordinaire beaucoup plus simple que la partie antérieure de la même suture; elle s'étend en un mot jusqifa l'endroit où d'iiabitude on trouve deux trous nourriciers symétriquement ])lacés de chaque côté de la suture, jusqu'à l'endroit par conséquent désignepar les Français sous le nom d'obélion.

De rol)élion, au point sus-spécifié de la protubérance occipitale externe, toujours le long du plan médian antéro-postérieur, nous sommes dans la région de la face postérieure du crâne, la face antérieure s'étendant de l intersection des deux plans fronto-pariétaiix du frontal décrite plus haut jusqu'au milieu des deux incisives moyennes. La face externe part du territoire de la face supérieure et descend le long de la paroi latérale du crâne ; elle se prolonge, surtout en arrière, plus loin que la face supérieure puisqu'elle rejoint le plan médian antéro-postérieur, la lace supérieure s'arrètant sur ce plan au niveau de l'extrémité postérieure de la suture sagittale. Eh bien ! La plus grande hauteur empirique sera indiquée par la ligne la

plus grande qui joindra le

P point médian antérieur du

trou occipital {basio7ï) b au point le plus éloigné du bord supérieur du plan médian antéro-postérieur.

Il est vrai que, dans les crânes humains, ce point de la base n'est pas le plus bas, le point médian postérieur du trou occipital [basion postérieur) B étant toujours au-dessous de lui, et que beaucoup de spécimens de crânes montrent sur Tos occipital une saillie médiane ou latérale encore plus inférieure ; sur ce thème des saillies osseuses et de leur situation plus ou moins élevée nous pourrions discuter longuement.

Les auteurs ont en tout cas été admirablement servis par leur instinct en choisissant le basion antérieur b et non le basion postérieur B pour point de repère de leur mensuration. En effet, en suivant leur manière de faire, on voit ce diamètre maximum de la hauteur aboutir suprà au voisinage de l'extrémité terminale antérieure de la suture sagittale; or c'est ce point que Ton a la coutume d'appeler le bregma : |â.

Dans les races qui appartiennent à l'Europe moyenne, tous les rayons que l'on trace en partant du basion antérieur {b) pour rejoindre la partie postérieure au bregma dépassent rarement de plus de 3 millimètres la grandeur du rayon b ?. (V. lig. 4). Comme une verticale naturelle passant par le point et perpendiculaire à n'importe quel plan de projection horizonlal à peu près naturel aboutit sur le bord médian supérieur, en un point qui rase juste le bregma, et le plus souvent un peu en arrière de lui, il est incontestable que la ligne b ^ représente, sur un crâne normal, à une erreur de quelques millimètres près, la plus grande hauteur réelle. Où les anthropologistes se sont trompés c'est lorsqu'ils ont voulu prendre cette mesure comme pivot d'un système de projection déterminé.

Fis. 4.

Il OU est aulreintMit pour les crânes daniinaux et les crânes Immains i)atliolo'nqiies. Dans le crâne dit oxi/céphale, les rayons qui partis du point /j vont rejoindre le point frontal le plus élevé /', et successivement une série de points échelonnés d'avant en arrière, augmentent très promptement de lono-ueur, mais leur maximum est atteint par la droite (j v; les longueurs diminuent'très rapidement à leur tour dans la série des auti'es rayons plus postérieurs. La dilVérence entre b f et b v peut comporter plusieurs centimètres (V. lig. -i)- Néanmoins la ligne b v ne représente la hauteur maxima que dans les cas rares où le hasard veut que cette droite coïncide avec l'axe vertical naturel du crâne. Sinon la droite b v est plus grande que la droite qui mesure la hauteur maxima normale, et la dilï'érence entre le diamètre normal et ce diamètre pathologique ne peut être mesurée qu'à l'aide d'un système de projection précis.

Sans doute dans la plupart des crânes pathologiques (oxycéphales) les différences de longueur entre les rayons qui partis du point b vont joindre le point frontal médian le plus élevé ^ et ceux qui partis du point b gagnent le point d'élévation maxima v (c'est-à-dire la quantité b v — b f) sont admirablement propres à servir de mesure à l'oxycéplialie ; seulement cette mesure n'est pas tldèle parce que la nature a souvent rejeté en arrière dans ces crânes le point 6, de telle sorte que tous les rayons tracés depuis b f jusqu'à b V peuvent présenter les mêmes différences que sur le crâne nor- " mal. On voit donc que les hauteurs maxima réelles des crânes oxycéphales I ne peuvent, elles aussi, être mesurées avec la précision scientifique rigou- I reuse que par l'intermédiaire d'un bon système de projection seul apte à I déceler les caractères des rayons par rapport à la verticale naturelle.

On voit aisément en même temps combien sont arbitraires toutes les men- . surations de la hauteur à partir de ô, quand on manque d'un système de projection et d'un appareil de mensuration exacts.

Anticipant sur la démonstration que nous ferons plus tard des principes strictement mathématiques qui ont présidé à la construction du crâne, nous prétendrons dès maintenant que la plus grande hauteur empirique du crâne bv sert . aussi de til conducteur précieux à qui veut pénétrer la configuration crânienne ■ et que les atypies de cette mesure empirique ont également leur importance.

Nous exposerons ultérieurement la méthode de réelle détermination de la plus grande hauteur ou hauteur maxima.

Qu'en disent les observateurs, abstraction faite des opinions et des procé- • dés de technique pratique individuels ? Aeby, et nous partageons sa manière > de voir, a fait ressortir que la plus grande hauteur du crâne ne peut constituer une mesure distinctive en ethnographie comparée. Toute race selon lui témoigne des mêmes différences, on trouve les mêmes différences en toute race, dans les crânes longs et courts, dans les crânes larges et étroits. C'est la raison pour laquelle nous n'attribuons pas d'importance, de signification particulière à l'indice transverso-longitudinal. Passons aux séries*.

La série de Weissbach relative aux 213 crânes du sexe masculin permet de relever, pour ce diamètre, le cbiffre moyen de 13%o. La moyenne maxima appartient aux Ruthènes (13,9) — la moyenne minima est celle des Slowaques(13,l); les Allemands ont pour moyenne générale 13,3. L'amplitude de variation comporte 27,4 p. 100 (14,8 + 12,6).

Les 88 crânes d'aliénés mâles de la série de Zuckerkandl décèlent toujours

' Le développement de l'analyse qui va suivre des séries complète la démonstration de nos notes et de nos tableaux antérieurs relatifs aux explications et aux résultats des meusuration?. La lecture et la comparaison attentive de ces deux genres d'enseignement ne laissent aucun doute surles procédés de maniement de la série et des séries, non plus que sur les déftnitioHS qui ei ^ iront en jeu.

MANUEL D'ANTnROPOMÉTRlE CRANIO-CÉPIIALIQUE.

un minimum et un maximum consi(k'ral)les, mais dans les conditions suivantes. Ainsi, chez les individus normaux de Weissbacli, on trouve seulemeutl \). 100 des sujets ayant pour diamètres maxima de hauteur des chinVes inférieurs à 12,1 ; tandis que dans la série des aliénés de Zuckerkandl ces cliillVes se présenteront 9 fois sur 100. En revanche les chillVes supérieurs à 14,1 se rencontrent dan^ 14 p. 100 des spécimens de Weissbach; on ne les rencontre que sur un peu plus de 4 p. lOU des malades de Zuckerkandl. Par conséquent les aliénés sont le terrain surtout des crânes bas, moins des ci'ànes élevés.

Chez les criminels, comparés aux gens normaux, les chiffres inférieurs à 12,1 qui ne se présentent à peine que chez 1 p. 100 des seconds, se rencontrent presque chez 25 p. 100 des premiers. Le chiffre le plus élevé de la dimension du diamètre qui nous occupe (terme sériaire le plus élevé) se voit à peu près chez 14 p. 100 des individus normaux de Weissbach, tandis qu'il sobserve à peine chez 2 p. 100 des criminels ici envisagés. Il en faut conclure que lo crânes bas prédisposent à l'aliénation mentale et au crime, et que, dans le séries de crânes anormaux, il se présente de plus grands maxima et des minima plus accusés que dans les séries normales, même quand on étudie la hauteur crânienne. La petitesse anormale des diamètres de hauteur maximum est par conséquent un symptôme d'une importance très notable pour la dégénérescence et la tare héréditaire névropathique.

Le diamètre maximum de hauteur est moindre en moyenne d"un centimètre chez la femme. Le crâne du nouveau-né du sexe masculin a, d'après Welcker, pour moyenne, en ce qui concerne ce diamètre, le chiffre de 8%1. Le crâne a déjà atteint le premier tiers de son accroissement à cet égard, quand Fenfant est à son neuvième mois ; il a gagné le second tiers à Tàge de six ans Le crâne du nouveau-né du sexe féminin a une hauteur égale à celle du cràii' du nouveau-né du sexe masculin; il semble au début qull croisse plus promptement sous ce rapport que le crâne de ce dernier, sans finalement atteindre la même hauteur que lui.

Tableau du diamètre de la hauteur maxima.

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