‹ Manuel technique et pratique d'anthropométrie crânio-céphalique (méthode, instrumentation)Chapitre 22 sur 66 · SPÉCIMENS · texte numérisé non relu

SPÉCIMENS

COTÉ nx.

ANGLE nbx.

RAYON no.

Roumain

Italien

Tschèque

Polonais

Polonais

Italien

Tschèque

Polonais

Roumain

Polonais

Italien

Ruthène

Tschèque

lo.

Donc, pour 16 termes sériaires de crânes à nez court ordonnés par les rapports réciproques de l'angle nbx, du côté nx, du rayon »îo, on voit l'angle nbx avoir pour moyenne 31°, 62. Si nous laissons de côté deux crânes à nez excessivement court {xn moindre que 5 centim.), cette moyenne devient 31°,96. L'angle nbx affecte donc, en général, avec le nez une harmonie qui se traduit par cette proposition : il croît avec la longueur du nez. C'est dans le lermen°H que l'angle est le plus grand, tandis que le rayon no y est le plus

polit. Il faut en rapprocher le terme n" 10, dans lequel l'angle est l'avant-doi-nier en graïuleur et le rayon no l'avant-dernier comme petitesse.

Plus l'on fouille ce tableau, plus l'on s'aperçoit que les deux mesures nx et 110 nous domiont une troisième mesure dont l'exactitude est sensiblement égale, n'est guère inférieure, à celle que nous donne la mensuration directe, (pioiqu'il n'y ait qu'une des deux premières [nx) qui se trouve en un rapport géométrique direct avec la troisième. Seulement, ce rapport de nx et no avec la grandeur de l'angle nbxse trouve bridé non par les conditions de la géométrie générale, mais par les rapports de construction de l'objet (du crâne).

Ceci nous amène à consigner des considérations générales qui concernent la différence entre vu triangle géométrique et un triangle crâniométrique.

1° Dans le triangle géométrique, les côtés peuvent varier de zéro à l'inlini. Dans le triangle crâniométrique, chaque côté possède une limite supérieure et une limite inférieure déterminées, les maxima et les minima ne dépassant pas souvent 1/G de la valeur moyenne {première laide consn-uction du triangle crâniométrique).

2° Dans le triangle géométrique, tout angle peut osciller entre zéro et 180°, tout angle a pour moyenne 90». Dans le triangle crâniométrique, tout angle oscille autour d'une grandeur déterminée, l'amplitude de variation y étant limitée suivant des conditions semblables à celles qui appartiennent aux mesures linéaires {deuxième loi de construction du triangle crâniométrique). Ainsi, quand pour exprimer la moyenne d'une série de triangles géométriques nous disons que la moyenne d'un des angles est de 35", cela signifie que son amplitude de variation va de zéro à 70°; or, en ce qui concerne notre angle nbx, l'amplitude de variation ne va que de 28°, 5 à 41°.

3° Dans un triangle géométrique, dont on donne l'un des côtés pour base, chacun des deux autres côtés peut varier de zéro à l'inflni. Il n'y a, à cette possibilité, d'autre limite que cette condition : la somme des deux autres côtés ne saurait devenir moindre que la base. Dans un triangle crâniométrique dont on donne la base, intervient la première loi de construction, d'après laquelle les deux autres côtés ont une amplitude de variation déterminée, et, de plus (telle est la troisième loi de construction du triangle crâniométrique)., pour un côté (la base) ayant une grandeur déterminée ou étant astreint à une amplitude de variation déterminée, l'amplitude de variation des deux autres côtés est aussi absolument limitée.

Cela, nous le discuterons plus tard. Qu'on partage, par exemple, la collection ou série des longueurs nasales en trois termes ou chaînons, échelons sériaires, le terme des minima allant de 4°, 8 à 5°, 3, le terme des longueurs de 5%4 à o°,9, le terme comprenant les longueurs allant de 6 centimètres au maximum. Immédiatement, dans chacun de ces trois termes, la série des côtés bx ou bn se trouvera modifiée pour chacun des termes en question; cette série ne donnera plus les nombres que les deux droites présentaient dans la série des longueurs nasales indivise. Ainsi, dans le troisième terme de la série nx, on obtiendra, pour les séries de bx et de bn, une plus forte moyenne, de plus faibles minima et une proportion centésimale de la variation (amplitude) moindre aussi bien en ce qui concerne l'excursion supérieure qu'en ce qui regarde l'excursion inférieure.

4° Dans le triangle géométrique, la perpendiculaire abaissée du sommet sur la base peut varier de zéro à l'infini. Cans le triangle crâniométrique, cette variation est limitée; en maint triangle, la limite inférieure peut être zéro quand, prenant la mesure d'un point à deux autres, on rencontre ce point sur la ligne de jonction des deux derniers {quatrième loi de construction du triangle crâniométrique).

Nous avons, à propos du triangle crâniométrique, montré non pas seulement les limites absolues de l'amplitude de variation pour chacun des

MANUEL D'ANTllIlOPOMÉTRIE CaANlO-CÉPIlALIQL'E.

éléments, mais encore la rétraction relative que subit chacun des éléments dès qu'un autre élément correspondant se trouve bridé (angle ou côté); on ne saurait nier que cette contraction n'y soit incomparablement plus grande que dans le triangle géométrique absolu.

Cette rétraction peut aussi s'y produire de par la limitation de l'ampliludr de variation d'autres éléments sis en dehors du triangle. Il n'est, par exemple, pas besoin de démontrer que, dans un crâne long, la droite bn sera généralement plus grande que courte, En d'autres mots, pour une série de crânes dans lesquels la plus grande longueur représentée par la droite no dépasse la moyenne, l'amplitude de variation du côté bn se trouvera limitée dans son excursion inférieure. Cette réflexion s'applique, mutatis mutandis, aux mesures de largeur et de hauteur, et, comme la plupart des mesures que nous prenons sont au moins à deux dimensions, il en résulte que beaucoup d'entre elles dépendent des dimensions de longueur et de hauteur.

La construction de détail du crâne dépendant de l'ensemble de la structure de cet organe, toute ligne comprend une somme de lignes qui restreignent, rétrécissent, contractent l'ampUtude de variation de la première; nous devons donc nous exercer et arriver à déterminer à peu près ou exactement, à l'aide d'une somme de grandeurs connues, d'autres grandeurs inconnues.

C'est là, en réalité, le plus grand avantage de toutes les méthodes de mensuration.

ARTICLE VII. — Diamètres transverses divers.

Il est indispensable de connaître ces mesures. En effet, prises empiriquement sur des crânes symétriques, elles sont des plus fidèles, parce qu'on les prend en se conformant au système de projection naturel. Procédons d'avant en arrière.

Diamètre transverse minimum de la région frontale. On le prend en arrière de l'apophyse orbitaire de l'os malaire, au niveau du segment le plus antérieur de la fosse temporale. Cette droite, d'après une série de 212 hommes de Weissbach, fournit une moyenne de 9=,6 à La femme présente une différence en moins de 4/10, L'amplitude de variation comporte 19,6 p. 100 (9.3-}- 10,3) (V. fig. 5, fq).

Diamètre transverse frontal maximum de Weissbach. Il unit les deux points qui, de chaque côté, occupent le lieu de jonction de la suture coronaire et des ailes du sphénoïde (V. VA, fig. 3). Sur une série de 216 hommes, Weissbach a trouvé que, suivant les nations, la moyenne oscillait entre 11%2 et 11%6; moyenne générale 11,3. La différence pour la femme est de 1/10 en moins. L'amphtude de variation comporte 28,2 p. 100 (13,2 -|-lo).

Diamètre transverse frontal maximum. Dans bien des cas supérieur à celui que nous venons de préciser, il se prend plus au-dessus de lui. ^'ous lui avons trouvé, pour 43 crânes de races autrichiennes, une moyenne de 12%3. Le chiere le plus fort appartenait aux Roumains (13,2). Les Slaves du Sud, les Tschèques et les Allemands étaient manifestement au-dessous de la moyenne. Amplitude de variation, 24,3 (11,3 4-13 p. 100) (V. F.Q, fig. 5\

Après le diamètre frontal Iransverse maximum, nous attachons la plus grande importance à la droite qui, de chaque côté, joint le point où l'apophyse zygomatique du temporal se dédouble en ses deux racines, l'une formant la paroi postérieure de l'articulation temporo-maxillaire, l'autre constituant la paroi osseuse antérieure du conduit auditif externe (V. J. fig. 3) : nous l'appellerons diamètre zi/goinatico-radiculaire. La moyenne de ce diamètre sur nos 70 crânes de races autrichiennes comporte 12%4; auy Slaves du Sud, la plus forte moyenne(l2,8 à 12,6); aux Polonais, la moindre (12,19). La moyenne des Allemands est de 12,4. Amplitude de variation, 24,2 p. 100 (12,1-f 12,1). Cette mesure diffère donc peu du plus grand diamètre frontal.

Le diamèire bi-auricidaive est pris par Weissbacli au niveau de l'angle i'oi-mé par la suture temporo-mastoïdienne. Moyenne, cest celle des Allemands : 13,3. Il est de -i/l^ moindre chez la femme. C'est, en réalité, un peu plus en avluit qu'il faut aller chercher le diamètre bi-auriculaire maximum, sur un tubercule occupant l'extrémité inféro-postérieure de l'écaillé du temporal, au niveau de la formation des racines de l'apophyse zygomatique.

Le diamètre bi-auricnluire le plus important que nous avons aussi utilisé comme axe transverse de mensuration trigonométrique de la tête (V. plus loin ch. V) est celui qui joint les deux fossettes sises sur le bord supéro-postérieur de Toritlce osseux du conduit auditif externe. Ce bord est limité en arrière et en haut par le tubercule que nous venons de nommer; en avant, par un petit rameau de l apopliyse zygomatique qui représente une espèce de racine mastoïdienne de cette apophyse CV. 0 0,fig. 3). Sur 50 crânes deraces autrichiennes (10 Allemands et 8x3 autres nationalités), ce diamètre présentait une moyenne d'ensemble de 12,12. La moyenne minima appartenait aux Ruthènes et aux Slowènes (12,31 : 12,33) ; la moyenne maxima, aux Polonais et aux Roumains (11,72: 11,97). Celle des Allemands était de 12,09. Amplitude de variation 23,G p. 100 (12,4 + 13,2).

Diamètre intcrpariétal. Nous en avons déjà parlé à l'article IL Quoique pris entre deux tubérosités, il apporte un certain degré de certitude, parce que, justement, il représente la plus grande mesure transverse qui joigne les deux points des tubérosités pariétales les plus éloignés du plan médian antéropostérieur. De plus, le chitîre de ce grand diamètre comparé aux dimensions du diamètre transverse maximum constitue l'expression vraie des contours latéraux du crâne. Si la dilférence entre ces deux mesures est minime, c'est que la courbure de la paroi crânienne en dehors se fait graduellement, sans secousses ni excès ; si cette différence est grande, c'est que la paroi latérale du crâne se gonfle, pour ainsi dire, brutalement et rigoureusemeiit en descendant. Le crâne allemand a précisément pour caractère une petite différence entre les deux diamètres. Pour une série de 218 hommes, Weissbach a trouvé que la moyenne du diamètre hi-pariétal oscillait entre 12,8 (Roumains) et 13,6 (Slaves du Nord). Moyenne générale, 13,2. Les Allemands, les Magyares, les Italiens, les Roumains, les Slowaques demeurent au-dessous de la moyenne. Chez la femme, la différence en moins est de 2/10. AmpUtude de variation, 24,2 p. 100 (12,1+12,1).

Diamètre transverse de la base entre les points les plus bas des deux apophyses mastoïdes, bimasioïdien. Série de 214 hommes. Moyenne entre 10,4 et 10,3. Différence en moins chez la femme : sept dixièmes. Amplitude de variation, 9,5 + 14,2 = 23,7 p. 100.

Diamètre occipital transverse., joignant de chaque côté l'angle formé par la suture lambdoïde et la suture mastoïdienne. Série de Weissbach (216 hommes). Moyennes des races autrichiennes entre 10,7 et 11,3; chilTre moyen, 11,1 à 11,2. Moindre chez la femme de cinq dixièmes. Amplitude de variation, 27,7 p. 100.

Diamètre ti'ansverse malaire maximum. Fourni par la droite qui joint d'un côté à l'autre les deux points les plus élevés du renflement de l'os malaire (V. JoQ, fig. 3), il a d'après 'Weissbach (216 hommes) une moyenne de 13%2, et une amplitude de variation de 24,2 p. 100. Différence en moins chez la femme : neuf dixièmes.

Diamètre transverse facial supérieur . Pris entre les bords les plus externes des sutures formées par le frontal et l'os malaire, il a pour moyenne, d'après Weissbach (216 hommes), 10%5. Il mesure cinq dixièmes de moins chez la femme et présente une amphtude de variation de 19 p. 100 (7,0+ 11,4).

Diamètre bimaxillaire maximum. On l'établit en réunissant par une ligne l'extrémité inférieure de chacun des points de jonction de l'os malaire et de l'apo-

38 MANUEL D'ANTRIIOPOMÉTRIE CRANIO-CÉPIIALIQUE.

pliyse malaire du maxillaire supërieiii' (V. WaQ, lig. 5). Moyenne, d'après Weissbacli (série de i212 hommes), entre 9,2 et 9,3. Moindre de six dixièmes chez lu femme. Amplitude de variation : 27,9 p. 400 (10,1 -}- 11,8).

Diamètre bimaxillaire minimum. On le prend k l'endroit où le corps du maxillaire supérieur l'orme le renflement dentaire {waq, lig. 5). Il mesure, d'ajjrès notre série de 62 crânes de races autrichiennes, 6%07 en moyeinie; le chilTre minimum 5", 8 appartient aux ïschèques, le chillVe maximum 0,2i aux Ruthènes et aux Magyares. La moyenne des Allemands est de 0,08. Amplitude de variation : 28,6 p. 100 (18 -1- ^^^G). Comparé au diamètre bimaxillaire maximum, il fournit la caractéristique de la face osseuse. Rien de saisissant comme ces pièces témoignant d'un diamètre bimaxillaire maximum marqué contrastant avec un diamètre bimaxillaire minimum très peu accentué.

Diamèlre transverse palatin maximum. Moyenne de 210 hommes (Weissbach), 3,8 à 3,9. Moindre chez la femme de deux dixièmes. Amplitude, 41 p. 100 (17,9-1- 23,1).

Diamètre Iransverse de la racine du nez. Il passe à travers l'extrémité supé-

Fig. 5.

rieure de la suture formée par l'os unguis et l'apophyse montante du maxillaire supérieur de chaque côté. Sa moyenne est de 2,i à 2,2 (215 h. de Weissbach). Son amplitude de variation comporte 59 p. 100 (27,2 -f- 31,8). jLgal chez la femme et chez l'homme.

Diamètre transverse maximum du trou occipital. Moyenne, 3 centimètres; moindre de un dixième chez la femme. Amplitude de variation : 43,3 p. 100 (13,3 + 30). Série de 215 hommes de Weissbach.

Diamètre Iransvei^se maximum de l'orbite. Séi'ie de 216 hommes. ^loyenne, 3,9. Amplitude de variation 35,9 p. 100 (23,1 + 28,8). Egal chez la femme et chez l'homme.

hauteur de V orbite^. Série de 214 hommes. Moyenne, 3,2 à 3.3. Amplitude de variation, 36,2 p. 100 (18,1 -|- 18,1). Un dixième de diminution chez la femme, d'après Weissbach, tandis que Rroca dit que ce diamètre vertical est chez la femme un peu plus petit.

L'indice orbitaire, ou rapport de la hauteur à la largeur de l'orbite ramenées à 100, chifl're, chez les hommes de races autrichiennes, 84. Cet indice très caractéristique a des moyennes qui vont de 77 à 95,4. Dans les races blanches

» Nous avons ici affaire à un diamètre non plus transverse par rnppori au crAnc, mais vertical. Nous le plarons à cet endroit pour en terminer avec les principales mesures considérées dans les conditions actuelles de la crAniométrie élémentaire.

MENSUiUTIONS LINÉAIRES OU IIECÏILIGNES. 39

on trouve 79 à 90 ; dans les races jaunes, 88,2 à 93,4; clans les races noires, :79,3 à 83, i. Il est des individus chez lesquels on constate des indices qui ..atteignent 107.

On peut en effet partager, d'après l'indice orbitaire, les races en trois - l'oupes :

1» Races à grand indice orbitaire, au-dessus de 89, mégascmes de Broca; 2" Races à indice orbitaire moyen, allant de 83 à 89, mésosèmes de Broca ; 3° Races à indice orbitaire petit, au-dessous de 83, mikrosômes de Broca.

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