‹ Manuel technique et pratique d'anthropométrie crânio-céphalique (méthode, instrumentation)Chapitre 35 sur 66 · CHAPITRE Vlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll

TECHNIQUE CÉPHALOMÉÏRIQUE

La cràniométrie telle que nous l'avons organisée, l'exposé des mensurations (Crâniennes tel que nous l'avons, qu'on nous passe l'expression, catalogué, en- !tin la trigonométrie appliquée à la détermination d'un point périphérique et 'de deux points latéraux, vont nous servir de base à l'institution didactique (d'une méthode céphalométrique, ainsi qu'à la coordination des résultats des I mensurations corrélatives .

ARTICLE PREMIER. — Céphalométrie a l'aide des circonférences.

La plus importante de ces circonférences est la circonférence horizontale HUF (ou avec les initiales françaises CH). C'est la même que celle qui, sur le crâne rmort, passe au niveau des extrémités du plus grand diamètre longitudinal ((V. plus haut pages 42 et suivantes). Broca a trouvé que cette circonférence prise :sur la tète, revêtue de ses parties molles et couverte encore de ses cheveux, test environ de 3 centimètres supérieure à celle de la tête dépouillée. Ce qui tfait, étant donné que sa moyenne est de 52 centimètres, 6 p. 100 de différence. • C'est sur ce taux que nous faisons généralement la tare des résultats donnés ipar le ruban métrique, et c'est la réduction que nous apphquons aux autres ^grandes circonférences, notamment à la circonférence longitudinale et à la cirrconférence transversale. Tout inexact que soit ce calcul, parce qu'il doit évi- (idemment varier selon les individus, l'épaisseur du panicule adipeux, du cuir '•chevelu, des cheveux, selon chacun des cercles dont on s'occupe, tout inexact iqu'il soit, nous le pouvons accepter, car, en matière de médecine légale et de ' Clinique médicale (ce sont elles surtout qui provoquent nos opérations céphal lométriques), nous n'avons à rechercher que des déviations extrêmes.

Jusqu'ici nous n'avions, à proprement parler, manié que les produits de nmensurations crâniennes. Maintenant nous nous proposerons de mesurer des l'individus vivants. La céphalométrie a sur la cràniométrie anatomique la supéiiiorité de la constatation de facteurs plus purs, de quelque genre qu'ils soient. ILes matériaux d'étude sont plus nombreux ; l'observation personnelle de l'inililividu soumis à la mensuration les anime et les complète, en permettant de riTiieux saisir la descendance ethnique et nationale ainsi que la filière généalorjique, les questions d'hérédité. La forme d'une tête nous paraît-elle atypique, miormale, morbide, nous possédons sous la main la source des renseignements relatifs à l'histoire de la vie du sujet examiné, aux tares constiLutionoelles de sa famille, en un mot de tous les commémoratifs qui nous manquent "in anthropologie nécroscopique.

Aussi nous arrive-t-il souvent, à la Policlinique de Vienne, de dépister en coûte assurance les épileptiques, les psychopathies latentes d'ordre dégéné-

ratif, qui se bornent le plus souvent à des bizai-i-eries non classées, et de démontrer eombion il est Iréquenl que tels individus porteurs de têtes à forme anormale, indemnes de toute névrose ^n-ave, soient issus de familles qui payent un lourd tribut aux alfections constitutionnelles transmissibles. Parfois l'observation céplialométrique nous a poussé, en dépit des dénégations des malades, à scruter leur passé judiciaire; et les cas à mesures céi)lialiques parlantes ont eu d ordinaire l'explication des anomalies dans un casier positif.

La cépbalométrie est le tbermomètre de la croissance du ci'àne. Il nous faudra attendre encore très longtemps que les pièces anatomiques nous aient fourni un nombre sul'tisant de cbilîres satisfaisants relativement à la période de développement de l'organisme. Ce que la crâniométrie ne peut efîectuer qu'à l aide du temps sera bientôt exécuté au moyen de la céplialométrie.

Préparons donc la manœuvre par quelques préceptes et quelques remarques. C'est l'arc de cercle nt qui, sur la tête vivante, sert de circonférence longitudinale. Nous l'inscrivons m-c n^et l'appelons arc de courbure longitudinale. Afin de se placer sur la tête en des conditions identiques à celles qui ont présidé à la mensuration crânienne, on palpe avec l'indicateur de la main gauche jusqu'à ce que l'on sente le point saillant si tranché le plus inférieur de la protubérance occipitale externe; à un demi-pouce au-dessus, on fixe le point t. Nous avons déjà fait remarquer qu'il serait plus convenable à l'avenir de s'en tenir à la saillie inférieure de la protubérance.

L'arc bizijgomatico-radiculaire, nous le prenons de chaque côté au point où l'apophyse zygomatique, se dédouble en ses deux racines, en arrière de l'articulation temporo-maxillaire. Ce point est très vivement marqué.

La limite du cuir chevelu (désignée par l'une des deux lettres h ou f) est facile à trouver, même sur une tête chauve ; on se guide sur la différence de coloration et de caractère de la peau en deçà et au delà.

Toutes ces manipulations exigent une certaine habileté et l'éducation du toucher que l'exercice seul peut donner. Elles seront cependant facilitées par la méditation de la remarque sur laquelle Broca a insisté. Les courbes du crâne humide sont plus tranchées que celles du crâne sec, parce que la dimension de l'arc augmente plus que celle de la corde qui le sous-tend. C'est pourquoi la tête présente des courbes plus marquées, plus accentuées que celles du crâne préparé; la transition d'un arc de cercle à un autre est plus tranchée. Cette particularité est d'une énorme importance au point de vue du contrôle pratique de la composition géométrique des parois crânio-céphaliques, telle que nous la révèle le catliétomètre (V, plus loin IP partie, ch. v). Elle permet de préciser au toucher le point d'intersection exact du cuir chevelu et de la peau du front, parce que, ainsi qu'on le verra plus tard, cette intersection occupe la ligne qui sépare le troisième du' quatrième arc dont se compose sur la ligne médiane le frontal (fine analyse du cathétomètre), et que cette ligne est, en vertu de la remarque de Broca, beaucoup plus accusée chez I homme que sur le cadavre. — Le phénomène constaté par Broca est en effet vrai, non pas seulement pour les grandes circonférences, pour les segments de cercle ou les secteurs étendus, mais aussi pour les arcs de cercle secondaires dont l'existence n'apparaît éclatante qu'à la suite des roueries de l'investigation \ mécanique qui feront l'objet de notre seconde partie; tel est le cas des quatre petits arcs médians du frontal dont nous avons dû prématurément faire mention. Quoi qu'il en soit, les petites bosselures formées par les dentelures sutui-ales nous sont également appréciables au toucher. On sent donc les suturcs et leurs extrémités sur la tête, incomparablement mieux que sur le crâne recouvert d'un drap. Il convient simplement de s'exercer, de se faire le toucher.

L'arc qui va de la racine du nez à l angle supérieur de l'occipital (entre les deux pariétaux) a une grande importance. On sent bien saillir la pointe

TECHNIQUE CÉPIIALOMÉTRIQIIE. Oa

1' l'ûi'cipilal visée ici. La seule ei'rciirf|iii se puisse introduire proviendrait de existence en cet eiulroit d'un os wormien volumineux. Ces os intercalaires l ésentent aussi une courbure bien plus forte sur la tète (|ue sui" le crâne, de nvlc ((ue l'e-xtrémité inlerieure de cet os wormien pourrait on imposer pour 111" le inler|)ariélal de l'occipital. Mais on possède un excellent repère dans la ilure lambdoïde; on n'a qw'ii la suivre jusi[u'à son point de rencontre avec 1 suture sagittale.

La détermination du bregma p s'impose ensuite. Suivez la sutin-e sagittale >i[u'à son extrémité antérieure, et, si votre pulpe de l'indicateur delà main dite a été bien exercée, vous ne vous tromperez pas. Du bregma on mesura les arcs «pet aS très importants en patbologie. L'arc est égal à l'arc ■i — l'arc ?J,S; ou peut le mesurer par cette soustraction.

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