DÉVELOPPEMENT SCIENTIFIQUE DE LA MORPHOLOGIE
D'après les descriptions que nous avons exposées dans le cours de cet ouvrage, le crâne est un corps géométrique construit avec toute la finesse des formes cristallographiques. Il justifie donc complètement la vieille prophétie de Newton que : la Nature ne s'occupe que de géométrie. En second lieu, et ceci n'est pas le moins surprenant, le crâne mort et réduit à l'état de pièce anatomique se gonlle et se ratatine naturellement suivant des principes aussi rigoureusement géométriques, c'est-à-dire qu'il n'y a en lui de modifié que l'allongement des rayons qui, en augmentant, font décroître la courbure des surfaces crâniennes, ainsi que Broca l avait déjà constaté. Toutes les fossettes et dépressions, toutes les arêtes du crâne apparaissent, quand on y
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re"-ar(le de près, comme le produit du mode, du mécanisme de i'adossement (le^chacune des circonterences et des calottes sphériques les unes aux auircs. Le nombre des arcs de cercle demeure sur chaque coupe le même; seules la longueur des rayons, celle des arcs de cercle et l'inclinaison mutuelle des cordes sous-tendantes, varient. C'est en faisant varier ces trois grandeurs que la Natnve établit les dillerences individuelles si riches et les modalités patliologiques non moins abondantes.
Lidée-mère de rechercher les axes de projection naturels, on doit lappli- (|uer à toute autre l'orme organique. Quand on les a fixés sur un objet quel- •onque, au point de pouvoir l'orienter et les y asseoir, l'objet est en situation il'ètre mesuré et dessiné. Et l'on peut être assuré à priori qu'en procédant ainsi on arrachera, même aux préparations durcies, les lois premières, de la structure géométrique. La construction géométrique ou le but fonctionnel (les organes nous fourniront matière à trouver l'origine des axes mutuels (le projection.
C'est en tout cas un épisode historique tout accidentel que cette démonstration expérimentale de la proposition de Newton dont nous venons de dégager la réahté objective à propos d'une forme aussi complexe que celle que représente le crâne. Les objets qui se plient le plus naturellement à cette constatation, ce sont les fruits. Pour la plupart d'entre eux la découverte des axes et des plans naturels de projection n'offre aucune espèce de difficultés. Sur la majorité de leurs spécimens apparaît presque spontanément l'axe passant par leur point d'insertion, à l'arbre par exemple. Il est non moins aisé de mener un plan méridien contenant cet axe, et d'abaisser sur lui un plan équatorial qui lui soit perpendiculaire, autrement dit, un plan contenant la plus grande circonférence du fruit et perpendiculaire à son plan méridien. D'ordinaire, il existe une nombreuse série de plans méridiens d'égales valeurs, parce que bien des fruits peuvent être fragmentés autour de leur axe en une série de secteurs qui correspond au nombre des noyaux, etc.
Tous les objets du monde organique ont été fabriqués avec la même finesse de construction cristallographique ; c'est ce que ne tarde pas à reconnaître en pénétrant au sein de ses trésors un œil exercé à l'analyse géométrique du crâne et des fruits. Tantôt la structure de l'objet rayonne autour d'un axe unique; tantôt ce sont des axes et des centres déterminés mais multiples qui constituent les pivots de courbes sphériques ou cylindriques ; tantôt enlin les axes se bifurquent pour engendrer des surfaces planes. Quel que soit le mécanisme, son genre, et son jeu, partout se lit la rigueur géométrique qui a présidé à la construction et qui se plie indubitablement à la représentation graphique.
La morphologie d'aujourd'hui se réduit à un tissu de descriptions qui ne vous représentent la forme que par à peu près. Elle amalgame un monceau de connaissances qui ne sont que partiellement le produit de méthodes rigoureusement scientifiques et d'instruments ou d'expériences exacts.
Or la morphologie ne peut devenir une science exacte que si elle réussit à déterminer les lois mathématiques des formes.
L'accroissement n'est-il pas, par exemple, un mouvement? Et la forme définitive, qu'est-ce, sinon le résultat de ce mouvement? Donc les lois de la forme donneront, par dérivé, les lois du mouvement, et des lois du mouvement se dégageront celles des forces impulsives du mouvement envisagé.
En un mot la morphologie mathématique sera bientôt suivie des lois de la mécanique vitale ou biologique [biomécanique), de même que jadis, après avoir reconnu les orbites des corps célestes, on a pu déterminer les lois de la mécanique céleste.
Ceci nous trace en même temps notre devoir. Pour assurer la marche du progrès scientifique force nous est de procéder aune réforme dans l'enseigne-
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ment. La carrière scieiiUllque étant l'équivalent de l'étude analytique de la morphologie, il n'y Itmt admettre que les jeunes gens imprégnés d'une forte éducation nialliémati(iue, ceux qui possèdent à Tond la mécanique; il ne serait même pas mauvais qu'ils se fussent révélés comme ingéjiieurs avant d'entrer dans les écoles spéciales. Cette obligation imposée aux biologistes donnera aux cliniciens de la solidité, de la variété, de l'exactitude et de la logique dans la pensée, au lieu de cette confusion qui se traduit par une somme de conclusions branlantes émanées de prémisses chancelantes. Car, nayons pas honte de le reconnaître, dans les cas où les cormaissances précises, produits du développement scientifique jusqu'à nos jours, doivent céder le pas à la manière de voir toute personnelle du clinicien, l'erreur clinique est à peu près assurée.
Nous croyons du reste qu'il est dès maintenant possible d'exposer quelques principes fondamentaux de mécanique biologique et même d'en construire quelques formules primordiales.
De môme qu'à la chute d'une pomme se rattache la création de la mécanique céleste, de même il nous parait judicieux de rattacher la mécanique biologique à un fait d'observation aussi commun et d'une logique brutale : on n'a encore jamais vu une cellule prendre dans sa croissance les dimensions d'un éléphant ou d'un palmier. Ce qui signifie que la cellule est limitée dans sa croissance. Premier principe qui domine toute la mécanique biologique et qui peut se traduire ainsi. L'attraction chimique, qui se produit dans la cellule vivante en voie de développement, présente une accélération qui diminue de la périphérie au centre de la cellule, et cette diminution est si rapide que l'attraction devient tout à fait nulle au centre de l'organite.
Une fois que la cellule a grandi, qu'elle a cessé d'être une cellule germinative, une cellule-germe, qu'elle est condamnée à la stérilité, la force d'attraction se trouve clouée sur place, tandis que les forces de répulsion, qui manifestement croissent du centre à la périphérie, prennent le dessus à la surface de l'organite. Ce n'est en effet qu'une semblable répartition des forces qui puisse conserver la cellule, et lui maintenir ses propriétés spécifiques biochimiques et physiologiques. Le combat de la cellule pour la conservation de son existence propice et de ses cai^actères spécifiques : voilà un second principe de biomécanique. Les excitations d'origine extérieure, et, en particulier l'excitation fonctionnelle, provoquent l'assujettissement des forces répulsives à se débarrasser des produits de dédoublement; les forces d'attraction se trouvant ainsi libérées, il s'effectue une attraction limitée propre à rétablir l'équilibre. Si, par suite d'excitations extérieures ou physiologiques inaccoutumées, l'attraction augmente démesurément par rapport à la normale, la cellule peut récupérer ses qualités de cellule germinative, redevenir une cellule-germe.
Dans la « cellule jeune », qui est le creuset où se forment les composés organiques élevés, les groupes chimiques, qui s'y trouvent à l'état naissant, présentent une exagération de la force d'attraction. Ici, les forces de répulsion sont employées, non pas à repousser les matériaux d'apport, mais à évacuer les excréments cellulaires, à rejeter les importuns iiiassimilables, et les matières de même espèce qui, d'après le premier principe, ne trouvent pas ou ne trouvent plus place dans la cellule. Ainsi se produisent les cellules-filles.
Le jeu des forces nous explique à première vue que ce combat entre l'attraction et la répulsion provoque une série de courants complexes entre les matières qui pénètrent et celles qui doivent être rejetées, et que les particularités multiples de ces oscillations mécaniques deviennent les pivots de mouvements qui sont la source des dittërenciations chimiques et morphologiques.
Si indéfinis que soient les échantillons d'attractions biochimiques spécifiques dont les cellules organiques sont les génératrices, si polymorphes que soient jes espèces d'attractions au sein même de chaque cellule, toute cellule doit, au
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point de vue de la mécanique biologique, être considérée comme un corps cliargé d'électricité positive ou négative d'après son état d'équilibre intérieur, mais mauvais conducteur de cette électricité, c'est-à-dire isolé du mdieu qui l'entoure; autour d'elle, en un mot, existe une enceinte plus ou moins ample d'attraction ou de répulsion électrique.
Le suc nutritif jOue, par rapport aux cellules et à leurs colonies, le rôle d'une substance cliargée d'électricité de nom conti'aire; il contient aussi une somme d'éléments jouissant d'une activité spécifique.
Nous ne doutons pas que les progrès de la mici'ométrie électrostatique ne nous fournissent un levier d'une extrême puissance qui nous viendra en aide dans l'étude de la mécanique vivante, et que cette science ne nous conduise un jour à formuler l'équivalent mécanique des forces biomécaniques.
Pour le moment, considérons l'action réciproque d'un bloc de cellules et du suc nutritif, et ses conséquences.
Le suc nutritif attiré pénètre d'un côté dans le bloc ; pour gagner la profondeur du bloc et les espèces de sentiers détournés qu'il y rencontre, il se frayera deux sortes de chemins. Il traversera les cellules mêmes qui lui barrent les premières le passage, et s'insinuera entre elles. Comme la surface des cellules qui constituent le premier obstacle au courant manifeste une répulsion qui s'exerce librement à l'égard de ceux des éléments du suc nutritif dépourvus d'attraction spécifique, il en résulte une résistance à la pénétration, qui devient l'origine d'un courant ou mouvement inier cellulaire, en même temps que le courant ou mouvement transcelluldire s'établit en un autre point.
Le suc nutritif s'infdtrera donc, pour y tracer le sillon qui finira par devenir un capillaire, entre les cellules qui opposeront la résistance relativement la plus faible, entre celles par conséquent qui seront le plus élastiques. Si l'attraction vient à cesser, l'élasticité de ces cellules formera la force répulsive.
Or, à quelque fonction qu'aient été affectées dans l'origine ces cellules, la sollicitation de leur force élastique engendre des produits de dédoublement, et provoque la transformation de leur action biochimique qui atteint un degré d'autant plus élevé que la mise en train de la force élastique est plus souvent répétée. Voilà un exemple d'adaptation par cause mécanique. Cette expression, empruntée à la théorie moderne de l'évolution, on nous permettra de la remplacer par une autre qui nous parait plus propre à servir de fanal aux investigateurs de ce nouveau monde de la biomécanique, par celle de contrainte à la fonction. La contrainte a-t-elle triomphé, nous voyons comment elle arrive à donner naissance aux éléments d'une fonction spécifique, et comment, d'après le principe de la conservation de l'existence spécifique, ces éléments maintiennent désormais stable et permanente leur spécificité forcée.
Sans doute, sur un nombre immense de cas, l'adaptation ne réussit que rarement. Mais les cas rares dans la mer de l'infini constituent à leur tour une immensité numérique, et, ce que nous avions jadis considéré comme un instinct de la nature à une appropriation opportune, se comprend aisément d'après le principe de la contrainte à la fonction, sans qu'il faille incorporer dans notre théorie d'arguments subjectifs.
Le suc nutritif attiré exerce sur les éléments doués d'une élasticité relative une double action, de par la compression qu'il détermine. D'abord, il modifie les axes suivant lesquels se traduit l'élasticité, puisque, c'est en vertu d'une nécessité mécanique expérimentalement démontrée par Hennum, de Christiania, que se produisent les cellules endothéliales cristalloïdes. En second lieu, il peut se produire des cellules contractiles, c'est-à-dire des cellules qui ont une aptitude particuUère à reculer.
Cet exemple nous fournit encore une déduction importante. L'organisme animal parachevé, qui fait l'objet ordinaire de nos observations quotidiennes,
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nous a habitués à considérer le système nerveux et le cœur comme formant la force d'impulsion motrice du courant des li(iuides nuti-itifs. Or, la véritable force impulsive, c'est Vattraclion des ce//u/es, autrement dit, la pieuvre bioc/umique des éléments cellulaires assoiffés de matériaux de réactions. Le cœur n'est qu'une machine dynanomélrique, régulatrice, et les nerfs constituent le chemin par lequel la vraie force impulsive est transmise au cœur. C'est une vérité (pie nous devons au génie de Virchow, et qui donne à sa pathologie cellulaire une importance encore plus grande comme œuvre physiologique que comme ouvrage de pathologie.
Nous n'insisterons pas plus longuement sur la genèse des éléments contractiles le long des parois créées par le courant intercellulaire du suc imtritif. Le mécanisme de la genèse de l'appareil circulatoire tout entier en découle.
Passons à présent au courant iranscellulaire du suc nutritif. D'après les lois des plus faibles résistances, le courant pénétrera d'abord celles des cellules qui manifesteront la moindre résistance à l'égard de l'admission, de l'intussusception des excédents et des substances hétérogènes. Plus les cellules sont pénétrées par le courant, plus leur constitution intime et personnelle doit souffrir; et, comme cette contrainte modilie, dans des conditions en rapport avec sa nature, la nutrition cellulaire, c'est cette modihcation dans la fonction à laquelle s'adaptera leur réceptivité ultérieure. C'est l'histoire de l'eau qui, quoique élastique, se voit contrainte à former un canal passager devant la pression d'une sphère qui s'enfonce de la surface dans la profondeur. Par une réciproque d'une logique identique, ces cellules perdront leur caractère de cellules vésiculaires. De plus, le contenu de ces cellules lymphoïdes étant continuellement attiré par les cellules ambiantes excitées et voraces, leurs parois tiraillées prennent la forme d'araignées, forme qui peut devenir définitive, rester à demeure.
Ce spectacle de la formation de prolongements sur une cellule sphéroïdale se passe journellement sous nos yeux quand la gourmandise des tissus, exagérée par la maladie, convoitant des morceaux de roi dans la personne des leucocytes, les arrête dans le torrent circulatoire et les force à traverser en rampant les parois vasculaires.
Comment nous représenterons-nous mécaniquement les causes des mouvements des éléments cellulaires? Nous avons déjà décrit plusieurs mobiles. Exemple : la force d'impulsion du courant du suc nutritif, y compris naturellement les corps qu'il contient en suspension. — Et cette autre force qui préside à l'arrêt du mouvement hydraulique vecteur des leucocytes, pour les contraindre à émigrer du courant sanguin ! — La répulsion intracellulaire est le motif de la séparation des cellules-tilles d'avec la cellule-mère. L'identité de composition des cellules entraîne une égalité de tension, et devient par conséquent l'origine de la répulsion, pour peu qu'elles aient devant elles une voie ouverte au mouvement près de s'engendrer. Inversement, l'impulsion à l'équilibre de la tension entre cellule et suc nutritif peut devenir une cause de mouvement, pourvu que le mouvement vers le suc nutritif présente moins d'obstacles que l'aflïux de celui-ci : cet élément de mouvement existera surtout quand il s'agit de cellules germinatives cherchant un terrain nutritif approprié. Tant qu'elles seront plongées dans un miheu à tension égale à la leur, elles seront repoussée^ jusqu'à ce qu'elles arrivent au voisinage d'un terrain à tension franchement opposée.
La genèse du système nerveux s'explique d'après le principe de la contrainte à la fonction et des circonstances ou conditions favorables fortuites. Les éléments cellulaires sont de mauvais conducteurs d'électricité; les tensions leur restent donc intimement appliquées. Que par hasard ils rencontrent des cellules ou des fragments, des particules de cellules qui conduisent mieux l'électricité, la tension sautera sur ces organites ou morceaux d'organites. Il
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¥ig. 25. — CATiiiîTOAiÈTfiE cRANiojiÉTHiQUE oi'ïiQUE luonté, tlu pi'ofesseur Bcucdikt
(dessin d'après une photographie).
On voit dans cette figure :
1» La plaque de base G, ;i niveau rectifiable au moyen des vis de position à toupies "1° Le châssis d'orientation ou cadre des lonçjitudes et des latitudes \\a.
3° Le crâniofixaleur, soutenant un crâne en situation primaire (assujetti par le trou occipital). On voit tracés sur la paroi crânienne le plan médian antéro-postérieur parallèle aux côtés longitudinaux du cadre — et le plan visuel de Broca. Le crdnio-éniqruplie y inscrit un plan parallèle nu pla)i visuel.
■4o La panlof/raphe, dont la pointe suit les contours du plan médian antéropostérieur, et, par conséquent, dont le crayon les dessine sur la planche à dessin Z. On a négligé volontairement d appliquer le papier sur celle-ci afin que la transparence de la lame de verre révélât les détails de I appareil.
h" La lunette tclescopic/uc montée et en train de contrôler le parallélisme du plan médian antéropostérieur par rapport aux côtés longitudinaux du cadre et au plan de la planche dessin.
BEXF.oiKT-KKnAVAi.. — Authropométric. iO
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est probable que les accumulateurs celbilaires se sont engendrés les premiers.
Tous les organismes vivants peuvent posséder de simples tractus, de simples ganglions propres à la transmission d'une excitation, sans qu'ils se développent à l'état de système nerveux. Il est à priori certain que ces éléments simples ne jouissent pas de l'organisation des nerfs i)arraits. Si la contrainte à la l'onction crée, par transformation et perfectionnement de la structure, r(' lément nerveux, inversement la disparition de la fonction en entraine la dégénérescence.
Tout hypothétiques que puissent paraître ces idées de mécanique biologique, la série des inductions qui nous les a en quelque sorte imposées, el (|ui se trouve d'accord avec le raisonnement par déduction, nous parait témoigner en faveur de leur exactitude, quelque apparence de conséquences forcées qu'elles revêtent parfois. Les développer outre mesure serait tomber dans un travers qui jurerait avec le titre même de notre livre.
APPENDICE
Les meilleures descriptions ne valent pas un bon exemple. Tel es trobjet de cette annexe à notre seconde partie. Tout récemment nous avons autopsié un meurtrier de profession, l'assassin Schimak. Nous en avons analysé le cerveau et le crâne. Quoique nous ayons publié ailleurs ' les résultats de notre étude, nous croyons indispensable de résumer en quelque» lignes les éléments qui nous paraissent capitaux.
C'est l'épure descriptive de la planche I, sur laquelle doit se concentrer l'attention du chercheur. La figure i de cette planche représente le diagramme de la coupe médiane antéro-postéi'ieure. On y voit par conséquent les distances longitudinales et les altitudes des jalons anatomiques
Par le basion antérieur 6 on a mené une parallèle au plan visuel horizontal. C'est la I droite HH. Sur cette droite on a transporté toutes les distances longitudinales par projection rationnelle (voy. pages 76 etS7). En plaçant le zéro au pied de la perpendiculaire rabaissée de la racine du nez n sur l'horizontale, on obtient pour longitude du basiou (antérieur 82 millimètres. Dans ces conditions, les distances longitudinales du point n à il'occiput sont dites positives; celles qui se portent en avant du point n, par exemple à : l'extrémité du cône nasal (S), à la base de ce cône {x), au point médian inférieur du ren- ; llement alvéolaire du maxillaire supérieur m, au point médian extrême antérieur de l'aricade sourcilière r, constituent, par convention, des valeurs négatives (voy. page 96 et 116).
Chacun des points que nous venons de spécifier porte sur le dessin même la notation chiffrée de sa longitude; toutes les fois que, pour ne pas sacrifier la netteté de l'image, on a dû l'omettre, on l'a reportée dans l'angle de la planche, à droite et en haut.
Ce genre de constructions et d'agencements est dans l'avenir destiné à remplacer les tableaux qui ne parlent pas un langage aussi clair.
En élevant au basion antérieur b une verticale qui serve de jalon propre à mesurer la hauteur, et en plaçant le zéro à sa base, on obtient, par comparaison, les hauteurs de tous les repères anatomiques dont les perpendiculaires sont successivement abaissées ^sur l'horizontale vis-à-vis de la perpendiculaire principale qui passe par le pointé ; celle-ci mesure dans le cas qui nous occupe la hauteur basio-bregmatique li|3. Naturellement on ne trace cette verticale qu'après avoir mesuré la hauteur correspondante à l'aide de : l'appareil. Elle ne sert de directrice métrique apte à la détermination de l'altitude des :divers points que pour ceux de ces points dont la longitude coïncide avec le plan médian .antéro-postérieur passant par le point 6. Dans ces conditions, les perpendiculaires qui ■sont abaissées des points analomiques h,v, etc., rencontrent l'horizontale HH en des points -géométriques h', v', etc. Cette ligne de base commune aux pieds des perpendiculaires, -sert rationnellement de niveau de départ des altitudes.
On a soin de décorer chacune des droites tracées, de l'étiqueter pour ainsi dire, du :hin're des distances correspondantes. Les mensurations étant effectuées en dixièmes de :;millimètre, le transport de la longueur même sur le dessin peut évidemment entraîner quelque inexactitude; en en inscrivant la valeur à côté de la droite, on prévient toute îrreur possible.
1 Mediz. Jahrbâcfier, 1888.
2 Les chiffres inscrits sur la planche expriment des millimètres; les décimales, des fracions de millimètre.
lis MANUEL D'ANTHROPOMÉTRIE CRANIO-CÉPIIALIQUE.
Quelques indications relatives aux symboles. Tout en renvoyant à la liyure 4, nous croyons bon de rappeler les significations suivantes :
gl : glabelle.
h: limite du cuir chevelu, p : bregma.
v: point le plus élevé du crâne.
a: angle interpariétal de l'occipital.