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AVORTEMENT FOETAL

plus gros que le fœtus et il a grand’peine à passer par l’orifice qui a suffi à l’expulsion du premier.

Cette rétention placentaire peut se terminer spontanément. Autrefois on l’expliquait par l’absorption placentaire, ou par la transformation du placenta en môle ou en polype : ces explications n’ont aucune valeur.

Le placenta disparaît évacué, sans que la femme s’en aperçoive, petit à petit, morceau par morceau, dans les écoulements utéro-vaginaux; dans d’autres cas, il est expulsé d’un bloc lorsqu’elle va à la garde-robe, ou bien il passe inaperçu dans les caillots qu’elle rend.

Mais la terminaison n’est pas toujours aussi bénigne.

La rétention placentaire est une menace d’hémorragies longues, persistantes, parfois sinon foudroyantes, du moins assez souvent rapidement très graves.

En second lieu, le placenta mort puisqu’il n’est plus greffé sur l’utérus) est un terrain de culture éminemment favorable à la pullulation des bactéries septiques : la rétention placentaire expose à la septicémie puerpérale et c’est là l’origine d’un grand nombre de cas de mort succédant aux avortements criminels.

La rétention placentaire, voilà la caractéristique de V avortement fœtal.

Exception. — Lorsque le fœtus est mort et macéré, on voit quelquefois l’expulsion en bloc de tout l’œuf, fœtus et annexes.

Pronostic. — L’avortement en lui-même ne présenterait pas pour la mère de gravité particulière, s’il était ordinairement bien soigné : mais la négligence, — soit par ignorance du fait (avortement ovulaire), soit par insouciance, le peu d’importance parfois de l’acte le faisant négliger, soit enfin par suite des circonstances spéciales où il se produit — (avortement criminel dont la dissimulation empêche tout soin) - — en aggrave le pronostic.

D’une façon générale, un avôrtement est d’autant plus sérieux dans ses conséquences possibles qu’il est plus âgé; moins grave au début de la grossesse, où l’expulsion se produit en un temps, il l’est davantage à partir du troisième mois.

A. Pozzi. — Man. d’accouchem.

AVORTEMENT

Le pronostic est immédiat — consécutif — tardif.

Le pronostic immédiat est en rapport avec les hémorragies. plus abondantes dans l’avortement embryonnaire et fœtal que dans l'avortement ovulaire.

Le pronostic consécutif est sous la dépendance de la rétention placentaire et de ses deux accidents : les hémorragies et la septicémie.

Le pronostic consécutif \ arie suivant la complication de l’avortement et la façon dont il a été soigné; la plupart des métrites sont des suites d’avortement.

Diagnostic. — Le diagnostic est complexe.

1° Y a-t-il eu avortement ?

En présence d’une femme qui a des pertes et qui éprouve des douleurs abdominales et pelviennes, on doit s’assurer si la femme ne présente pas les signes de présomption ou de probabilité d’une grossesse.

Chez une femme irrégulièrement réglée, la non apparition des règles peut n’etre qu’un retard ou une simple intermittence; le fait est plus extraordinaire, mais peut s’observer chez une femme très bien réglée.

Dans la dysménorrhée, lorsque, ce qui est assez fréquent, il y a rétrécissement du col, ou même parfois sans cela, le sang s’évacue lentement, par suintement, et il n’est pas rare d’observer dans le sang qui s’écoule de petits caillots dont l’expulsion provoque des douleurs; on y trouve aussi des débris de membrane, des peaux, comme disent les femmes.

Mais l’on peut enfin être appelé à faire le diagnostic avant l’écoulement de sang ou avant l’expulsion de quoi que ce soit. Une femme, à la suite d’un coup, d’une émotion, ou, sans raison appréciable, est prise de faiblesse,

tombe en syncope il peut s’agir d’un avortement, mais

aussi d’une hématocèle péri-utérine.

Rendu attentif sur la confusion possible, le médecin cherchera les signes de présomption d’une grossesse; on pratiquera le toucher et on pourra trouver le corps du délit dans le vagin ou à l’orifice du col entr’ouvert.

S’il s’agit d’une hématocèle, le col est intact et les culs-

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