‹ Manuel théoretique et pratique d'accouchementsChapitre 101 sur 256 · TRAITEMENT DE L’AVORTEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L’AVORTEMENT

de-sac pleins, bombant sous le doigt, lourdement dépressibles.

2° La grossesse est certaine et l’avortement est commencé.

Il faut se poser deux questions :

L’avortement est-il inévitable ?

L’avortement est-il évitable ?

A. L’avortement est inévitable dans les trois cas suivants :

a) Perte de sang abondante et persistante , pouvant durer de quinze à vingt jours. Dans ce cas, il y a décollement placentaire et mort inévitable du fœtus.

b) Rupture de l'œuf .

c) Mort du fœtus.

Il est évitable lorsqu’on se trouve en présence des conditions inverses, hémorragie peu abondante — intégrité de l’œuf (dont on sent les membranes) — vie du fœtus. Dans ces cas, les contractions peuvent cesser, le travail s’interrompre, la grossesse reprendre : il y a rétrocession du travail.

Conduite à tenir. — Avant /’ avortement.

Il faut toujours se conduire comme si l’avortement était évitable, et essayer de le prévenir ou de l’arrêter. Il n’y a qu’une exception à cette règle générale de conduite, c’est lorsque l’on a nettement constaté la mort du fœtus; il est alors, au contraire, indiqué de favoriser l’expulsion.

On peut prévenir un avortement possible ou arrêter un avortement menaçant.

On préviendra l’avortement en tâchant de supprimer la cause ordinaire d’avortement.

Dans le cas de syphilis, on traitera le père, la mère ou les deux suivant les cas; on combattra les intoxications saturnines, nicotiques, etc. On imposera à la femme une hygiène sévère, surtout lorsqu’elle a un utérus particulièrement susceptible ; on la condamnera au repos étendu, particulièrement pendant les premiers mois ou dans les cas d’avortements habituels, jusqu’à ce qu’elle ait dépassé le moment critique. On supprimera toutes causes de congestion utérine et on veillera tout spécialement à la constipation.

AVORTEMENT

On tâchera arrêter un avortement menaçant en imposant le repos la tête basse ; on agira sur les contractions utérines par les lavements avec XX gouttes de laudanum, deux ou trois dans la journée, ou par des injections de morphine.

L'avortcmcnt est fatal. — U y a lieu de distinguer.

Dans Y avortement ovulaire , on attendra. On condamnera la femme au repos, et, après lavages, on placera dans le vagin un tampon antiseptique. Injections antiseptiques chaudes.

Jamais de seigle ergoté.

Dans le cas d 'avortement embryonnaire ou fœtal , tout est dans l’expulsion du placenta.

Si le fœtus sort avec le placenta : c’est bien.

Sinon, la conduite est la suivante : après avoir attendu une demi-heure en frictionnant l’utérus, aller à la recherche du placenta. C’est la conduite à suivre immédiatement si l’on arrive quelque temps après l’avortement. Puis faire dans l’utérus une injection antiseptique chaude, suivant les règles ordinaires.

Si la recherche du placenta avec les doigts ou la main (le col ne se dilatant pas assez) est impossible, pratiquer une injection intra-utérine en poussant la canule le plus loin possible. Cette injection est difficile et doit être prudente ; en effet, la canule est arrêtée par la masse placentaire, qu’il faut contourner. Pour agir sûrement, faire mettre la femme en position obstétricale, placer un spéculum et fixer l’utérus par une pince sur le col.

Si rien ne vient, on placera une tige de laminaire dans le col, et on répétera les injections, en ayant soin, après chaque séance infructueuse, de replacer une tige.

Au bout de deux jours, le placenta n’ayantpas été expulsé, la conduite d’élection — même shl n’y a pas d’accident — c’est le curettage avec une curette mousse. A défaut de cette intervention, continuer les injections intra-utérines (seules permises aux sages-femmes).

S’il survient une hémorragie ou de la septicémie, le

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