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ATTAQUES ÉCLAMPTIQUES

La fréquence de cette complication, difficile à fixer, paraît être environ de 1 sur 200 accouchements.

On l’observe surtout : l°à la fin de la grossesse (vers huit mois) ; 2° pendant le travail, et dans ce cas surtout, dans la période de dilatation ; 3° dans les suites de couches, quelques heures en général mais parfois aussi quelques jours après l’accouchement.

Symptômes. — Le début est très rarement foudroyant quand on a su observer sa malade; outre les signes positifs d’albuminurie la femme a présenté des vertiges, des troubles de la vue, mais surtout la douleur épigastrique particulière aux toxémies, de la dyspnée, dyspnée non pas d’ordre respiratoire à proprement parler, mais dyspnée d’intoxication. Elle est inquiète, agitée, ou bien, au contraire, elle a des tendances à somnoler.

L’attaque d’éclampsie comporte trois périodes appelées :

1° Période d’invasion; 2° Période de convulsions toniques ; 3° Période de convulsions cloniques.

1° Les accès débutent par les muscles de la face. Le regard s’immobilise, les yeux semblent agrandis, puis survient une série de battements rapides des paupières; le globe oculaire se couvulse dans l’orbite et se porte en haut ne laissant voir que le blanc de la sclérotique ce qui donne au visage un aspect impressionnant. Les ailes du nez ouvrent et ferment vivement les narines, les lèvres se pincent et souvent un des coins de la bouche est tiré en dehors et en haut. Des mouvements fibrillaires agitent la langue.

La tête est projetée à droite, à gauche ; enfin, elle s’arrête, pivote vers la gauche et reste fixée de trois quarts.

Tous ces mouvements, simultanés ou successifs, se passent en moins de temps qu’il n’en faut pour les décrire et au bout d’une demi-minute ou d’une minute la période dite d’invasion a évolué.

2° La tête se renverse alors brusquement en arrière, le tronc se cambre, les membres se raidissent par extension, la respiration s’arrête, la face devient livide, violacée, la

ÉCLAMPSIE

langue pointe entre les arcades dentaires fortement rapprochées qui la meurtrissent, et une salive sanguinolente s’écoule au dehors.

Puis tout se calme : cette scène a duré quinze secondes; mais ce n’est pas fini, le troisième acte commence.

3° Tous les muscles de la face se mettent à danser ; les globes oculaires roulent en tous sens, la langue pend, longue, au dehors ; en même temps, la figure devient rouge, violette, turgescente, énorme, bouffie comme celle d’un cadavre de noyé, macéré dans l’eau (Charpentier). Les' membres exécutent des contorsions en tous sens ; rarement le corps entier de la femme se déplace en un mouvement convulsif total.

La respiration est irrégulière, scandée par le va-et-vient des mucosités déplacées par les mouvements inspiratoires et expiratoires. La température s’élève à 40, 41 degrés; cela dure de trois à cinq minutes.

La femme peut alors se réveiller, mais dans un état de demi-inconscience qui se dissipe progressivement; elle ne se rappelle rien. D’autres fois aux accès cloniques succède un sommeil comateux qui peut durer jusqu’à la mort, interrompu seulement par des accès; dans d’autres cas, après quelques heures de cet état, elle revient petit à petit à elle-même.

Ces accès sont d’intensité variée ; s’ils sont très rarement isolés, leur répétition est plus ou moins espacée; on peut voir deux, trois accès; on en a observé une centaine chez une femme. L’intervalle des accès présente l’un ou l’autre des tableaux de fin de crise décrits plus haut. Parfois les accès se répètent sans intervalles.

Marche et pronostic. — La gravité de l’éclampsie albuminurique est d’une façon générale en rapport avec la fréquence des accès; quand ils sont subintrants le pronostic est toujours fatal.

La mort est due dans la grande majorité des cas à une asphyxie toxique; parfois on peut incriminer un œdème aigu du poumon, une hémorrhagie cérébrale. Quand la crise

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