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STÉRILISATION DU LAIT

On le stérilise par la chaleur, en se rappelant que la plupart des bacilles pathogènes sont tués par une température de 100 degrés.

En effet.

Le bacille du choléra ne résiste pas à

une température de 58 degrés.

Le bacille typhique 60 —

Le ■pneumocoque de Friedlander ... 60 —

Le bacille de la tuberculose 59 à 60 degrés.

Le staphylocoque pyogène 70 degrés.

Quelques auteurs donnent des chiffres un peu plus élevés : aucuns n’atteignent 80 degrés.

Il faut enfin savoir que la durée de réchauffement a une grande valeur, et que l’action de la chaleur dépend non seulement de l’élévation de la température, mais encore de la durée de son application.

Donc, pratiquement, il suffit de porter le lait à 100 degrés et de le maintenir à cette température, pendant trente minutes, pour obtenir sa stérilisation. On donne plus particulièrement à ce procédé le nom de 'pasteurisation .

On stérilise le lait industriellement et on le livre aingi à la consommation. Ce lait ordinairement est bon; mais s’il a été porté à une température trop élevée, il a un goût désagréable. Enfin il est renfermé dans des récipients qu’il faut ouvrir pour verser le lait dans le biberon, et il y a là une cause de contamination.

Pour Marfan, la stérilisation au bain-marie est d’autant plus sûre que le lait vient d’être plus fraîchement tiré du pis de l’animal. Plus tard, le lait renferme non seulement les microbes pathogènes — qu’on peut détruire par une température de 100 degrés — mais encore leurs produits de sécrétion, leurs toxines , qui ont besoin, pour être annihilés, d’être soumis à une température bien supérieure. Aussi, pour cet auteur, lorsqu’on est loin de la source de production du lait, la stérilisation industrielle est-elle celle qui offre le plus de sécurité (1).

(1) De l'allaitement artificiel , par Marfan, 1896.

ÉVOLUTION DU NOUVEAU-NÉ

Il est incontestable que la fraîcheur du lait est une des conditions de bonne stérilisation ; mais pratiquement , rien

Fig. 128. — Appareil de Soxhlet-

Marmite avec ses flacons. Egouttoir. Tétines. Verre gradué pour verser dans les flacons la quantité voulue de lait.

ne vaut pour l’allaitement des nouveau-nés le lait stérilisé par les procédés domestiques.

Les systèmes sont nombreux, les différences ne sont pas

grandes : il y a le système de Soxhlet, de Budin, de Gentile, etc.

Ils se composent tous d’une marmite avec son couvercle, dans laquelle on introduit un support à bouteilles muni d’une tige à anse pour faciliter son enlèvement. Les bouteilles, de forme un peu variable, ne diffèrent pas essentiellement : les unes sont graduées les autres ne le sont pas. L’ingéniosité des inventeurs s’est

Fig. 129 - Appareil Budm. portée sur le mode d’obtu-

Flacons gradués, avec leurs capsules, sur v le support. Gaiactophore (adapté à l’un ration, et encore tous ces

des flacons). . obturateurs automatiques

reposent- ils sur le même principe : l’application hermé-

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tique de l’obturateur en caoutchouc par la pression atmosphérique à la suite du vide qui se produit dans la bouteille par la condensation de la vapeur d’eau qui en remplit l’espace libre.

Dans le système de Soxhlet on obtient la fermeture à l’aide d’une simple rondelle de caoutchouc qui repose sur le rebord bien rodé de la bouteille ; cette rondelle est maintenue en place par une capsule en métal qui l’empêche d’être rejetée ou déplacée, par la vapeur qui s’échappe de la bouteille pendant l’opération. Gentile et Budin ont cherché à se débarrasser de cette capsule métallique.

L’obturateur Gentile a la forme d’un clou dont la pointe pénètre dans la bouteille ; la vapeur le soulève, mais ne peut le rejeter. Budin coiffe le goulot d’un capuchon en

Fig. 130. — Obturateur Soxhlet.

A gauche : ouverture d’uue bouteille munie de la rondelle obturatrice, avant stérilisation. Au milieu : capsule en métal destinée à maintenir le disque en place. A droite : rondelle enfoncée dans le goulot sous la pression atmosphérique.

Fig. 131. — Obturateur Gentile.

Isolé. — Avant stérilisation. — Après stérilisation.

caoutchouc ; sur le côté de ce capuchon est ménagée une petite ouverture par où s’échappe la vapeur. Ces obturateurs peuvent être fixés, pour plus de sûreté dans les transports, par une armature métallique.

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Les instruments de succion varient aussi ; Budin a inventé un galactophore spécial, Soxhlet se sert d’une simple tétine ; d’autres fabricants font des tétines avec une petite soupape en caoutchouc. Nous donnons la préférence à ces dernières quand elles sont bien faites.

Il faut aussi veiller à la qualité du caoutchouc dont sont

fabriquées ces tétines.

On doit rejeter tout caoutchouc contenant des oxydes métalliques dangereux. Un moyen simple et pratique de reconnaître les tétines fabriquées avec un caoutchouc inofîensif est le suivant : les bonnes tétines jetées dans l’eau flottent; les autres, de tissu plus lourd, tombent au fond. Les tétines sans oxyde présentent la trace nette d’une soudure, et à la coupe, le caoutchouc offre une surface brune brillante, tandis que les autres offrent une coupe mate., grisâtre, sur laquelle on voit un pieté blanchâtre. Les tétines, en bon caoutchouc, sont plus

souples, plus extensibles, que celles qui sont de fabrication inférieure et nocive.

Manuel opératoire.

Les bouteilles bien nettoyées, et en nombre au moins égal à celui des tétées, sont remplies de la quantité de lait nécessaire à un repas; sur le goulot on place l’obturateur et on les range dans le support qu’on introduit tout chargé dans la marmite ; celle-ci est remplie d’eau froide de telle façon que lorsque le support plein y est introduit, l’eau monte aux deux tiers de la hauteur des bouteilles. Le couvercle est placé sur la marmite et le tout mis sur le feu. Quand l’eau du bain-marie est en pleine ébullition, on ne

Fig;. 133. — Armature métallique destinée à maintenir l'obturateur.

Armature métallique appliquée.

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