JI. — ACCOUCHEMENT DE L’ARRIÈRE-FAIX. — DÉLIVRANCE
L’accouchement du fœtus terminé, reste encore l’accouchement de l’arrière-faix.
Conduite à tenir. — L’accoucheur, à la droite de la femme, la main gauche placée sur le fond de l’utérus, dont elle apprécie ainsi la hauteur et l’état de dureté, excitera par des frictions légères, la contractilité utérine, tandis que, tenant le pouls de la main droite, il surveillera sa régularité, sa vigueur, ses défaillances; il devra enfin examiner le faciès de sa patiente, l’interroger sur son état général, épier tous les signes d’une hémorragie, et à la moindre alerte procéder à l’examen des voies génitales. Il ne faut pas oublier qu’il peut s’écouler un peu de sang, sans qu’il y ait là une perte nécessitant une intervention. L’aspect général et les sensations de la malade sont un précieux élément d’appréciation.
Placé ainsi en faction, si rien d’anormal ne survient, l’accoucheur attendra une demi-heure.
Au bout de ce temps, après avoir pris toutes les précautions antiseptiques prescrites, il pratiquera le toucher prenant le cordon comme fil conducteur.
Deux cas peuvent se présenter:
On ne rencontre rien.
On rencontre le placenta.
On ne rencontre rien. — Dans ce cas, on retire le doigt en se gardant bien d’exercer aucune traction sur le cordon, et on donne une injection. Cette injection chaude (40°, 45°) devra être faite avec une canule en lance et avec un jet assez fort. Elle remplit ainsi un double but : elle nettoie le vagin et excite la contractilité utérine. Ceci fait, on remet un tampon et on prend patience ; mais, entre temps, on stimule plus fortement l’utérus en l’empoignant à pleine main et en le malaxant, par pressions lentes et douces sans brusquerie et sans violence; il ne faut pas que cette manœuvre soit douloureuse.