CHAPITRE PREMIER
DES AFFECTIONS CHIRURGICALES
Opérations. — Peut-on opérer une femme enceinte. Pour les anciens auteurs, l’état de grossesse était un cas absolu de nolime tangere , c’était un état éminemment favorable à provoquer l’apparition de phénomènes infectieux. Actuellement on est moins rigoureux et l’on sait que les plaies guérissent fort bien pendant la grossesse ; peut-être pourtant dans les plaies osseuses le cal se forme-t-il un peu plus lentement.
C’est cependant, à moins d’urgence naturellement, une indication de retard de l’intervention, surtout pendant les
A. Pozzi. — Man. d’accouchem.
DES AFFECTIONS CHIRURGICALES
quatre premiers mois ; une opération est une cause d’excitation des contractions utérines pouvant amener l’expulsion prématurée du produit de la conception; cela dépend aussi de la gravité du traumatisme.
Il faut du reste bien distinguer les affections de la zone génitale et celles qui sont au dehors. Les premières ont une influence beaucoup plus marquée sur l’utérus; de plus, les opérations pratiquées dans la zone génitale, par suite de l’état congestif gravidique, donnent plus de sang et prédisposent aux hémorragies.
Tumeurs. — Les tumeurs, et principalement les tumeurs vasculaires, peuvent subir pendant la grossesse un accroissement considérable. Ce phénomène est particulièrement remarquable dans le goitre où il porte, en général, surtout sur un des lobes.
Cette augmentation de volume peut être une cause d’intervention d’urgence pendant la grossesse.
Le développement d’un kyste de l’ovaire gênant la grossesse et menaçant raccouchement force à le ponctionner ou à l’extirper par la laparotomie.
Les tumeurs qui ont subi le travail d’accroissement des organes génitaux suivent aussi souvent leur mouvement de régression; certaines tumeurs utérines, plus que d’autres, obéissent à ce double mouvement. Le mouvement de régression peut être incomplet, mais il peut aussi dépasser le point de départ, la tumeur subit un certain degré d’atrophie et peut même disparaître (observation de fibrome résorbé de S. Pozzi).
Ce phénomène ne s’observe guère que dans les tumeurs bénignes; les néoplasies malignes, au contraire, reçoivent ordinairement du fait de la grossesse une impulsion qui ne s’arrête pas.