MALADIES INFECTIEUSES A ÉVOLUTION SUBAIGUE OU CHRONIQUE
Paludisme.
Les accès de fièvre intermittente sont assez rares pendant la grossesse.
Par contre l’accouchement est une cause déterminante active des manifestations fébriles de l’infection palustre. Duboué (de Pau) a cité le cas d’une femme qui n’avait d’accès paludéens qu’après ses couches.
Le pronostic des suites de couches ne semble pas aggravé par l’apparition d’accès intermittents. Il faut être bien
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averti de la possibilité de leur éclosion seulement pendant les suites de couches, pour ne pas les confondre avec les phénomènes fébriles d'une infection puerpérale.
Le pronostic pour l'enfant est grave ; pendant la grossesse l’avortement est la règle, et l’enfant qui vient au monde vivant est toujours chétif. On n’a pas encore vu d'accès pernicieux chez le nouveau-né
Traitement. — Pendant la grossesse — sans se préoccuper de l’enfant — on donnera du sulfate de quinine.
Pendant les suites de couches la question est plus discutable. La décision de choix à prendre consiste à faire nourrir l’enfant par une autre nourrice que la mère, les médicaments passant, on le sait, dans le lait maternel.
Cependant pour Bureau (1) la crainte de l'intoxication de l’enfant par le sulfate de quinine est exagérée. Si on veut essayer l'administration de ce médicament, il faut le faire suivant la méthode de Burdel : petites doses, 10 à 15 centigrammes, administrées au moment des repas, et trois heures après, on vide les seins.
Syphilis.
Le "pronostic foetal, le plus important, dépend de conditions multiples.
Trois cas peuvent se présenter :
Le père seul est syphilitique;
La mère seule est syphilitique;
Les deux sont contaminés.
A. Père seul. — L’influence possible du père seul, sans contagion de la mère, a été niée par des syphiliographes autorisés, Cullerier, Langlebert : elle existe mais est beaucoup moins certaine que l’influence maternelle; aussi le professeur Fournier a-t-il pu écrire : <( Etant donnés d’une part un mari syphilitique , et d’autre part une femme saine , il y a toutes chances pour que l’ enfant issu de ce couple naisse exempt de syphilis (2) ».
(1) Bevue de médecine et de chirurgie , 1880.
(2) On a en effet reproché aux cas attribués à l’influence pater-
DES AFFECTIONS CHIRURGICALES
On ne doit se reposer sur cette phrase qu'en l’expliquant et en considérant l’étal de la syphilis paternelle.
L’influence paternelle, lorsque la syphilis est en voie d’évolution d’accidents contagieux, est très active , mais non fatale (obs. Diday) (1).
L 'ancienneté de l'accident: la forme de la syphilis, et surtout le traitement et le traitement récent sont des facteurs de première importance : « Le traitement spécifique suivi par le père seul , en temps voulu , met sûrement sa descendance à l'abri de toute contamination (2) ».
Un fait extrêmement important, en rapport avec l’hérédité paternelle c’est celui qui est connu sous le nom de loi de Colles : « Toute mère indemne de syphilis , qui donne le jour à un enfant atteint de syphilis , est « réfractaire à l'inoculation et ne peut être contagionnée par son nourrisson. »
Fournier et Besnier n’ont jamais vu d’exception à cette loi.
B. Mère senie. — Lorsque la mère seule est syphilitique, l’hérédité est la règle, mais elle dépend encore, dans une certaine mesure, de conditions spéciales.
La syphilis maternelle peut dater : a) D’avant la conception; b) D’après la conception.
Avant la conception. — L’enfant court les plus grands risques d’être contaminé, risques variant cependant avec l’âge de la syphilis et son traitement.
Après la conception. — Une femme contaminée au cours de sa grossesse a d’autant plus de chances d’avoir un enfant sain que l’infection se fait à une époque plus avancée de la gestation.
nelle seule d’être des observations de syphilis maternelle méconnue : mais on ne peut mettre en suspicion les faits d’observateurs comme Ricord, Fournier, Lancereaux, Diday.
(1) Peut-être dans ces cas faut-il joindre l’influence maternelle par contagion qui n’existe pas plus tard, la syphilis n’étant contagieuse que dans ses accidents primaires et secondaires, et la contagion conceptionnelle étant loin d’être démontrée.
(2) Riocreux. Syphilis. Influence paternelle. Thèse , Paris, 1888.