TRAVAIL
Une même série de phénomènes généraux prépare ou détermine l’expulsion de ces différentes parties; on leur donne le nom de travail. Nous les étudierons d’abord,
puis nous passerons à l’étude du mécanisme particulier de l’expulsion foetale en premier lieu, de l’expulsion des annexes ensuite.
Le travail comprend les modifications des organes génitaux qui^accompagnent l’expulsion de l’œuf désignées sous le nom de phénomènes physiologiques du travail.
Phénomènes physiologiques du travail. — Contractions utérines et douleurs. — Contractions abdominales. — Contractions vaginales.
A . Les contractions utérines sont douloureuses — intermittentes, — involontaires.
1° La douleur est le caractère qui frappe le plus, à tel point que le mot douleur est devenu, dans le langage vulgaire et courant, synonyme de contraction; on dit d’une femme qu’elle a de bonnes douleurs, qu’elle n’a pas de douleurs.
C’est là une impropriété de langage, car douleur et contraction ne sont pas choses absolument équivalentes. La contraction est une condition nécessaire de toute expulsion naturelle du produit de la conception ; la douleur ne l'est pas. Les douleurs en effet peuvent être atténuées ou même manquer tout à fait. Tarnier cite le cas d’une femme qui accoucha sans s’en douter, en dormant, et ce furent les cris de l’enfant qui révélèrent le fait. Tl est, par contre, des femmes qui ont des douleurs hors de proportion avec les contractions et la progression du travail (tempérament nerveux, étroitesse des voies génitales, etc.). Auvard rapporte le cas d’une femme qui, à la Maternité de Paris, s’est suicidée en se jetant par la fenêtre pour se soustraire aux douleurs.
La durée des douleurs n’égale pas la durée de la contraction. Si, pendant le travail, on laisse la main quelque temps sur l’utérus, on sent ce dernier se durcir avant que la femme commence à se plaindre et l’on sent encore l’utérus contracté après la cessation des douleurs. La douleur commence après et finit avant la contraction. Le rapport de la douleur à la contraction a été bien étudié par Polaillon; pour 113 secondes que dure la contraction, la douleur