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DOULEURS

n’existe que pendant 60 secondes; elle apparaît 32 secondes après le début de la contraction et disparaît 28 secondes avant sa cessation (1).

Les douleurs de l’accouchement accompagnant la contraction utérine sont la résultante d’éléments divers. Ce qui fait le fonds des douleurs, c’est la contraction douloureuse de l’utérus qui leur donne un cachet général bien à elles; mais, suivant les moments de l’accouchement, d’autres éléments s’y ajoutent qui le modifient.

Ces douleurs présentent, au début surtout, un caractère spasmodique spécial qui leur a valu le nom de coliques utérines. Les coliques, ou tranchées utérines , indiquent la présence dans l’utérus d’un contenu dont la matrice cherche à se débarrasser en se contractant (2).

Mais à la douleur déterminée par la seule contraction spasmodique de l’utérus, s’ajoute la douleur provoquée par la distension et les éraillures du conduit génital, les compressions sur les nerfs voisins par le passage de la partie fœtale, les tiraillements sur ces mêmes nerfs par les contractions de la matrice et par la tendance de cette dernière à se laisser entraîner au dehors par le fœtus qui presse sur son ouverture en la poussant plus ou moins devant lui.

Toutes ces causes de sensations douloureuses soulignent la douleur spasmodique générale. Il en résulte que les douleurs utérines variables dans leur intensité , suivant les accouchements, varient encore dans leur forme et dans leur expression , suivant les périodes du travail. On peut suivre les phases de l’accouchement d’après les caractères successifs des douleurs — mouches — douleurs préparantes — expullrices — concassantes.

Au début du travail, les douleurs sont peu intenses; elles sont plutôt irritantes et agaçantes comme des piqûres de mouches , d’où leur nom. Les femmes qui vont et vien-

(1) Archives de Physiologie , 1880. — Pour le reste de la Physiologie de la contraction utérine, nous renvoyons à Y élude de l'utérus , in Éléments d' Anatomie.

(2) C’est le mécanisme de toutes les coliques : coliques intestinales, hépatiques, néphrétiques.

nent, s’arrêtent, s’appuient sur le dossier d’une chaise ou d’un fauteuil, sur le rebord d’un meuble, leur visage exprime la souffrance ; cela dure un instant, puis elles reprennent leur attitude première.

Mais ensuite surviennent de véritables cris plaintifs ; la femme gémit, se lamente. Ce sont les douleurs préparantes qui accompagnent la dilatation de l’orifice utérin : tes voies se préparent.

Les douleurs expultrices sont plus vives encore ; ce sont alors des cris aigus, s’interrompant, pendant que la femme fait un effort avec ses muscles abdominaux, pour reprendre ensuite, et se terminer par une expiration prolongée.

Les crises douloureuses sont plus longues pour les douleurs expultrices que pour les précédentes ; tandis que les mouches disparaissent au bout d’une demi-minute environ, les préparantes durent une minute et les expultrices près d’une minute et demie.

Enfin surviennent quelques cris courts se succédant à bref intervalle, déchirants au moment de la sortie de la partie foetale : ce sont les douleurs concassantes.

Les douleurs, au début du travail, siègent sur les parties latérales de l’utérus, puis elles s’irradient en ceinture, et les femmes, pour s’y soustraire, prennent des postures variées, relèvent les cuisses et le bassin, de façon que le fœtus appuie moins sur l’orifice. Dans d’autres cas, les malades ressentent de terribles douleurs dans les reins ; c’est ce qu’on appelle « accoucher par les reins ». Les douleurs de l’expulsion sont assez souvent accompagnées de crampes excessivement douloureuses.

2° Non seulement les contractions sont douloureuses, mais elles sont intermittentes. Les douleurs initiales ou mouches se répètent environ toutes les vingt minutes, puis le travail s’accélère, les douleurs préparantes reviennent toutes les dix minutes, les expultrices toutes les cinq minutes (1); quant aux dernières, leur succession est presque ininterrompue.

(1) Naturellement, comme les chiffres rapportés plus haut, ce sont des moyennes, et il y a d’assez nombreuses variations individuelles.

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