‹ Manuel théorique et pratique d'accouchementsChapitre 101 sur 182 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

sinon absolument ferme, au moins très probable. Le sondage intra-utérin qui semblerait devoir trancher définitivement la difficulté est en réalité un moyen diagnostic infidèle : s'il y a grossesse extra-utérine, on trouvera une augmentation de la cavité, tout comme dans le cas de grossesse vraie, car à cette période il est difficile, à moins de faire un cathétérisme illusoire, d'être arrêté à temps par les membranes; ajoutez que les risques du cathétérisme sont graves.

A ce moment — quatre ou cinq premiers mois — le diagnostic différentiel se fait soit avec l'hématocèle rétroutérine, soit avec une rétro-version.

Plus tard on a les signes de certitude d'une grossesse. Alors la question se pose ainsi : la grossesse est-elle utérine ou ectopique? Le diagnostic approximatifs possible d'après Vensemble des constatations est très difficile à établir d'une façon précise* on peut alors pratiquer le toucher digital intra-utérin de Tarnier, qui malheureusement s'il renseigne lorsqu'il permet de sentir le contenu utérin ne permet pas d'éliminer la grossesse extra-utérine lorsqu'il ne donne rien.

Lorsque le fœtus est mort, Ton a pour faire le diagnostic les commémoratifs , les constatations directes, parfois quelques signes plus particuliers comme le ballottement de la tumeur extra-utérine, la crépitation des os du crâne (Pinard, un cas).

Pronostic. — La grossesse extra-utérine laissée à ellemême est toujours fatale pour l'entant ; quant à la mère, le pronostic très grave, n'est pas strictement aussi régulièrement mortel ; mais cliniquement, pratiquement, le pronostic maternel doit être toujours considéré comme régulièrement fatoL que Tenfant soit mort ou vivant : c'est dire qu'il ne faut jamais compter sur les événements; mais en présence d'une grossesse extra-utérine agir et cela dès sa constatation, car il est impossible de faire le diagnostic du siège précis de la grossesse ; or, la grossesse tubaire ipeui tuer subitement de très bonne heure.

Condoiie ft tenir. — En présence d'une grossesse extra-

3M , GROSSESSE EXTRi-lTCRlNE

ulërine il n'y a qu'une seule et unique conduite h tenir :

pratiquer la laparotomie.

A quelle époque?

Si on fait le diagnostic au début, on enlèTOFa au pl^s tôt le kyste fœtal comme une tumeur.

A partir du cinquième mois on peut songer à l'eRfanl, et temporiser jusqu'au septième ou au huitième mois, mais prêt à intervenir; on sera guidé par l'état de la mère (1).

Le danger et la difficulté de l'enlèvement du kyste ont fait naître deux procédés de traitement de la poche fœtale.

Conservation du sac. — On tamponnn jusque sur le sac; on unit celui-ci aus téguments par une rangée de suture» en ayant bien sain de ne pas pénétrer dans le sac mais de cheminer dans l'épaisseur des parois : on ouvre le sac, on relire le fcetus par les pieds, puis on lave la poche à la solution saturée de naphtol et l'on bourre de gaze.

La guérison par exfoliation du placenta et granulation de la poche est longue (procédé de choix).

Abhlion du sac. — On va sur le sac et on le suture frovisoiremenl aux lèvres de la plaie. On l'incise en évitant les vaisseaux; extraction du fœtus, ligature du cordon, puis dëcortication du placenta et du sac en se rendant maître de l'hémorragie par des pinces, la compression temporaire, etc. [Voir S. Pozzi, Traité de gyuécolagie.)

Toutes les fois que survient un accident du côté du kyste, recoudra la laparotomie rapidement.

Quand le kvste est suppuré on le traite comme un abcès pelvien.

Bien d'autres procédés de guérison ont été proposés: la cure de la faim, l'injection de morphine dans le sac, l'électrisation pour tuer l'enfunl, la ponction, enfin, comma opération, l'eitraclion par le vagin ou élytrotomie.

(i) Soriétê lie chirurgie, janvier iSOS.

LÏVftfi Vlîï DES INTERVENTIONS OBSTÉTRICALES

Ce livre comprend deux sections: les manœuvres et les opérations obstétricales.

Les maniettTireii, Comtne leur nom l'indique, sont des interventions qui ne nécessitent que l'emploi de la main, elles sont permises à tous les praticiens, médecins et sagesfemmes.

Les oi^éi^atlôiift obstétricales réclamant l'usage d'instruments sont du ressort exclusif du médecin.

t^KËMIËRE SECTION

MiNCEUVRES OBSTÉTRICALES

PERMISES ADX SÂGES-FEMMES

Elles sont au nombre de deux principales:

La délivrance artificielle.

La version.

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