CHAPITRE PREMIER ACCOUCHEMENT ET AVORTEMENT PROVOOUEj
C'esl une opération qui a pour Imt Je provoquer ciellement le travail, et d'amener l'eipulsioD prématurée du contenu utérin.
Quand le fœlus est viable, il y a acconck:ment provo/jtté ou prémaluré ; s'il n'est pas viable, il y a arortemenl.
L'accouchement prémainré compte parmi les plus belles opérations obstétricales; il a sauvé souvent la mère et l'eufanl.
L'accouchement prématuré artificiel ilolede 1750 {NicoL Pamphlet).
En 175G, discussion en Angleterre.
En 1""8, Roussel en lait l'histoire.
En 1825, Vclpeau le conseille timidement.
En 1830, Slollz le recommande avec beaucoup, de leur en le décrivant avec soin.
P. Dubois, en 1S34, faitde même.
Tarnier en a magistralement donné les indicatioi précisé le manuel opératoire.
Actuellement, c'est une opération classique à laqn«II« pourtant la symphyséolomie a dans ces derniers temps Ëiit du torl.
indicailnna. — L'accoufhement prématuré se pratique da;ns le cas de bassins rétrécis, de maladies de la mère liées îi la grossesse et compromettant sa vie, — vomissements incoercibles, maladies de cœur, maladies reins, hydramnios, — lorsqu'il y a eu mort habituel
in«II« I
fœtus h une même époque et qu'on veut, arant ce terme fatal, tâcher d'avoir un enfant vivant.
Prnrédr» opérutotrew. — On a conseille un grand nombre de moyens qui ont tous pour but de provoquer les contractions utérines, nous citerons les principaux :
1" Le tantponnemettt vaginal, soit avec des tampons ordinaires, soit avec le ballon de Gariel.
2" Les douches vat/i/tales chaudes projetées sur le col. — C'est un moyen qui a son utilité, et qu'on peut employer surtout comme adjuvant. Kiwisch préconisait des douches à jet 1res violent : c'est un procédé dangereux.
3° Décoller les membranes. — Pour cela il suffit de
Fig. 1(6. ~ Ballon et »onda da Tsmier appliciuéa «nt 1d cmiJucleur.
prendre une sonde en gomme, qu'on fait pénétrer dans le canal cervical puis qu'on insinue lentement entre l'utérus et les memliranes et qu'on laisse en place. Il importe d'aller très doucement de peur de décoller le placenta et d'amener une hémorragie.
Il faut prendre les plus grands soins antiseptiques, pour l'ioslrument et pour la femme. La sonde aura séjourné dans une solution de sublimé, pendant une demi-journée, puis sera Irempéc dans une dissolution éthérée d'iodoforme, et enfin, au moment oii on s'en sernraoînte de vaseline phéniquée- On peut l'aseptiser extemporanément par l'ébollition.
Préalablement à l'opération, on aura lavé et rincé le ragin au sublimé. La sonde sera, dans le vagin, entourée de gaze antiseptique.
4' Ballons dilolateitrs de Tamier et de Champetier de Bibes. — Ce procédé agit : l''en décollant les membranes; 2° CD dilatant le col.
3H ACCOI CIIKMENT El AVonitMtîlI PBOVOQL'ES
L'insirumeot de Tarnier se compose esseDliellemenl d'une sonde en caoutchouc dont une des eïirémilés. fermée et plus mince, se gonfle sous la poussée d'uD liquide inlroduit par reitrëmilt^ libre, munie d'ua robioet. Un mandrin recourbé en permet le placement.
Cbampelier de Itibes a modifié légèrement et utilemcol l'appareil. Le ballon de Tarnier, mince, crevait assez souvent; le ballon de Champetier de Ribes est ronslitiié par un ballon de forme conique, terminé par un tube de remplissage, muni (l'un robinet: ce ballon est en tissu de soie, recouvert d'une mince couche de caoutchouc.
Le mandrin est remplacé par une longue pince k mors aplatis courbés sur le plat.
HHnnri opératoire. — Soins antiseptiques minutie la vulve et du conduit vaginal.
Lo ballon a séjourné dans une solution do sublidf moins une heure.
La pince, lavée et brossée h la solution phéniquée forte, est trempée dans une solution étbérëe et concentrée d'iodoforme.
On a à sa disposition une seringue ou bien un laveur rempli d'eau phéniquée ou simplemonl bouillie.
Le ballon est roulé en cigare et fixé dans les mors de la pince; le tout est entouré de vaseline.
La femme est en position obstétricale. On introduit la main droite dans le vagin; l'index atteint le col, y pénètre doucement en le dilatant; si possible on introduit deux doigts, qu'on fait remonter aussi haut que faire se peut,
MANUEL OI'EKATÛIUE
sans violence. Saisissant alors la sur les deux doigls, formani gouttière ; 1res doucement la pousse, le bec de la pince longeant Tutërus, craignant de percer les memiiranes, et on arrive ainsi jusqu'à 8 à iO centimèlrea audessus de l'orifice eiterne.
Un aide, alors, remplît le ballon, tandis que l'opérateur, dès qu'on pousse le liquide, ouvre les mors de la pince.
L'on gonfle le ballon, et puis, quan* celui-ci a atleinl dus dimensions sul- . usantes, variables suivant les cas, on désarticule la pince et on relire les branches, mais avec de grandes précautions, de peur d'entraîner le ballon; un aide Ferme le robinet et ligature le tube avec un Bl. Ceci fait, on bourre le vagin de gaze antiseptique.
On est assez souvent obligé d'appliquer plusieurs ballons, celui qu'on avait placé tombant lorsque la dilatation s'est faite; il faut le remplacer par un ballon plus gonHé.
L'accident à craindre, c'est la rupture des membranes; on n'en doit pas moins conlinuer à appliquer le ballon, mais on prendra des précautions aseptiques et antiseptiques encore plus minulieuses, car l'œuf est ouvert.
Lorsque le travail larde à se produire, on peut, en même temps, administrer des douches chaudes vaginales (1).
Le temps nécessaire à la provoca-
(IJ Outre ces procédés,
ACCOL'CIIEMEM FiVOlUSÉ
tioa du travail est variable; ii est ea général de quelques 1 heures. I! faut parfois un temps très long : Tingt-qu^g, quarante heures iA. Pozzij ; trois jours (Pajot) (1),