‹ Manuel théorique et pratique d'accouchementsChapitre 19 sur 182 · PRATIQUE GÉNÉRALE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE · texte numérisé non relu

PRATIQUE GÉNÉRALE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE

devront être tenus dans un état d'asepsie parfaite; ils seront savonnés et brossés puis trempés dans une solution antiseptique. Les ongles et les sertissures des ongles sont des nids à infection ; les ongles tenus courts, arrondis, seront récurés dans toutes leurs rainures avec un cureongles.

L'accoucheur devra toujours emporter avec lui ces instruments de propreté, brosse et cure-ongles lisse sans lime, qu'il n'est pas assuré de trouver chez les clients ou qu'il rencontre dans des conditions de propreté insuffisante. Il est bon d'emporter son savon. A la campagne et chez beaucoup de clients on ne trouve que du savon de ménage

Fig. 35. — Cure-ongle à surface lisse.

qui, préparé avec des suifs souvent altérés et à basse température, contient des germes septiques.

L'accoucheur aura la coquetterie de ses mains.

Cette désinfection des mains doit être renouvelée à toute occasion, chaque fois surtout qu'après un examen manuel des parties externes, on procède à un examen plus profond. Dans la journée l'accoucheur devra éviter toutes les causes d'infection et particulièrement la désinfection des mains est indispensable après satisfaction de besoins naturels. Les femmes qui ont leurs règles, ou des pertes blanches doivent être plus attentives encore à cette précaution antiseptique. C'est là que réside certainement l'origine inexpliquée d'accidents d'infectieux.

Ces recommandations banales en apparence sont souvent méconnues et cependant essentielles.

Toute sage- femme ou tout accoucheur soignant un cas d'infection puerpérale devra s^ abstenir de visiter et de soigner toute autre accouchée.

L'on ne pourra reprendre l'exercice de la profession qu'après avoir quitté tous les vêtements qu'on portait à ce moment et pris un grand bain de sublimé; s'il n'était pas

ASEPSIE ET ASTISEI'SIE E:« OBSTÉTRIQUE ^^

)S3ible de prendre un bain total de sublimé (!}, après 1 bain chaud on se lotionnerail et on se rriclionnerait le corps avec la liqueur de Van Swielen.

3° Oblet» en rapports avec rftceoncbée. — Les soins de proprelë et d'asepsie qu'on donne h raccouchëe consistent en lavage des parties exiernea el des organes génitaux internes.

Les éponges doivent être proscrites: ce sont des nids à microbes; même désinfectées elles contiennent encore dans les alvéoles profondes des germes sepliques.

Les éponges seront remplacées par la ouate lii/d'-ophile qui absorbe l'eau, et dont on brùIe les tampons utilisés. Ces tampons se font en roulant dès petits paquets de ouate de la igrosseur d'un œuf; on peut en préparer J'avance et dans I ce cas on les enloure d'une chemise de tarlatane qui LempËche leur effilochage. Lorsqu'on s'est servi du paquet ~e ouate où on a pris les tampons il faut le refermer soi- Ëgneusement et le mettre dans une bolle en fer-blanc asepftisèe.

A défaut de ouate hydrophile on peut confectionner des compresses-éponges â bon compte de la façon suivante : on prend de la tarlatane, qu'on trouve chez tous les merciers, et on en fait des compresses, à huit ou dis doubles, grandes comme un petit mouchoir d'enfant, qu'on faufile ensemble. Une fois coupées el cousues on les fait bouillir pendant une heure, ce qui les aseptise el les débarrasse de l'apprêt qu'elles possèdent. Une fois ainsi préparées on les

(1) Blchlonire do mercure J . . .„

Ctilorhydrate d'amuioniaque . . . ( ^^ -" fnmmea.

Ebu dialillée SUU grammes,

pour un bain (baignoire en bois).

Fig. 36. - TampDD de ouate hj- SrophilB ruMHVCTl ^e Wriataoo

met dans un bocal à fruits rempli d'une solution de Van Swieten. On a de la sorte une provision de compresseséponges qu'on jette dès qu'elles ont servi.

Enfin dans un cas pressé, faule de ouate ou décompresses, plutôt que d'employer des éponges, on se sert de liage bien blanc, qu'on fait bouillir puis qu'on Irempe dans une solution de sublimé,

fn}eeUoiiH, — Les lavages des organes génitaux inlemes, vagin et utérus, portent le nom â'injectiom.

Pour praliquer les injections les irrigaleurs doivent èlre proscrits; ils sont d'un entretien aseptique impossible, s'encrassenl par l'usage des solutions anlisepliques et ont un jet trop brusquemenl violent ; les injecteurs à poire ne valent pas mieux.

Le seul instrument pratique est celui où l'eau s'écoule sous l'influence de la pesanteur, et dont on modère ou augmente la force en l'élevant plus ou moins audessus de la malade. On lui donne généralement le nom de bock à injection ou d'injecteur.

Ils se composent d'un récipient TQuni d'un oriQce inférieur avec tuyau d'ajutage où s'amorce un tube en caoutcbouc terminé par une canule.

Le récipient doit être soit en verre, soit, ce qui est ^!S mieux au point de vue de la solidité, en métal èmaillè; les autres modèles en métal s'altèrent au contact des solutions.

Le reproche pratique à faire à ces instruments c'est qu'il ne sont pas très portatifs. Or il est courant, surtout en province, d'être appelé pour un accouchement et de ne trouver pour faire une injection que des instruments sales ou défectueux et le plus souvent, cela dans toutes les classes de la clientèle, rien du loul. L'accoucbeur ou la sage-femme pour ne pas être pris au dépourvu doit toujours emporter cet appareil de première nécessité.

I injectiona.

8G ASKPSIE RT ANflSEPSlE EN OBSTlîTRIQDf'^

On fait dans ce but une poche en caoutchouc supportant Ions les liquides et à toutes les températures nécessaires, qui se plie et s'emporte sans embarras; pour s'en servir, on !a suspend à un clou, une patère, un bec de gaz ou on la fait tenir par quelqu'un. C'est un instrument

d'une commodité précieuse qui doit faire partie de la trousse de tout accoucheur ou sage-femme, surtout à la campagne.

L'on construit aussi des bouteilles à écoulement commodes. Dans les cas urgents, en l'absence d'un outillage spécial, on peut faire un appareil à irrigation très simplement; il suffit de prendre un entonnoir qu'on aura aseptisé par l'eau bouillante et le Uambage et auquel on ajoute

un tube en caoutchouc ; il est facile de transformer cet entonnoir en récipient fermé et à robinet à l'aide d'une pince à étendre le linge qu'on place sur le tube en caoutchouc, et à son défaut en priant un aide de presser le tube entre les doigts.

On pourrait, à la rigueur, faire l'injection à l'aide du tube; c'est un moyen d'exception. On y ajoute une canule.

Les canules en gomme, en os, doivent être rejetées. Les seules canules qu'on emploiera sont les canules -de verre qui sont faciles à aseptiser, à nettoyer, qui s'encrassent moins, et qui, étant donné leur bon marché, se remplacent aisément; si elles redoutentleschutes,lescoups, pig. m. vide-boweiiie de Budir. elles sont cependant sûres

dans leur emploi vaginal. On doit prendre des canules de verre sufGsammenl épais. Les unes, et ce sont les plus

usuelles, se terminent par une ampoule percée de petits

8S ASEI'SIE tT AMIISEPSIE E> flBSTfiiniQCE V

Irous en pomme d'aifosoii\ d'aulres sont en lance, n'ayant qu'un orifice terminal ; le jet est plus direct, plus violent, nettoie niieui ; ce dernier modèle, à rejeter pour les soins pendant la grossesse, est préférable pour obtenir un bon nettoyage, lorsque l'accouchement est terminé. Cette canule courte terminant un long tube en caoul-

Fig. 4-2. — CbduIc I

chouc, peut servir même pour des lavages inlra-atérS immédiatement après l'accouchement lorsque la CB\ilé t béante.

Mais une canule plus longue est utile : ennuie intrautérine. On en fait en métal, en celluloïd, en caoutchouc durci. Le celluloïd a l'inconvénienl de s'enflammer avec la plus grande facilité ; le caoutchouc durci, lui, au bout d'un certain temps, perd de sa souplesse et s*altère. Parmi ces modèles nous préférons ceux de Budin et d'OUivier.

rist»!^

On a enGn construit des sondes intra-utérines en cristsl et en verre : plus fragiles, présentant un bras de levier considérable et enfoncées très profondément dans un organe résislani, elles demandent à être employées ave» précaution. Ces sondes utilisables immédiatement a]

Page 1