CHAPITRE YI
SUITE DU SÉJOUR A DRESDE. AFFAIRES GÉlXÉ^
RALES^ — COUP d'oeil SUR LA GORRESPOJCrDAirGE DU CABINET.
Des événemens sérieux sont survenus en Espagne. 1/ Angleterre, après avoir tenu ses armées stationnaires pendant près d'un an , a pensé que le moment était venu de faire d'utiles diversions en faveur de ses amis du continent, et vers la fin de mai elle a entrepris .deux, grandes expéditions; l'une angloisicïlienne S sous les ordres du général Murray, contre nos armées du midi de l'Espagne ; l'autre anglo-portugaise , sous les ordres du général Wellington, contre nos sCrmées du nord.
L'expédition de Murray a mis à la voile d'Ali-
* Pour prix du secours que les Siciliens portaient aux Anglais, ceux-ci enlevaient la reine Caroline de Sicile, et la déportaient de Palerme à Constantinople. Cette reine, archiduchesse d'Autriche, fille, sœur, femme et mère de roi, est depuis le 12 juin à la merci du Grand-Turc.
6a MANUSGmT
cante le 3o jnai , et s'est présentée le 2 juin devant Tarragone. Elle avait pour but de rallumer la guerre en Catalogne et en Aragon , et de forcer le rQa^:éc^al Suçhet d*abandonner le royaume de Valence pour accourir au secours de ses communications compromises. Mais Tarragone a résisté aux premières attaques, et bientôt des feux allumés sur les montagnes ont annoncé à cette brave garnison l'arrivée d'un double secours. Le maréchal Suchet, parti le 4 juin de Valence , a débouché le 8 de Tortose , avec un simple détachement de six naille hommes, qui a fait quinze lieues par jour ; et de l'autre côté , le général Maurice Mathieu , parti de Barcelone , a fait une marche non moins rapide. A leur approche le général anglais , déjà vaincu par tant de promptitude et d'ensemble , n'avait d'autre parti à prendre que d^ se rembarquer , et c'est ce qu'il a fait le 19 juin, abandonnant du canon, des mortiers , et une grande quantité de munitions. La tempête est venue ajouter encore à son désastre. Une partie de ses transports a été jetée sur la côte vers l'embouchure de l'Ebre , et le p4 juin le maréchal Suchet était de retour dans son quartier - général de Valence , que la flotte anglaise désemparée parvenait à peine à se rallier dans le port d'Alicante.
Weljfngton a été plus heureux.
Sorti le !i8 mai de ses cantouneoiens de Sala-
manque et de Ciuda(l*RQdrigo , il s'est avancé sur
le Douro à la tête de quarante-cinq mille Anglais
et de vingt'Cinq mille Portugais '. Aussitôt le roi
' Disposition des armées anglaises et espagnoles , en mai i8i3 , sous les ordres die Wellingtofi , commandant en chef : •
Le quartier-général de Wellington, à f reynada.
La division légère , sous les ordres du général Alton , à Quinalda.
La première division , sous le général Graham , à Yisen , les gardes à Oporto»
La deuxième , sous le général HiU , à Coria ^ elle est d'eoviron dix mille hqmipes,
La troisième , »om le général Picton , la quatrième sont le général Cole , et la cinquième sous le général Oswald ^ aux environs de Lamego.
Lé général Hay était k Ces avec sa division , et le général d'Halhousie , commandant la: septième division , était à Viutro. (Une brigade de Portugais était attachée à chaque division.) La cavalerie se composait de la brigade du général Brock à Coïmbre , de celles des généraux Posomby et Apfon , pt d« U jcinqiiièmç dp la garde , à Arcio ;
De la brfgjadc du général Alton , à Thomar ;
Des gardes du corps , à Chamusca , et des deux brigades des généraux Stade et Long , aux environs de Placencia.
' L'ai'mée est renforcée en outre par les Espagnols du général Castagnos.
Le général Gook est détaché à Cadix.
Le général Morrajr se trouve à Alicantf.
s^ph a évacué Madrid. Nos armées du Portuglaly du centre et du midi, quoique réunies, ne présentaient plus que cinquante mille baïonnettes ; elles se sont repliées sur l'armée du nord, commandée par le générai Clausel, et ensuite sur l'Èbre.
Wellington, prenant alors une marche plus décidée que de coutume, a continué de s'avancer, et dès ce moment nos revers n'ont plus eu de terme. Le 1 4 juin , l'armée française, commandée en chef par le roi Joseph, et sous lui par le ma- , réchal Jourdan, a quitté la ligne de l'Ebre; elle s'est relirée dans les montagnes de Biscaye. Mais, ne voulant pas évacuer l'Espagne sans tenter un dernier effort , elle a reçu la bataille le 2 r , sous les murs de Vittoria, et notre retraite s'est changée en déroute.
Ainsi donc l'Espagne est à peu près perdue, et la vieille France est menacée sur la frontière des Pyrénées.
C'est un contre-temps bien fâcheux dans la situation politique où Ton va se trouver à Prague. L'empereur reçoit ces nouvelles le 3o juin; M. de Metternich,. de retour en Bohème,'ne peut manquer de les apprendre de la bouche même des Anglais qui l'entourent, et. nous ne tarderons pas à reconnaître la fatale influence quelles vont avoir sur les suites de la négociation.
^ De mil HUIt CEWT TREIZE. 65
Pour proportionner de reinè^ a^ m^X \ Nap^oi*. léon jette les yeux sur Ie.i]àaré0hal du^ç ]d^.D^U. matie(Soiilt), et se détidet àil'ienYOyç^riSn JÇspagne, ne pouvant y allerjj^i^pii^nftÇ'ij^^fparé-^ chai, qui; depuis la' moft v^ii /général Durocy remplit auprès dè/À^idmp€)f^T(M^ jÇoactioiis. dft major-généràl de la^giii^de, .reiaoei^f^issitot sçj\ service au comte d&l4Qbau,(.g^az^I Moutoni)^ vend tout 5t)i!i Mtlfail , <çh«¥*ii3^i» f qwp^^g^s , fourgons, 0t court ^e Dri^^ a^pc. Pyrénées. Le I a juillet il mXÂ^k S^pdtt^.^QU iiiquveau poste ^ et Wellington cpinmf^|C|B^ lE^rendre;^ ^tactique prudente içt,ré«ç?»v^> : u. ^. tp i^ /
Les noi^vçUe^4e: l'î^^i^^lj^^fle leiiçipirje sont d une régularitié^'qui e^?ljt p^jate image de la marche dfe V^^mni^^rat^j^^^t^écixrix^ sans efforts àir^«çi^i))e^.4fîfl^;Iiussie7 aux der* niers malM9er5(j4':K^agj}ftviflÇ)ai^ appels de Is^ conscription:^ ft\jigQ«iitffJ^.és' depi^ aa. Lçs foftds , publics )(se;^p^tieîîj|)Bgt,à, 75 pour cent^ Cependant; |k.:l4§iir£^ dis. cette terre en^s^^pà^ reckce si pai^^Ja^ç^ s'élèy^t quelques vapeurs qui trahissent •uneyferment^tiçm souterraine. Des intrigues à Bordeaux: rie voyage de M. de LaRochçjaquelein en Poitou ; ses excursions à Nantes , à Clisson, à la Durbellière; le coup de pistolet tiré à Tours sur le général Philippe de Ségur par dés gardes d'honneur de l'ouest; l'affaire des
TOMI II. â'.Édil. .*
Q§ . :.\i. ! •■ KTiSfflifOSCRIT
gàï'de-'ch'as&es (jtfo»' «ssâie- d'enrégimenter du ck^âéKjètéti ét-«ta»*tes;«iïviroii8 du Mans; enfin la fe|Jfti?é du sK^rf B^^. lâiiïïiionaeiit où i\ deseéùdait'siirlà c^eiaVéé ses instructions de Londi'ës • ^ok-tiri^dé^JaveidHine malveillance qui se'j5ffiti^«** =|Silolil»y><΀9'"Svéttemen& En généfttli ïâ'^Wéftoé?<«S«noftj<«»JPj5 idétbuée;>maifi- elle
' lié 'iMt^ 'à''fefe*a''doute dèivinédês embarras
qttias$îé^ii^^l^tt^i*^tt*^^Qfe ôppe^îtion devient
pRis \iiVéV'«^o«'Jfefeltti»qtt'é qo'eïte éclate avec
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qui doivent à Napoléon letift"tfâng datoS là iiou-
^elle 'è'gïfe'^; l^'^tiï^g^iîêW^ (ffe«îi!pésulle «e se
p6uï^àtaî tiù'à l^eàftff; «dafe iè cmii^otscar d'un
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t^s'^rÔ'ùtiltft-d's*'pdHtiqU%'^tt*u^''Ô«6nt enôoré
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^^é'^ %- 'et • la'rènfréë^tîJi 'HS^dê^ôfâiltifune beft-
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aW ggittlftâirëV 'S^Hti'(îé^''évê'riei*iléfei«dftifl'>fefen
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efi'cë'itfoinent rattëùfidh'âfefîEii^ôp^t 'On n'en
faït^tH^ntiota ici qdfe^p/atèfe qu'ils- pi»é'àe¥iteht,WH
ià'toà^té kv^cB di}ucèii*M>it»eUè,((u gé»uv«iF-
■ri,(i ■■•w;;,;. ■ . , ,.:i!
•'lcs évêques de Gand et de fournay!
nement , et que Tempeteur lui-même considère cette mesure comme une des plus sévères que la raison d'état ait pu lui arracher* Mais siï gémit de punir des prêtres turbulens, il s'en console en redoublant d'égards et de témoignages lât considération pour les prélats dont la noUe.con^ duite honore TÉglise. II. en donne ui^e preiiTe éclatante à l'occasion de la mort de l'évêqué .d« Nantes ^ ,
En Italie , on est préj^aré , {)ar 1^ re!tour!idii vice-roi, à la rupture dont l'Autriche ndus m^ nace* Le prince Eugène parcouiH; en ce moment la ligne des frontières. Il forme trois corjpsd'arm^ entre la Piave et l'Adige. Bes généraux justënuen renommés lui serviront de lieulimans ; les Ita:^ liens se rangent avec joie sous les ordres du
' « Son Exe. le ministre des cultes ayant transmis à sa » majesté le vœu que le conseil municipal de la ville de D INantes a formé de voir ériger daÀs la cathédrale un tt monument à M. Du voisin , sa majesté a considéré qu« » Tévêque de Nantes était le prêtre le plus éclairé de l'em- V pire ; que, docteur le plus distingué en SoHsonne, il peut j> être mis à côté des évéques qui ont le plus honoré l'ép glise gallicane ; que personne n'était plus pénétré du » véritable esprit de TÉvangile ; que personne ne sa- » vait mieux respecter les droits des souverains , et dis- » tinguer ceux de l'église d'avec les abus de ta cour de » Rome y qui ont causé tant de déchiremens dans les aie-
généf al Pino ; les soldats français saluent avec
confiance le général Grenier.
A Munich, on se dispose à porter l'armée bavaroise à quarante mille hommes, et le roi réunit \in camp de vingt-cinq mille hommes sous ses yeux à Nymphembourg. C'est le général de Wrède qui est désigné pour commandant en chef. .. >
A Stuttgard , mêmes efforts , mais plus d'intimité. Ici c'est le roi de Wurtemberg lui-même qui est le correspondant de Napoléon. Un chiffre barticulier couvre entre ces deux souverains ^ secret de leurs communications directes. Les wnseignemens les plus importa n s arrivent par cette voie. L'empereur Napoléon y trouve de nouveaux avis sur les intrigues de l'Autriche , sur les séductions dont l'armée bavaroise est l'objet , et sur les intelligences que le Tungen-
» clés d'ignorance ; que ei tous les théologiens , si tous » les évêques ayaient aussi bien connu l'esprit de la reli- » gion et avaient eu autant de lumières et de bonne foi , » Luther , Calvin , Henri VIII n'auraient pas fait secte , » et le monde entier serait catholique ;
» Sa majesté a daigné en conséquence faire connaître , » par sa dépêche à S. Exe. le ministre des cultes , son in- » tention , qu'il soit élevé dans la cathédrale de Nantes , » aux frais de son trésor impérial , un monument à la mé^ » naoire de ce digne prélat. »
bund procure à la coalition dans les états majors, et jusque dans les cabinets de la confédération du Khin K
Les nouvelles qu'on reçoit de Prague viennent encore ajouter aux inquiétudes que la conduite de l'Autriche augmente de jour en jour.
z Les négociations de rAutriche avec les cabinets allemands de la confédération étaient devenues plus actives pendant l'armi&tice. (Guicciardj, pag. iSa. }