‹ Manuscrit de mil huit cent treize, contenant le précis des événemens de cette année, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon;Chapitre 24 sur 53 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

REPRISE DES HOSTILITÉS. — EXCURSION DE L EM- PEREUR EN BOHÈME ET EN LUSACE.

(Du 17 au 35 août.)

La rupture de larmistice a été dénoncée le 1 1 août; le délai fatal expire le 16 à minuit La guerre va donc recommencer plus acharnée, plus compliquée que jamais !

Des deux côtés, on n'a perdu aucun des quarante jours qui viennent de s'écouler. Toutes les réserves ont été ralliées; toutes les ressources avaiest été épuisées pour les former.

TOMB II. a*. Édit. I 5

2i6 MANUSCRIT

Nous avons vu l'empereur Napoléon créer une armée nouvelle sous le maréchal Augereau^ duc de Castiglione; une autre, sous le général Vandamme; une troisième, sous le maréchal Gouvion-Saint-Cyr ; incorporer dans les nouveaux cadres tous les conscrits des dernières levées qui n'avaient pu prendre part à Touverture de la campagne; mettre le prince d'Eckmuhl en état de s'emparer de l'offensive dans le nord de l'Allemagne ; réorganiser en Lusace l'armée polonaise de Poniatowski'; obtenir des princes de la confédération le complément de leur contingent; enfin établir d^s garnisons suffisantes dans toutes les places de l'Elbe, depuis Hambourg jusqu'à Konigstein, et tirer des grands arsenaux de Mayence, de Wesel et de Magdebourg tout le matériel nécessaire.

Il est ainsi parvenu à porter ses forces à trois cent mUle hommes ; mais il n'a pu rassembler que quarante mille chevaux ^

* Aperçu de l armée de V empereur Napoléon au moment de la reprise des hostilités.

Garde impériale 25,000^

i**^. Corps. Le général Vandaiu nie 20,000 I

2*. Corps. Le marcchàl Vîclo^, duc de f

InFANTESIE.^ Bellurie 20,000 >Il0,O0O

3*. Corps. Le maréchal Ney, prince de la 1

Moscowa. . . . . , 25,ooo 1

■54*. Corps. Le général Bertrand 20,000/ '

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 2^7 Dû fcôté opposé les forceront clojtiblê. L^èm-

Suite de r aperçu de r armée de F empereur Napoléon au moment de la reprise des /lostilites.

huiAsi

KÉSERVE DE

Cavalerie.

Report llo,0OO>

5*. Corps. Le genëral Lauriston. ..... ao,ooo

6*. Corps. Le maréchal ^armont , duc (^e

Raguse i5,ooo

Corps. Le ge'nëral Reynier 20,000

Corps. Le prioce Poniatowski. .... 10,000 1 9*^. Corps Le marëclial Augereau, duc de ' Castiglione , hors de ligne.

16*. Corps. Le général Happ, à Dantsiék ,

hors de ligne.

1 1*. C<orps.,Le Maréchal Macdonaïd , ddc de

Tarente 20,000 1

12*. Corps. Le maréchal Oudinot , duc de '

Bcggio 20,000

13*^. Corps. Le maréchal Davoust , prince

d'Kckmuhl. . . . • 3o 000

i4*- Corps. Le maréchal Gouvîon-St.-Cyr. l5,0OOj

Garde impériale. Le général ^aosouty. . . . 5, 000^

l'>". Corps Le général Latour-Maubourg. \ I0600

2^. Corps. Le général Sébasiiani S^ooo 1

3'. Corps. {jC général Arriglii , duc de

Padoue. 6,0001

4*. Corps. Le général Kellermann , comte

de Valmy .• • • 4»******i

5*. Corps. Lé 'général Milhaud, hors de

Cavalerie légère attachée aux dïirers col^ps

d^armée. IO,OOOj

Késenre de Tartillerie, troupes du génie,' etc. '

*{Maténel (les parcs. i25o bouches à fea^ dont2ôoâp' {>artenant à la garde impériale. )

'25ô,oo<^

Total environ.

RiCAPITVLATION.

Français i . . . , 25o,000

Italiens ]5,ooo >

Polonais i5,ooo > 5o,ooo

Allemands 2û,ooo j

3oo,ooô'

3ào,oôo Nota. Uofficier russe Butturlin nVvalue pas Tarmée française au delà dc^ dieux cent quatre-vingt mille combattaûs. En déduisant les malades , les hommes détachés de divers calés, et «jeux^qui ne ppuyaient pas suivre dans leiC ^àràhés, lés combattans étaient encore bien au-dessoinde ëettaVévaluatioA.'

pereiu* ÀlejcaQdre a>&it arriva: sqr l'Oder tous les soldats de la campagne de 181:1 qui, blessés ou malades ^ étaient restés en arrière. Benigsea lui amène en outre une forte armée de réserve composée de toutes les recrues- dont on a épuisé l'Orient ^ Le roi de Prusse n'a pas fait moins d'efforts. Sesarmemens, entrepris d'abord sous l' influence des sociétés secrètçs et dans le désordre des in^urrèctioi^s^ ont été régularisés et complétés. Toute la jeunesse prussieqne est maintenant sur pied.

De nouyeljleç bannières ont paru dan^le camp ennemi ; nous allons voir entrer en ligne le Suédois Berniulotte. Son oreille n entend plus le langage flatteur des courtisans qui ont tant de noms complaisans pour toutes les actions dont ils profiteut ; il est; maintenaut sous la tente , il envisage ^ positÎQi;^ f et ce qu'il a conservé malgré lui dq frança,ii& dans Tâme frémit! Le inoment £sital est venu : son épée , teinte encore du sang étranger qui la rouille ^ va sortir du fourredu ; il faut la laver dans le sang de ses anciens compatriotes!... On lui a donné le commandement du

■ Pendant l'armistice , soixante mille hommes de bonnes troupes , arrivant d'Odessa et des provinces éloignées , entrèrent dans Ites camps russes. ( Sir Robert Wilson , Tableau dA la puissance dt la Mussie , I Si 7, pag. 3f . }

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 1^9 itord de rAlkmagtié. Il tange soUs ses ordres le^ années prussiennes de BuIôW et de Tslùentisiéh ^\ Ub armées russes de Wiritzingèrôde et de Woron^ofF^ Tarmée anglo-àllematidë de Valmôden , le corps suédois qui vient de débarquer à Strâlsiind , et cette foule, de cosaques prussiens et hà^ novriens que l'Angleterre prend à sa solde. Le général anglais Stewart^ le général autrichien baron de Vincent, le général russe Pozzo di Bolgo, et le général prussien Krusemarck ne le quittent pas. Bien des défiances et peut-être quelques espérances se groupent autour de lui : il n'est pas jusqu'au parti mécontent , dont madame de Staël est le coryphée, qui ne soit représenté dans ce qUartier^généralM.*.» Mais les portes de la Bohème s'outrent: un inouVel allié > dont l'intei-vention suffit seule poul^ détruire la supériorité que nos victoires de Lutzen et de Bautzen nous avaient rendue , l'Autriche donne dès à présent à la coalition deux cent mille hommes de plus , et promet d'entraîner le reste de F Allemagne.

Ainsi l'armistice , qui devait finir la guerre , n'a servi qu'à lui donner de nouveaux alimens.

Nos ennemis, quand la Prusse joignait ses ar-

' Taaejitzien a été remplacé dans les sièges de l'Oder, Gustriti et Stettin , par le général Stuterrbeim.

;î3q manuscrit

^es atpt leurs, n'affichaient d'autres prétentions que d'obtenir rindépenjdancje de l'Allemagne» a Cest là le seul but de nos efforts^ » disaient-ils à Breslaw. Mainten^int les alliés ne se piquent plus d'être pacifiques, et l'on pe songe qu à pousser la guerre jusqu'où elle pçut aller.

Au total, les souverains ennemis vont ouvrir la campagne avec cinq cent mille hommes , et -leur cavalerie compte près ;de cent mille chevaux»-

f Aperçu des forces opposées à V empereur Napoléon au mo-^ ment de la reprise des Iwsiilités.

fX't» gardes. Voir 1& division Ternoloff. f ' . ( Prince Goi;zaooflE'.

Génér. Wittgenstein.

Infant.

RviiM.

Général en chef, j BardaydeToUy.S

I Génér. Miloradowich.

Génér. Langeron.

I Génér. Salcen.

de > ao,<

Génér. Czerbnloff. "\

Génér. Saint-Priest. I r^

Génér. AIsullefT. / * Géiiér. Knpcewitr. f

Prince Eugène Wurleiisljers- Génér. FfejeffsU, G éoéiaV "V. ermoloff ,

gardcs^ 'Génér. Czerbnloff.

Gavai.

5,oo*

000 xo.oo»

ipcewitr.

/Génér. Lieven. l ,o ««

Général Neverosld. S "*' • Génér. Woronzow.

I Génér. WinUingerode. J Génér. Laptii->v.

Génér. CzernicLefl*.

II 5, 000 4ot<>^*^

ParMiiKi.

Général en chef, Blitchcr.

[ Les gardes.

|réncr. Yorck.

Génér. Kieist.

I réhéf. Pulo^.

I Génér. Tauentxien.

L Génér. Rceder.

i Génér. Avensleben.

\ Génér Laroche.

I Premier corps.

Deuxième corps.

Troisième corps.

Quatrième corps.

Réserve de cavalerie.

36,000 3o,ooo 34.000 44 1 000

i,l>oo

6,5oo

i5o,ooo 3o,ooo

DE MIL HUIT CENT TREIZE. a3i Napoléon connaît sa position ; Tinferiorité du nombre ne Tintimide pas * : il croit y avoir pourvu en prenant les environs de Dresde pour champ de bataille, et la ligne de l'Elbe pour point d'appui ; mais son activité ne saurait se soumettre à

Suite de l'aperçu des forces opposées à f empereur Napoléon au moment de la reprise des hostilités.

SvkifiM.

Le rnavéchal Scedinck.

Infant, ao.ooo

Caval.

Allexaud* , à la koldcanglaiiie.

JGénér. Yalmoden.

AijT«icaisNa.

Oénéral en clref, Schwartzenberg.

/ C«nér. CoIIoredo.

iGénér. Cliasteler, 4

suite Merfelti.

[ Génér. Giulay.

I Génér. KIcnau.

1 Hes»e-Hombaurg.

( Génér. Bubaa.

Premier cbrps.

Deuxième corps.

Troisièaie corps.

Quatriènae corps.

Kéi;erve.

Corps détacbé.

x5,ooo 3 0,000 a5,ooo so.ooo 10,000

a, 000 3,5oo 3,ouo 8,000 3,ouo

AiCÀPITUI.ATIOir.

Russes. ...

Prussiens

Suédois

Allemands-Anglais. .

Autrickiens. . . «•

Infant.

Cayal.

Total.

ii5,ooo

40,000 3o,ooo

i5o,ooo

ao,ooo

a5,ooo

a5,ooo

3o,ooo

ao,ooo

i3o,ooo

4ao,ooo

^ * Nota. Benigsen amène en oatre une réserve de 80,000 hommes qui act eaeorc en Polopie.

* Balance des deux armées belUge'rantes.

Armée des Alliés. . .

Armée française. . .

l«fériorit« de Tannée française. .

Infant.

4ao,ooo a6o,ooo

Gavai.

Tout.

5ao,ooo doo,ooo

a3a MANUSCRIT

rester immobile à Dresde , jusqu'à ce que Ten-

nemi viemie l'y chercher.

Avant que la grande armée des alliés, débou*? chant de la Bohème , puisse arriver sous le fea des redoutes qui l'attendent, Napoléon calcule qu'il a le temps de faire une opération combinée sur Berlin, et de lancer son armée de Silésie sur Brésiaw. Il veut aussi dans ce premier moment pousser une reconnaissance en Bohème, et voir par lui-même s'il ne serait pas encore possible de prévenir la jonction des alUés de Silésie avecles Autrichiens.

Le maréchal duc de Reggio a donc reçu l'ordre de reprendre la route de Berlin. L'officier d'ordonnance Caraman , qui lui est envoyé, restera auprès de lui jusqu'à la prise de cette capitale. Le corps du comte Bertrand, celui du général Reynier, et la cavalerie du duc de Padoue , réunis au douzième que comïnande le maréchal luimême , lui forment une arrpée de quatre-vingt mille hommes , avec laquelle il doit déboucher de Dahme et de Luckau.

Le prince d'Eckmuhl, qui est à Bergedorf, doit seconder l'opération en se portant sur Wismar et Rostock. Le général Lemarrois , gouverneur de Magdebourg, doit le seconder également en faisant avancer dans la direction de Berlin un corps de six mille hommes qui occupera la cam-

DE MIL HUIT CENT TREIZE. i33 pagne et mettra le duc de Heggio en communi-' cation avec le prince d'Eckmuhl. Si cette triple attaque est conduite avec vigueur et précision , Berlin doit apprendre la reprise des hostilités par la fusillade dont nos tirailleurs feront retentir ses £iubourgs '.

Ainsi nous attaquerons au nord, tandis qu'au raidi l'ennemi s'avancera sur nous. C'est au milieu de ces deux grands mouvemens que l'empereur va se placer. Il porté son quartier-général en Lusace, à égale distance de la Bohème , de la Silésie et du Brandebourg, et dans cette position

* Composition de V armée française marchant sur Berlin* I ^ , j ^^

{Le genaral Gruyer. ^ Le ge'néral Guilleminot V 20,00o Les fiararois de Raglowitcfa. » . « . . J

M0 4*. Corps. /-Le général Morand "I

I le général J Les Italiens de Fontanelli > 20,004>

I Bertrand. ( Les Wartembergeoîs dé Franqaeaiont J

Maréebal 1 , CofBs ( I^® f?«»ér»l Darutte \

Wudinotf y i* - 'i' / Les Saxons de Lecoq f .^^

^^^ . l Renier I ï-"®» Saxons de Sahrer L '

de Heggio. I J ' ' Les Hessois du général Marchand. , ./

f 3". Corps de r Le général Jacquinot "I chev.

IcaTal., duc < Le général ï'ournier > 6,ooo

de Padoue. i Le général Lorge J

iLe général Loison '\ Le général Pescheax . . . . > l5,000 Le général Thiébault. ...j '

Armée danoise i5,oooV :»^ ^,^ Jyota. Le pnnee de Hease la l

I commande en chef, r Le général Schulembourj V^ est le commandant en seconi Le gouverneur de

I gouverneur de r , ^ 1 ^.

Magdebourg. j^ Le gênerai Girard J o,ooo

a34 MANUSCRIT

centrale il pourra suivre, pour ainsi dire de l'œil, les marches des alliés, le développement de leurs projets et les opérations de ses lieutenans.

Avant de quitter Dresde , l'empereur en confie la garde au quatorzième corps. Les instructions laissées au maréchal Saint -Cyr sont d'occuper la rive gauche de l'Elbe depuis Dresde jusqu'à la Bohème , d'observer tous les débouchés, et lorsqu'il faudra reculer devant la grande armée ennemie , de la contenir assez de temps pour que l'empereur puisse exécuter son plan qui est de venirse placer entre les alliés et la Bohème ^

Le. maréchal Saint-Cyr pourra s'appuyer au besoin sur les quinze mille hommes que le général Vandamme amène de Magdebourg, et qui sont, au moment de traverser Dresde.

Parti de la maison Marcolini le 1 5 août, à cinq heures de l'après-midi, l'empereur s'est d'abord fait conduire par la route de Pyrna vers les nqji-

f Composition de l'armée du mnre'chàl Saint-Cyr, destinée à couvrir Dresde.

1 14** Corps.

Maréchal Saint-Cyr.

Le général Claparède. * S

Le gt'néral Bonnet V l5,000

.Le général Bazoot J

Garnisons de Dresde , Westpha- "j liens, etc. .-^ > 3,0oo

Légion de la Yislule , etc.

DE MIL HUIT CENT TREIZE. ii5 veaux ponts qu'il vient d'établir sur l'Elbe entre Konigsteîn et LilieUvStein. Il veut visiter encore une fois ce passage qui doit jouer un rôle si iraportant dans les événemens qui se préparent. Arrivé à neuf heures du soir à l'entrée des ponts, il les parcourt au^ flarabeaux , ainsi^que les rampes qui ponduisent au Lilienstein. Remontant ensuite en voiture , il se dirige par la nouvelle route qi^ communique.avec Stolpen, vers la ville de Bautzen,où iJ arrive dans la nuit. Il y apprend que le général Jominy , né en Suisse et chef d'éT tat major du prince de la Moskowa, a déserté à l'ennemi ^

, L'empereur passe à Bautzen la journée du i6. Toute la garde s'y réunit: Je roi de Naples-.y jirrive. Le 17, on fait une marche militaire sur Reichenbach; le 18 , on avance jusqu'à Gorlitz.

' Le général Jominy était parti du quartier général du maréchal Ney l'avant-veille de la rupture de l'armistice ; il est arrivé le njême jour au quartier-général' de l'empereur de' Russie. Il vit l'empereur le soir; parmi les généraux qui étaient réunis autour de lui se trouvait le général Moreau. L'empereur le lui nomma. Jominy salua , mais ne dit pas. un mot, et se plaça pendant le reste de la soirée dans un coin opposé à celui où se trouvait Moreau. L'em- . pereur Alexandre remarqua la froideur de Jominy, et le lendemain au lever, U l^i dit; '- « Générs^l Jqminy, il au-

i36 MANUSCRIT

Le duc de Vicence y rejoint le quartiëi*-géiiéraL II vient du château de Konigdgratd, près de Prague ; M. de Metternich ne l'a pas laissé long^ , temps dans rincertitude. Le i6 août, après la première entrevue de l'empereur d'Autriche avec l'empereur Alexandre, on lui a fait savoir qu'on était décidé à courir les chances de la guerre^ M. de Vicence s'est empressé aussitôt de quitter la Bohème, et les adieuic qu'il a reçus nt laissent plus aucun espoir d'accommodement •. D'ailleurs les hostilités sont déjà commencées , et c'est eu Siiésie que les premiers coups viennent d'être portés. L'ennemi n'a pas même attendu le terme convenu. A cette ardeur , oti voit d'avance que c'est Blûcher qui commande de ce côté. Heureux de se trouver à la tête de cent mille hommes, il

» rait dû you» être agréable de rencontrer le général Mo- » reau. — Partout ailleurs ^ Sire ! — Comment? — Si j'é- » tais né Français comme le général, je ne serais pas » aujourd'hui dans le camp de votre majesté. » La con«versation finit là. {Extrait des gazettes anglaises du temps, )

> M . de Monvéran dit quelqne part , dans son onVt^ge , d'ailleurs très-^e^imable , que la négociation de Prague a été reprise et continuée en septembre. C'est une erreur grave. La négociation de Prague n'a pas été reprise. D n'y a pas eu de négociations en septembre.

DE MIL HUIT CENT TREIZE. -^37 lui tardait de les mettre en mouyemçnt ^ Dès le i4 1 il a envoyé le corps de Sacken prendre possession de Breslau*. Le lendemain«s*avaîiçant à -travers le territoire neutre , il a fait insulter notre ligne d'avant-postes et enlever quelques vedettes. Le 16, deux cents hommes de la division Charpentier ne lui ont échappé qu'à force

' ComposUiàrk de farim^ des allies en StUsîA , à i^ époque de la reprise des hostilités.

Î Prince Çiserbatoff'. , , . . iSsOpo Général Saint-Priest. . . f 5,ooo I G^,<«1 Al.ufi.ff. W-oooIfo^^ Général Kopcewits. . . . 10,000? ' GénéraTKorff. . ."I . |

Général BQrûsdm.r^«^- **>»«><>J Le feld-marécUaly Armée russe C Général Lieven. .l o 1

Blucher, < de ^ Génér. Neveroski./ '^^l aigDOO

I fiackeo. iGén. Wassilzicoff*. cher. B^oocj

fGénér. Sleinmeta. v Prin.MekleoJwurg. f «.

Gén. Horn. . . . . f *»'

Gén. Hunnerbeia. j Général Furgaff. . cher. 6,

l,oooJ

ToUl. . . 4 . . 123,000

• Voici ce que dit, à cet égard, le colonel Butturlia, aide de camp de l'empereur de Russie : « D'après la teneur )» de l'armistice , les hostilités n'auraient du commencer . » que six jours après sa dénonciation* , c'est-à-dire le 16 » août ; mais les alliés , se prévalant de quelques légères » infractions des. Francis , saisirent l'occasion qui leur w était offerte , et dès le 16 se mirent en mouvement ^ afin j> de prévenir l'ennemi à Breslau. » (Pag. j.J

îi38 MANUSCRIT

de résolution; Courant aux armes aussitôt qu'investis, ces braves se sont ouvert un passage à travers les rangs ennemis.

. Nos troupes, surprises de toutçs parts daîis léuts cantonnemens , se replient donc à la hâte derrière le Bober '.

Ces nouvelles semblent appeler l'empereur en Silésie ; mais ne voulant employer contre Blûcher que le temps dont il peut disposer sans compromettre le salut de Dresde , il lui tardé de savoir à quoi s'en tenir sur l'allure de la grande armée autrichienne. Changeant tout à coup de direction , il se tourne brusquement vers la Bohème. L'armée du général Poniatowski, celle du

'■■■ ""■ ' ■ ■ I i .1 il . .111 n ^ , I .. I I I m

* Dans notre première édition^ la désertion du général Jominy se trouvait rapportée ici , à la suite de la surprise de l'armée de Silésie. Si de ce rapprocliemènt fortuit des deux faits on a conclu que Faction du général Jominy n'était pas étrangère à la résolution de la brusque attaque de' Bliicher, on a faussement interprété notre pensée , et pour le prouver il suffira d'établir ici les dates. C'est le là que Bliicher a surpris Breslau , et ce n'est que le i4 que le général Jominy est sorti du camp français. Il ne doit donc rester aucun doute qui puisse surcharger le général' Jominy.

C'est déjà un fait assez grave que l'abandon de l'armée française dans de telles circonstances sans qu'on ait besoin d'y rien ajouter.

, DE MIL HUIT CENT TREIZE. aSg maréchal duc de Bellutie , ainsi que les premier et quatrième corps de cavalerie, concentrés au- • tour de Zittau , démasquent aussitôt leurs mouvemens et franchissent la frontière. On s'avance en trois colonnes à travers les défilés de ce pays '; la colonne du centre s'empare de Gabel; à droitje, le général Lefèvre-Desnouettes entre à Rombourg , et franc^iit le col du Georgenthal^ tandis qu'à gauche la cavalerie polonaise du général Ulminski prend possession de Friedland et. dé Reichemberg. Ces avant-gardes ne trouvent devant elles qu'une division autrichienne qui cherche à dissimuler sa faiblesse par d'habiles manœuvres ; c'est le général major comte de Neipperg qui la commande en l'absence du général

» Composition de. V armée qui entre en Bohème,

j^— M— t^immmmmmmmmmÊmfmmimtmmmmÊmam^Êi^Êmi^mmmimim^a^mamammmmmÊmmm

8«. Corps. f !^ 5énéi»l . . . . . 8 bat.| \q g |

15 • * 1,- "i ''G ceiieial Rosnicki. . « / 'V lO.OOO

Poniatowski. l Cavalc rie , géuie, artillerie. . .. 2,ooo j

!Le ge'ne'ral Teste. ... 8 bat. \ \

Le général Curbineau. 8 #3 ,6,000(3^000

ielS. !°;;;8 ) l

Cavalerie, arlilierie, géaie. . . • 4«^^^ I

Garalerie du géne'ral Lefèvre-Desnouettei. . ....... 1,000

4*.Corpsdecaval., fLe géne'ral Sokolniki . i5 esc. 1

le général Keller- l Le général Ulminski. .1^ > 4^ ^ l\,ooo

Boan. ( Polonais. ) ILe général Falkouski. . i5 J

Total. 35,000

!i4o MANUSCRIT

Bubna '. Le duc de Bellune , qui est à Lauban , soutient les Polonais, et le général Yandamme, qui arrive à Stolpen , est destiné à soutenir au be* . soin la colonne du général Lefévre-Degnouettes. Nos coureurs pénètrent sur la route de Prague, « Si l'Autriche , fidèle aux devoirs de sa média* » tion , eût réellement attendu le dernier jour du 9 congrès pour se déclarer contfe la France , et » la fin de l'armistice pour agir, nos troupes , » déboucbant le 19 par ces trois directions , au- » raient immanquablement rencontré la tête des » colonnes alliées venant de Silésie > ^. » Mais FAutriche a partagé Timpatience des alliés , et n a pas eu plus de scrupules que Blûcher. L'empereur, qui a marché avec les troupes du centre de Zittau jusqu'à Gabel , reçoit dans cette ville la confir* matîon des avis déjà donnés à cet égard par les espions.

Dès le 10 août quatre -vingt mille Russes et Prussiens , sous les ordres de Barclay de ToUy,

< Ce général , qme nous avons laissé le 1 4 août à Prague auprès de M. de Metternich, n*a pas tardé long-temps k reprendre son activité militaire. Dès le a 8 août, il était de

retour à la tête de son corps d'armée

Cofi di mess^gtÊT, faxto n^meo,

(Giraaalenune liberata , cant a.)

' Le général GruiUaume de Yaudoncourt.

DE MIL HUIT CENT TREIZE. ^t sont entrés en Bohè]|ie. Ils arriveront le a i sur les montagnes voisines de la Saxe, Depuis le i3, la jonction des alliés avec l'armée autrichieniie est effectuée, il ne peut donc plus être question de s'y opposer.

Le i5 août, l'empereur Alexandre est arrivé à Prague ; après lui le roi de Prusse. Le duc de Weymar, la princesse héréditaire de Weymar, grande-duchesse de Russie , et sa sœur la duchesse d'Oldenbourg , s'y sont trouvés. Le chancelier de Hardenberg , le ministre anglais Ch. Stewart , lord Catchart , le colonel sir Robert Wilson, viennent de s'y rendre. Lord Âlberdeen y est attendu , ainsi que Moreau , autrefois gé* néral de la république française, aujourd'hui nouveau Coriolan. Enfin , dans celte ville où le congrès de la paix avait été convoqué , tous les ennemis de l'empereur accourent en foule , et c'est le congrès de la jguerre qui s'y trouve en ce moment réuni.

Cependant on avait bientôt appris que l'empereur Napoléon avait quitté Dresde : « Il n'y » est plus ! Hâtons-nous de profiter de son ab- » sence! s'était-on écrié; marchons! partout où » il ne sera pas , le succès est certain. » = Et sur-le-champ; le signal du départ avait été donné.

Les princesses russes se sont hâtéeis de quitter

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