Tome II. 2*. Édit. i
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là-Bdhètfie pouf àe ï'éfiigîer dti côté fie 'Vienne. L'enîpewur de Rusliie et lé toi de Prusse sont â^Més aiwJevant de ietirs colonnes qui descendent là rive gauche de l*Blbe pouî* former la droite de Tarmée d'invasion. L'empereur d'Autriche est allé, de son côt^, passer en revue les corps queSchwartzemberg rassemble dans lès montagnes de Pôstelberg , de Brix et de Commotau , pour forriler le centre et laile gauche. Les Russes et les Prussiens ,. réunis à l'armée autri* chienne , portent l'armée de Bohème à plus de deux cent mille hommes. Les deux empereurs et le roi de Prusse suivront en personne tous les mouvemens du quartier -général du prince de Schwartzenberg ^
Après avoir recueilli ces renseignemens , l'empereur se décide à laisser les alliés se développer tranquilleiùent dans les vallées d'Aussig, de Tœplit^ etdé Gomnjotau. Quelque empressement que l'ennemi mette à s'avancer sur Dresde , sa
« Schwartzenberg, commandant en chef, dirigeait luimême tous les mouvemens, et peu d'oflîçiers en Europe épient plus propres à suivre les détails d'u4e grande armée. Actif, courageux, sage dans les combinaisons, exact dans les dispositions, il joignait à ces qualités une douceur et une patience de caractère qui ont conservé l'union parmi les alliés. Sans lui, il y aurait eu plus d'une fois de sérieuses dissenfiions. (Extrait désir llobej^ fTiison.)
DE MIL HUIT CENT TREIZE. ^i Htaccfeè. nejpeut être aUssî rapide quotir l'avait €raiM.d''aboid..Si la eoloQiie ]?usse qui est à Tœplitz n'a que trois marches à faire , la colao1*e; autncbien«»e qui est à Ck>iniapla^ «^ .devant .'elle un détour à parcourir par Marienberg et Frey-' berg, qui entraînera nécessairement des délais.; D'ailleiïrs' le prince, de Scbjvart^ebberg est méthodique : pour peu» qu'il veuille mettre d'ensemble et d'accord :dans le grand mouvement qu'il dirige , huit jours lui sont nécessaires , etc'est plus qu'il n'en faut pour rejeter Blûcher en Silésie. L'empereur , sans perdre de tempis , se, fait ramener, dans la nuit même, de Gabel sur. Zittau.
La profondeur de la vallée rend la nuittrèssombre , et l'escorte peut à- peîné distinguer le: 'chemin. Au passage étroit d-uii pont sans parapet, le colonel Bernard, aide de camp de l'empereur, poussé par les chevaux qui se pressent derrière le sien', tombe dans le ravin et se casse la jambe. Le docteur Yvan met aussitôt pied à tei're; la nuit comme lé jour, en route comme sur lé champ de bataille , il est toujours sur les pas de l'empereur , et ses secours spnt toujours prêts; il court au blessé^ qu'il fait transporter à Zittau sôr un brancard de feuillage ; et chacun déplore, dans cet accident, la £Eitalité qui prive Napoléon des .services du colonel Ber-
nard au moment où les hommes de ce mérite et
les caractères de cette trempe lui deviennent si
précieux!
L'empereur ne prend à Zittau que quelques heures de repos, et se remet en route pourGorlitz. Ce qui le ramène si vivement de ce côté , ce sont les nouvelles qa'il reçoit de Silésie. Blûcher s'avance à grands pas. Nos quatre corps d'armée sont en pleine retraite devant lui. Lauriston est poussé par les Russes de Langeron ; Ney, par les Prussiens de Sacken : Raguse et Tarente, par les Prussiens d'Yordi. BKicher a passé la Katzbach et le Bober. L'empereur n'a plus que le temps de se porter à sa rencontre ; il y court.
Sans s'arrêter à Gorlitz , il presse sa marche sur Lauban , où il arrive le 20 au soir. Dans cette journée il a barré la route à nos quatre armées en retraite. Il donne l'ordre de retpumer sur le Bober, et nos troupes, heureuses de le revoir, se précipitent sur ses pas. La garde impériale marche en tête ; en un moment tout a changé. L'activité infatigable de l'empereur s'est communiqué^ aux chefs comme aux soldats ; bientôt tous les aides de camp , tous les officiers d etatmajor sont en course , et parcourent l'armçe. Quand Napoléon arrive à Lauban , il n'a plus d'officiers près de lui.
Le 21 , dès la pointe du jour, l'empereur se
DE MIL HUIT CENT TREIZE. à45 porte des premiers sur les rives du Boher. Il entre dans Lowenberg avec Tavant-igarde ' ; m|iis le pcmt est rompu , et les alliés sont au delà qui semblent nous attendre.dans luie position avan^ f ageuse. Le pont est biéntàt rétabli sous le fenfde la rive opposée.. A midi Lecorps d'armée du général Lauriston effectue le passage. La division Maison est en tête; elle trouve devant elle les Prussiens tfYorck, les chasse.de toutes leUrs positions, et les mène battant jusqu'aux portes de Goldberg. Le reste des.troupes du cinquième cÔFps et l'armée dut duc de.T&rente appuient ce mouvement , tandis que suBla gauche le maréchal Ney et le maréchal^ Marmont chassent de Buntzlau. le corps prussien de Sacl;en. L'emp^*^ reur passe la nuit à Lowenberg : (( il éprouvait » une bien vive satisfaction d'avoir ainsi, dès le n début de la oam pagne, chassé l'ennemi devant
* Napoléon , à la tête de la colonne- du milieu, . . . pei'oe , peu accompagné, jusqu'aux maisons les plus avancée^ du faubourg, où le pont sur le Bober a.é^é clémoli : il ol^servç le loça}, et fait bientôt apporter, p^r les sapeuxs et les soldats,^ les matériaux nécessaires pour construire àfi nouveaux ponts.... A peine l'ennemi s'en est-il' aperçu, que les factionnaires sont foudroyés par Fartillerie. Napoléon se porte ensuite sur les hauteurs , et fait avancer les grandes masses en bon ordre. (Voir l'ouvrage du major saxon d'Odeleben , témoin oculaire, tom. i , pag. 244* }
a46 MANUSCRIT
>i soniaVsintrgardé, satis, pour ainsi dire, avoir
n perdu persenne '^. >»
Là journée du sià n'est pas moins active que les précédentes.. L'minèmiV poussé viTement sur toutes les routes, ne peut sarréter dans aucune position. « L'empereur suit ses colonnes jusqu'à » moitié chemin.de Goldberg. Il a dé la peine à » cacher sa joie , lorsque, les rapports lui appren-t » nent que l'arrière - garde des Russes et des » Prussiens a repassé la Ratzbach. Tranquillisé » désormais sur le suôoès de ses armes, it revient » passer la nuit à LfOwenberg^ m Enfin » le aS , Fennemi , avant d'abandonner Goldberg , veut encore soutenir un combat ; mais ce combat achève d'établir notre supériorité. Le général Gérard débouchait sur la gauche ^ lorsque vingts cinq mille Prussiens , commandés par le prince de Mecklenbourg, paraissent à sa vue. Gérard marche aussitôt à leur rencontre. En vain les Prussiens essaient plusieurs charges de cavalerie, ils sont repoussés à bout portant. A droite , on nous disputait la position du Wolsberg; mais , sur les pas du général Rochambeau , le cent trente - cinquième régiment s'élance , et la
• Voir Fouvrage dn major saxon d*Odeleben, témoin oculaire, tom. i, pag. 246.
' Ibidem.
DE MIL HIIPÇ;6EBÎ1? TREIZF. %^ victoire nqusest encpre^i^ui^jQi^^G^OQ^^ ^0A Blûcher n'est que trop cert^^a îq^il .'est 9QU$ 1^ coups de Tipmpereur. Il iv^ ; j^; d'a^çe pfi?ii>* preiidre^que de lui échapper -p^rJ^ ratrait^. )$i$jp armée , achevant de se repUpfx^ Jpjttç^hÀ^i:»^ tre dans les lignes de Jaiier. . - . ' 1 i fi . Trpi^ joijrs ont suÉGl. à l,>pipetWBr pourfreplacer nos aigles sur les bQJfjJs' de la KMzbacbi c'est avoir a^ez fait de ce. côté ; 4'aurtï*^'^ûn^ mis l'î^ppellpnt ailleurs. Depuis leraio, la grw^ armée de Bohème , de^^ndi^e d^^ mont^gP^Ji est entrée en Saxe. Il est ten^ps de $e retoïKcn^j* contre elle. '\ :A y.
Dès le .?L2[, Nfipoléon a renvoyé, sa garde sur Bautzen. Le a3 , voyant Blûcher entièrement rér signé à la retraite, il n'hésite pluç:t^i> ï^êw© * quitter Lowenberg et à revenir sur ses pas. La cavalerie de Latour - Maubôurg et l'armée du duc de Raguse reçoivent l'ordre de suivre la garde du côté de Bautzen^ Le corps du maréchal Ney avait reçu le même ordre?; et l'empereur devait avoir vingf-cinq mille homimes de plus dans sa main : une sorte de fatalité a dérangé cette première disposition. L'empereur n'emmène avec lui que le maiféchal , et se décide à laisser le troisième corps en Lusàce , sous le commandement du généiral Souham.
Ainsi il ne restera plus qu'un maréchal en Si-
lésie, c'est le dikc âe Tarènte. Il est chargé de hx mission difËdIe de contenir Blûchçr; Son armée se côiSûipose définUivement des troisième , cinquième et pmsième corps , et du quatrième de éavalerie , c'est-à-dire de près de quatre - vrngt QiiUe homiÈes '.
Par suite des changemens survenus dans la destination des différens corps d'armée , on ne voit de tous côtés que colonnes en marche qui vont, qui viennent et qui se croisent. Mais^ sous le voile d'un apparent désordre, elles se partagent entre 1^ diverses entreprises poursuivies à la fois sur tant de points opposés.
Tandis que le destin agite ainsi dans tous les sens des dés qui vont fixer l'avenir , on pense à rassurer Paris et la, France siir le début de la
' Composition de V arm&Q française qui feste en Lusace sous les ordres du maréchal Mœdonaldy duc de Tarente.
34 p / DiTisioii Soubam. .... 1 -.
Général Sooham. \Div«ioaKicard /
4e p r Division Maison. . . . .) .1
General Launston. \DiTi«ion IVochamb«|u. J I
{Division Gérard. . . . ."l \ -•
Division Albert > ao,ooo / J^.wkx
Division Charpentier. . . J /
4'. Corp.. Cavalerie, f ^™'»" S""'™"- • X .\
Troupes du génie , de rartillerie et cavalerie ' i
de* corps d armée ....*. 5,Q0O j
DE MIL HUIT CENT TREIZE. a49 campagne. On n'a pas donné dé notivell^ depuis le départ de Dresde. Ur^ courrier de U secrétairerie d'état part enfin dô Gorlîtz le .34 aoùL Le comte Daru annonce enideux'motft le^-év^neaieos qui viennent de.setdffimuer , i9l/ laisse çwitre voir l'importance de eem: qm oommenoent « L'cm- >y pereur y écritrilr occupé tantôt sur la frontière 3» septenlriûiiâle ^.ia> Bohème, tantôt sur te j»Bober.el: tantôt sûr FEibè, n'a pas Je temps n d'eùvc^er de bulletins. Il vient de ^'emparer J9 des débouchés de Gabel sur Ptagué. Il vient » de repousser au tenu l'armée prasiemieridé. Si- .» lésie* Dans ce moment , retournant sur ses •opas, il va manœuvrer sur ISEIbe! centre la » grande armée ennemie* Le duc de Reggio, qui 9 marche sur le Brandebourg ; doit être entré >» aujourd'hui à Berlin , et le prince d'Eckmulh, » réuni aux Danois , doit être maintenant à quelle ques marches de cette capitale. »
Quels que soient les résultats obtenus , ils ne satisfont pas tout le monde. Blûcher a refusé la bataille; et les censeurs dont nos quartiers-généraux abondent, se jettent à cet égard dans de grandes considérations stratégiques. « Mainte- » nant , dit - on , le plan des alliés est évident ; » on nous l'avait bien annoncé : ils ne veulent » plus rien compromettre. Ils vont se contenter » de harceler et de fatiguer l'empereur. » Puis
aSo WCàKOSCRrr .
on se répète à Foreilte' le mot si oonnuàe iRo^ manzo^ à Dreycr-, il faut Fuser. vCesthien x> cela , coiitinue-t*mi7 Btûcher ne &it pa» antre » -chose ; comîne sa retraite'^ été beife! commeles » alliés suivent leur plana^ireciaétbode ! fitc;.9eto.» ' Nos alanoisieS' ne* se pressent^^ils pas: un peu trop daiis leurs censures*? 'li'eiftpereuc oompite y il estTj^ai, sur quelques grasëes batailles % c'est par là qu'il espère dqbuer les combinaisons xies Fa^i^ Tnodemes dont'od.l^snienâce^'Se/tnmiperait'il ? les évéïftemens vont- nous l'appreadre. Si l^ennemi^ forcé de* sortir de son sysl|è(ne;*se décide à'joi;PBr enfin le grand jeu de la fjjuerre > eh défoules icenseuffs , Napoléon, aura 'bien qaU ouléJv.. Le eort fera le reste!
DE MIL HOIT GËHT TREIZE. a5 1