CHAPITRE IL
TjJl CRANDE ARMiÉE ENNEMIE D^teOUCHE SUR DRESDE.
It^ BMfféçbal Sainte fiyr invoque viwcaneot la }3réswce td^ Tesp^ereur», Ualarme coiiifnence a ee.répaudiçQ à Dresde.
Dès la 2G, }a grande armée de Sçhwartstpu-» b^g a débouché de. la Bohème ^.Les Rue^i^ de
* Çow^sitiQn de Iqrmét ,^liée arris^ant ^«ni- Jir^4^ } U ' pr^iii^ de SchwarU^nber^ ^ gcnéral en chef.
ç -Le général i Le général Gorsaloff. î oo ooo 1
Ai^» i»»bw«. k}^*"p>«Msin. l Le |«a.^ K«gin« 4e Wurtemberg. / ' > j
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Barclay <
il Le général Klnx "J MUeîs't. ) L<i iéSé'ral ÎZÎetbéti. ■ • • • . • ('*''** ' Le prince Auguste de Prusse . . ; Cavalertie du général Palileii'. ......' '5>ooo
. , ■ C Le général Collowdo. . ao.ooo \ • -s
Arm«e . 1^^ géaéral Chasteler. . i5,«o« !► 55,ooo j
iricbi.nnc. | j^e général Giulay. . . ao,ooo j I
f Gardes nisM«. .... I ^^ ooo'Y '
Réserves j MilorâdowitcL. . . . j ' f /
Ck^as.
Le prj nce ^ d'i nfanterie .
Sdiwartzenberg.
Ré.»erves de
cavalerie.
Ç Armée l'HolieAioe \
( KI«iiau. iMetelco J
Total 300, oQa
a5« MANUSCRIT
Barclay de ToUy et de Wittgenstein se sont présentés sur les hauteurs de Peterswald , et ont forcé le passage de la grande route de Prague à Dresde. L'armée prussienne du général Kleist, marchant à leur gauche ^ descend des montagnes sur Gotleub et Dohna. Le gros de larfliée autrichienne s'avance au centre par les routes d'Aïtenberg et de Sayda sur Dippodiswalde. Les gardes russe et plrussienne , et la réserve autrichienne de Hesse-Hombourg suivent cette route, qui est aussi celle du grand quartier-gé** néral. Tous les sentiers qui , dans cette direction, traversent les montagnes, sont couverts de soldats appartenant aux corps èe CollcH*edo , de Chasteler et de Giulay. Sur la gauche , l'armée de Klenau descend de Marienberg, et menace de revenir sur Dresde par là route de Freyberg.
Le a I , Wittgenstein , aussi impatient que Blûcher, croyant l'empereur au fond de la Silésie, se souciant peu d'attendre:quele corps de BLlenau pût arriver sur la ligne de concentration qui a été tracée autour de Dresde, s'est engagé de plus en plus avec nos avant -postes , et descend sur Gieshubel '.
•Le même jonr, l'empereur passait le Bober à Lowenberg, et le duc de Reggio débouchait dans la plaine de Trebbiu.
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Les qainze mille hommes du maréchal Saint- Cyr ont été fournis par nos dernières levées; Us ne peuvent manœuvrer avec succès devant cette masse immense de forces qui sortent de toutes les vallées de l'Erzebirge. Nos avant-postes se sont déjà repliés sur Pyrna.
A cette nouvelle , 1 empereur est parti de Lowenberg le 23 ; il voit en passant le prince Poniatowski , lui donne ses instructions , et le laisse sur cette frontière de la Bohème pour en observer les débouchés ; il couche à Gorlitz. Il fait ramasser dans le pays tout le vin qu on peut trouver , le paye de sa cassette', et le fait distribuer à ses troupes, qui se remettent aussitôt en marche. L'armée du maréchal Victor et celle du général Vandamme , qui étaient restées du côté de Gabel, sont ralliées par l'empereur à. son passage , et reviennent avec lui.
Plus Napoléon se rapproche, plus les .raisons qu il a d'accélérer sa marche se pressent et sont exigeantes. '
Wittgenstein ne s'est pas laissé arrêter par la position de Pyma , dont nous avions essayé de faire un épouvantail ; il s'en est emparé. En vain le quatorzième corps s'est déployé devant l'ennemi à Obersedlitz , l'affaire s'est bornée à une canonnade, et il a fallu se replier sur la plaine de Dresde.
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Le a3 au mutin, le& habitaiis de cette gr«Ai« irîlle ont vu avec efifixn nos blessés etnosbagageiv rentrer dans la place.. Aasmtôt naei tierreur pa<r nique se répaïid ; te bruit court que les Russ^sr ont enlevé d'assant le camp retranché, qu'ils ont tout passé à la baïonnette , que la moitié du corps de Saint«Cyr est détruite , et que ce maréchal est déjà au :boat de ses inoy^ns de ré*sistâfice '.
L'empereur Veut annoncer son retour sur TElbe au roi de Saxe , et rassurer cette nom* breuse populatidu' de femmes et d'enfaas qui s'efiraieiit. Il fait partir de Grorlitz le toi de Napies pour Dresde. La présence d'un tel précuT'seur remettra liti peu de caknedans les esprèts^
Le a4 9 Napoléon arrive de bokine heure à; Bautaen : nouvelles alarmes. Les lettres de Dresde sont encore plus inquiétantes* Les troupes du maréchal Saint -Cyr s'étaient repliées d'abord sur lés hauteurs de Ôœcnitz, dernière ligne
' Cette première version , inspirée par la peur , a été accréditée dans toute T Allemagne par les récits exagéréa des habitans de Dresde, mais les Russes eux-même^ l'ont très-simplement rectifiée. « A l'approche du général Wittïi genstein,dit le colonel Butturlin, et après une canon- }> nade insignifiante, le maréchal Saint-Cyr se retira sur » Dresde , et le même jour les Russes occupèrent la ville w de Pyrna. » (Voirpag. 25.)
DE MIL HUIT CENT TREIZE. ^55 protectrice des faubourgs de Dresde. Bientàt lies habîtaBS ont entendu la fusillade; ils ont va de leiins propres yeiix la lance des cosaques se proioiigeant sur l'horizon des collines voisines. Le maréchal Saint-Cyr a* fait rentrer son quartier-rgénèral à Dresde ; les troupes se sont reti*rées derrière les palissadesT de l'enceinte extélieure , et les habitans des faubourgs accourent en foule chercher un refuge dans la ville.
L'empereur n'a plus à douter maintenant que le grand mouvement de l'armée ennemie ne soit complètement opéré. La plaine de Dresde , de-* puis Blazewitz , sur les bords de l'Elbe, jusqu'aux gorges de la vallée de Tharandt^ est occupée par le<iéveloppement des lignes ennemies. Les sou^ vearaina alliés y qui ont couché à Sayda , sont arrivés au village de Reichstadt^ près de Dippor diswalde. C'est le roi de Naples qui a &it luimême la dernière reconnaissance des positions de l'ennemi.
Les événeméns parvenus à ce point de maturité , l'eipperear' fixe les yeux encore plus sur l'ennemi que sur Dresde. Il voit les alliés, sortis de leurs montagnes , s'étendre dans la position où il s'est promis de les combattre* Le moment est donc venu dp se jeter entre eux et la Bo» hème. Napoléon allait se porter dé Bautzen sur Pyrna , dans l'intention d'exécuter son plan et de
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passer l'Elbe sur les ponts de Liliensteîen. L armée du général Yandamme était déjà dirigée de ce côté; mais , avant de s'abandonner à ce grand mouvement, l'empereur veut être bien certain que Dresde pourra tenir jusqu'au a8. Il hit appeler son premier officier d'ordonnance Gourgaud , lui fait part de sou projet et lui dit : « Je » serai demain sur la route de Pyrna ; mais je » m'arrêterai à Stolpen. Vous , courez à Dresde : » allez ventre à terre ; soyez -y ce soir. Voyez 3» dans la nuit Durosnel, le duc de Bassano, le M maréchal Saint -Cyr et le roi de Naples; ras- M surez tout le monde. Voyez aussi le ministre » saxon de Gersdorf ; dites-^.lui que vous ne pou- >i vez pas voir le roi , parce que vous partez » tout de suite ; mais que je puis demain faire » entrer quarante mille hommes à Dresde; et » que je suis en mesure d'arriver avec toute' » l'armée. Au jour vous irez chez le comman- » dant du génie ; vous visiterez les redoutes et >* l'enceinte de la ville , et , quand vous aurez bien » vu , vous reviendrez au plus vite me uetrouvier » à Stolpen. Rapportez-moi le véritable état des 3) choses , ainsi que l'opinion du maréchal Saint- 3) Cyr et du duc de Bassano : allez. » Gourgaud , enfonçant ses éperons dans les flancs de son cheval , est âéjà bien loin.
Le a5, l'empereur quitte Bautzen, et se met
DE MIL HUIT CENT TREIZE. aS'j en marche dans la direction de Pyrna. Il arrivé à Stolpen. Les lettres qu*il reçoit lui donnent de nouvelles inquiétudes. « Dresde , lui écrit -on ^ » peut succomber d'un instant à Vautre. » Napo^ léon s'eiiferme dans sa chambre. Le mouvement sur Pyrna a été suspendu jusqu'à minuit ; d'Albe a déployé les cartes du portefeuille de service ; l'empereur passe la soirée dans de profondes méditations.
A onze heures du soir, Gourgaud arrive enfin* Il a quitte Dresde un peu avant la nuit , et voici son rapport ;
On n'espère plus à Dresde que dans l'empe-* reur. L'armée ennemie est descendue dans la plaine ; son canon a déjà tiré sur nos postes avancés , et déjà quelques attaques ont été es^ sayées sur nos ouvrages; dans l'après-midi, il a vu les alliés faire mine de s'avancer sur quatre colonnes. Si cette attaque eût été sérieuse , peut* êtrç auraient-ils pris la ville. Heureusement leurs colonnes se sont arrêtées * ; mais leurs lignes resserrent les nôtres dé bien près. Wittgenstein
*Les alliés auraient dû s'empresser d'enlever la vi^lc avant l'arrivée de Napoléon ; le général Jominy en avait donné le conseil , mais on délibéra au lieii d'agir. ( Voir l'ouvrage du colonel Butturlitt , aide de camp de l'empereur Alexandre , i8i5, pag. 27.)
ToMK II. a«. Êdit. 17