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a ses bWouacs à GrOna, derrière ie grand jardin. Kieist est établi à Streblen, Coiloredo à Roecnitz ; Chasteier , du côté de Plaûen. A uoe demi4ieue en arrière, le grand quartier-général des alliés est établi au village de Nottnitz. Les gardes russe et prussienne et tous les carps de réserve sont cantonnés autour.
A Plaûen , le cercle d'investissement s'arrête. On suppose que Schwartzenberg nattend plus que Tannée de Klenau pour étendre ses lign^ jusqu'au bas Elbe. C'est au retard survenu dan$ larrivée de cette aile gauche qu'on attribue les incertitudes des attaques. Mais déjà l'avant-garde deSklenau est signalée sur la route de Freyberg. Dès que ce corps arrivera, et ce peift être d'un instant à l'autre , le sort de Dresde sera décidé*
Dans cette, attente, la situation du maréchal Saiot-Cyr est des plus critiques. On se dispose à évacuer le grand jardin. £n s'éloignant de Dresde, Gourgaud a vu les feux de l'ennemi qui édair raient tout l'horizon. Un village en flammes, derrière le grand jardin, jetait des lueurs sinistres sur les dômes de la ville. — « Enfin dit l'empe- » reur, quel est l'avis du duc de Bassano?»— ^ m Sire, M. de Bassano ne pcQse pas qu'on tienne T» encore vingt-quatre heures. » — « Et vous? m — a Moi, sire, d'après ce que j'ai vu, je suis » convaincu que Dresde sera enlevé demain si
DE MIL HtJrr CENT TREIZE. aSg » votre majesté rfest pas là. >i — « Vous me foi- » les changer mon plan* Je compte entièrement n sur ce que vous me dttes» » -^ ii Sire , j'en ré- » ponds sur ma tête. » Après avoir entendu Gourgand, l'empereur mande auprès de lui le génàral Haxo, ingénieur habile sur lequel^ depuis Taccident du colonel Bernard^ il a jeté les yeux pour en faire un de ses aides de camp. L'empereur, le dqîgt appuyé sur la carte, montre au général Haxo ce qu'il attend de son intelligence el de son dévouement , et lui parle en ces mots : « Voilà » Vandamme qui s'avance au delà de l'Elbe, par » Pyrna ; il s'y trouvera sur les derrières de l'en- »nemi , dont l'empressement pour s'enfoncer » jusqu'à Dresde a été extrême. Mon projet était » de soutenir ce mouvement avec toute l'armée, » et c'était peut-^tre le moyen d'en finir une » bonne fois avec mes ennemis ; mais le sort de » Dresde m'inquiète : je île veux pas sacrifier » cette ville. Il ne me faut plus que quelques » heures pour m'y rendre, et je me décide, non )> sans regret, à changer de plan pour marcher à Dson secours. Vandamme est encore en forces » suffisantes pour suppléer à ce mouvement gé- » néral et faire un grand mal à l'ennemi. Que de » Pyrna il se porte sur Gieshubel ; qu'il ^agne » les hauteurs de Peterswalde, et qu'il s'y tienne; » qu'il en occupe tous les défilés, et que de ce
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» poste inexpugnable il attende l'issue des évér » nemens qui vont avoir lieu sous les murs de » Dresde. C'est à lui qu'est réservé le soin de » ramasser l'épéè des vaincus ; mais il faut du 3» sang -froid; il faut surtout ne pas se laisser » imposer par la cohue des fuyards. Expliquez 2> bien mes intentions à Yandamme ^ et dites-lui » tout ce que j'attends.de lui. Jamais il n'aura une » plus belle occasion de gagner le bâton de ma- » réchal. »
Le général Haxo a bien compris. Il descend austsitot des hauteurs de Stolpen dans les gorges du Lilienstein , rejoint le général Yandamme » et ne quitte plus ses pas.
A peine le général Haxo est-il parti, que l'empereur dit à Gourgaud : « Prenez un cheval frais; » retournez sur-le-champ à Dresde, remontez » les têtes , dites qu'il faut tenir, et que j'arrive. » Yous trouverez en route la division Teste : » faites-la revenir sur Dresde. Yous trouverez » aussi Lefebvre-Desnouettes; dites-lui de tenir » ses escadrons prêts sur mon passage. La vieille » garde partira d'ici à la petite pointe du jour; » je serai moi-même de bonne heure à Dresde. » Faites en sorte que je vous trouve à mon en- » trée dans Neustadt. Partez. »
Aussitôt Gourgaud reprend au galop le chefmin de Dresde.
DE MIL HUIT CENT TREIZE. a6i Le 26 , à la pointe du jour^le changement de direction s'opère. L'empereur est à cheval. Ses troupes ont déjà pris la route qui ramène deStolpen sur Dresde. Elles viennent de faire quarante lieues en quatre jours ; mais le canon qui les appelle leur fait oublier les fatigue^ des jours précédens/et Ton mardbie au pas de course. La garde est en tête *; vient ensuite la cavalerie du général Latour-Maubourg ; Tinfant^rie du duc de Bellune et la cavalerie du général Kellermann ferment la marche sur cette route , tandis que Tarmée du duc dje Raguse s*avance parallèlement sur le chemin de Bautzen qu elle n'a pas quitté. On arrive enfin à l'embranchement où les routes de Bautzen , de Stolpen et de Pilnitz se réunissent avant l'entrée de la ville neuve de Dresde. C'est un plateau d'où l'œil domine sur la plaine qui est au delà, de l'Elbe. Avec quelle anxiété nous la voyons occupée toute entière par l'armée ennemie! Déjà l'infanterie prussienne a pris possession du grand jardin; déjà des colonnes d'attaque se forment à portée de canon devant
» La garde montrait un courage déterminé , un grand dévouement pour l'empereur, et même après les marches les plus fatigantes, elle le saluait par des cris redoublés. (Le major saxon d'Odeleben, témoin oculaire, tom. i y pag. au et 23.)
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le faul^ourg de Pyraa ; déjà , sur les bords de la rivière, Wittgenstein a fait établir des batteries qiii, tirent à toute volée pour nous couper la route. Les fetuL de la redoute Marcolini leur répondent; ils éclatent au-dessus de nos têtes , dans les bois qui couvrent la porte de Dresde , et c'est sous le feu qroisé de ces batteries que nos colonnes, accourant les unes «auprès les autres, parviennent .nux pr^ières nmisons de I^resde.
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