‹ Manuscrit de mil huit cent treize, contenant le précis des événemens de cette année, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon;Chapitre 31 sur 53 · MARG0ES AUTOUR DE DRESDE · texte numérisé non relu

MARG0ES AUTOUR DE DRESDE

(Septembre i8i3.)

(( La bataille deCulm a changé en cris de joie >x la désolation qui commençait à se répandt*e »' dans les vallées de la Bohème '.» Le moral des troupes alliées s'est relevé ; de nouvelles espérances ont succédé dans le cœur des chefs aux fatigues ainsi qu aux dégoûts ; et la coalition, qui, après ses malheurs de Dresde, était au moment dé se dissoudre ou de transiger, ne songe plus^ dans sa joie qu'à resserrer les nœuds qui l'unissent. Le 2 septembre , l'empereur Alexandre , l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse se retrouvent à Tœplitz ; le 5 , lord Alberdeen y arrive , et le 9 , on y signe le traité deXceplitz, qui

" Voir l'ouvrage du colonel Butturlin , aide de camp de Tempereur Alexandre, i8i 3, pag. 45».

DE MIL HUIT CENT TREIZE. Ui complète l'acceâsion de rÂutriche à la coalition. Il semble que la fataUté se plaise à épuiBer tous ses traits a)ntre non% Tandis qu'une fausse •mana»iyre d'un de nos généraux: suffît poui^ sauver la Bohème, les débordemens et des inon^ dations inouïes surviennent pour compléter nos désastres en Silésie. Les doldats du duc de Ta** rente , trempés par les pluies , fatigués par deî* chemins devenus impraticables, arrêtés à chaque pas par des rubseaux changés en rivières , sont forcés de concentrer leur retraite sur Buntzlau , pour y trouver le seul pont que les eaux du . Bober n'aient pas emporté. La division Puthod , isolée de plus en plus des autres corps par Ce mouvement , est restée trois jours errante sut la rive droite du Bober, sans pouvoir retrouver, depuis Hirschberg jusqu'à Lowenberg, aucun des moyens de passage qu'elle avait laissés derrière elle. Coupée de Tarmée qui se retire par Buntzlau, acculée sur le Bober, assaillie; par des forces immenses qui l'enveloppent de tous côtés , cette lùalheurense division est détruite.Toutceqùtna pas été noyé ou tné est prisonnier. Les pertes dti duc de Tarente s'élèvent à plus de quinze mille hommes ; il a fallu abandonner plus de cent pièces de canons , et repasser successivement le Bober, la Queisse et la Neisse.

Ainsi tout ce que l'empereur a obtenu d*avan-

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ges est annulé par les malheurs de ses lieutenant. Mais, quelque décoùrajgeans que soient ces premiers résultats , ils ne peuvent le dédder à renoncer à son plan. Fort de la position centrale de Dresde , il. persisté à s y tenir ; c'est le pivot de toqtest les opérations qu'il médite ^ Le partage des forces ennemies est maintenant bien distinct; elles forment trois masses. Au nord, sur la. route de Berlin , l'armée du prince de Suède ; à l'est , sur la route de Silésie , 1 armée de Blûcher ; au sud-est , sur les routes de. la Bohème , l'armée de Schwartzenberg. L'empereur veut les voir venir : il les attend; prêt à se jeter sur le pren^ier qui se présentera , il sera toujours en mesure de se retourner contre celui qui vien^dra ensuite. Son plan est de recevoir séparément les attaques ; son espoir est de retouvér l'occasion qui vient d'être manquée.

Biûcher menace déjà Bautzen : c'est donc sur lui qu'il faut marcher d'abord. Mais, avant de quitter Dresde j l'attention de l'empereur s'arrête sur divers détails qu'il importe de ne pas négliger. Les fortifications de Dresde, doivent

' Sa ténacité dans la positon de Dresde est remarquable. Elle prouve l'avantage d'une position centrale. ( Voir Ton vrage du colonel Butturlib, aide de camp de remper^irr Alexandre , 1 8 1 3 , pag. 5. )

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 3a5 être réparées. Lescommandans du génie reçoivent leurs instructions; les travailleurs sont rappelés sur les terrains des faubourgs. De nofU-» velles redoutes sont ajoutées au système de défense, et les anciennes sont remises en état.

II est également urgent de réorganiser l'armée de Yandamme. Une revue que l'empereur passe lui-même lui permet d'apprécier les pertes de la bataille de Culm; elles ne sont pas aussi considérables qu'on l'avait craint d'abord ; lo corps d'armée a rallié au moins les deux tiers de ses forces et présente encore une ligne de douze mille baïonnettes. L'empereur confie au comte de Lobau, son aide de camp> le soin de rétablir l'ordre dans cette ««naée.^^est le général Drouot qui remplacera désormais le comté de Lobau dans les fonctions d^aide-major-général de la garde. Le nouveau commandant du premier corps le reconduit aussitôt dans les positions de Gieshubel et de Peterswalde. Les troupes du maréchal Saint -Cyr, sont cantonnées sur le sommet des montagnes entre Peterswalde et Altemberg, et le duc de Bellune prolonge cette ligne d'observation sur la droite au delà d'Alteraberg.

Il reste à pourvoir à la défense de la Saxe du côté du nord. L'empereur, forcé d'ajourner ses projets sur Berlin, veut du moins arrêter le^

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progrès du prince de Suède, qui menace de passer rJËlbe entre Wittemberg et Magdebourg. Le prince de la Mosoowa va lui être opposé.

Ces mesures prises , l'attention de l'empereur se reporte sur Blûclter. Déjà ses cosaques ont pénétré dans nos lignes entre Bautzen et BischofiWerda ; ils ont surpris un de nos convois de munitions, A cette nouvelle » Fcmpereur ne di£* fèrç plus son départ ; il quitte Dresde le 3 s^* ténèbre au soir*

Ici commence une série de marches et de oon* tref*marches, remarquables autant par la viva-' cité des manœuvres que par la patience avec la-* quelle l'empereur y poursuit un dénoûmentl

IjA 3, il a passé la nuit au petit château de Haruui y près de Bischoffwerda. Le 4t il s'avance au delà de la Sprée , et rencontre l'armée de Blûcher entre Bautzen et Gorlilz. Il loi présente la bataille; mais Blîîcher fait replier son avant* garde '. La cavalerie du général Sébastiani se

^ L'empereur se rend à cheval sur la route de Lobaa , accompagné du duc deTareiite, et s'avance jusqu'à Bod«kirch. Les deux montagnes appelées Stromberget Vohlaer-» berg , situées au delà de Hochkirch , étaient occupées parles alliés. Une forte colpnne de leurs troupes s'avançait sur Bautzen , par la route de Gorlitz ; le roi de Naples va à leur rencontre et les oblige à se retirer. Les Prussien» s'aperçoivent que Napoléon est revenu ; Us font leur retraite sur

De MIL HUIT CENT TREIZE. Sa^ met à la poursuite des alliés et les attônt à Rei* chenbach. Nous rentrons dans Gorlitz^ et Blur cher repassé succei^ivement la Keîsse et; la Queisse.

L'empereur satisfait d'avoir &it prendre chasse au plus entreprenant de ses adversaires, s arrête et revient à Dresde , où de nouveaux soins Fattendent. I! trouve en route de* offiôiers dépé^ chés en toute hâte de Torgau , par le prince de la Moscowa. Quatre jours sont à peine écoulés depuis que ce maréchal est allé prendre son nouveau commandement , et déjà il faut [t^ noncer à toutes les espérances qui reposaient sur la réputation de ce capitaine. Il vient de se battre à Dennewits , mais il a été plus malheureux eil^ core que le duc de Reggio à Grôss^-Beerett ; et

les deux route» de Gorlitzi par Lobau et par Heniutt...« Napoléon passe, la nuit du 4 ^^ $ ^^^^ ^^ presbytère, de la paroisse d'Hochkirch; le 5 il remonte à cheval pour suivre l'ennemi.... Chemin faisant, il arrive à une ferme abandonnée. Accablé de fatigues , il s'assied sur de la paille, et s'abandonne à la plus grande rêverie ; aucun bruit de canon, aucun mouvement qui annonçât une bataille; tout était tranquille ; les troupes françaises continuaient d'avancer; elles n'avaient affaire qu'à quelques régimens de cosaques , qui , dispersés dans les environs protégeaient la retraite de leur arrière-garde. (Voir l'ouvrage du major saxon d'Odeleben , témoin oculaire , tom. r, pag*. 269.)

dans cette seconde af£siire comme dans la prer mière , ce sont nos alliés , les Saxons , qui nous ont iait perdre le champ de bataille.

COMBAT DE DEBITEWITS,

Arrivé le 4 septembre à Wittenberg , le prince de la Moscowa a trouvé son armée rassemblée sous le canon de la place et prête à marcher. Il a pris aussitôt TofFensive. Ses instructions lui prescrivaient de se porter vivement 5ur la droite {K>ur replacer Farmée dans le système de Dresde, et dans la direction de Torgau sur Berlin. Tout semblait protéger cette opération. L'ennemi se trouvait dispersé dans une plaine de dix lieues , .entre Belzig et Juterbock. Nous ne pouvions rencontrer dans notre marche que le corps de Tauentzien , et il suffisait de le masquer. Enfin nous devions déboucher à Dahme sur la route de Torgau avant que Bernadotte surpris eût eu le temps de rassembler des forces suffisantes pour s'y opposer.

Le 5 , on s'est donc mis en route. Dès la première marche , on a rencontré Tauentzien; forcé de nous céder le passage à Sayda , il a été rejeté sur Dennewits. Le lendemain, 6, l'armée se portait par Ohna sur Dahme : mais le mouvement^ commencé trop tard dans la matinée, s'eflFectuait

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 3a9 lentement. Le comte Bertrand , opposé sut la gauche Va Tauentzien , et chargé de hii masquer notre marche, s'est vu forcé de soutenir trop long-temps cette démonstration. Il s'est trouvé peu à peu engagé dans un combat sérieux. Des deux côtés, on a marche' au secours des combattans. Les corps les plus voisins sont arrivés les premiers. Les plus éloignés se sont empressés d'accourin^ et insensiblement les deux armées entières^Kt fini par se trouver en ligne de bataille.

Bulow, cantonné à deux lieues de Dennewits, s'est le premier mis en mouvement pour soutenir Tauentzien. Reynier, quittant sa route , a donué contre Bulow. Bientôt après, Guilleminot s'est avancé contre Borstel, qui paraissait dans la plaine. Le reste du corps du duc de Reggiô est venu prendre part à l'action ; les Prussiens ont été écrasés par notre artillerie ; mais les réserves suédoises et russes , qu^on avait rassemblées le matin du côté de Niemeck , ont pu arriver dans l'après-midi pour faire pencher la balance. A leur approche , il a bien fallu céder, et l'on manœuvrait pour se retirer. Dans ce moment, une terreur panique a saisi les Saxons. En lâchant pied , ils ont ouvert le centre de notre ligne , et des torrens d'hommes et de chevaux s'y sont précipités. En vain la c^avalerie du duc de Padoue s'est

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sacrifiée pom rétablir le combat ; en vain le prince de la Moscowa , chercbaot une dernière ressource dans son artillerie de position , a £aiit feu dé toutes ses pièces ; nos deux ailes , sépa* rées par des tourbillons de poussière et de fumée, ont été entraînées dans des directions dif* férentes, Tune sur Dahme, et l'autre sur Schweitnitz. Cependant l'obscurité de la nuit a protégé notre retraite dans les sentiers de ^^rét de Sdiweitnitz^ et la fougue de l'enn^Br^ semble s'être arrêtée sur les bords de l'Elsterwerda.

Quelque aflQigeans cfue soient ces événemais, ils n'ont point compromis les avenues de Dresde; nos trois corps d'armée vont se rallier sous lé canon de Torgau ; ils s'appuieront sur l'Elbe, et le prince de la Moscowa promet de manœuvrer encore long-temps dans cette position.

SUITE DES MOUVEMEIIS MILITAIRES AUTOUR DK DRESDR.

Un danger plus pressant appelle l'empereur d'un autre côté. Il vient de trouver Dresde en proie à de nouvelles alarmes. La grande armée de Bohème est au moment de reparaître sous ses murs, et déjà l'on annonce que Favant-gardede Wittgenstein se montre à Pyrna *. A cette nou-

' L'empereur avait été bien inspiré en ne se laissant pas entraîner à poursuivre Bliicher au delà de Gorlitz. Schwart-

DE MIL HUIT ŒNT TREIZE. 3Jc veUe, Tempereur remonte à cheval; il veut débordet Wittgenstein par les petites routes dé la droite 9 et se porte le 8 sur Dohna ' ; le 9, ^ur

zenberg, le voyant engagé de ce coté, s'était mis en marche pour lui fermer toute retraite. Quittant Tœplitz , traversant l'Elbe , il allait déboucher par Zittau. Le mouvement de Wittgenstein sur Pjrna n'était qn*une démonstration pour couvrir l'opération de Schvrartzenberg. Mais le brusque retour de Napoléon à Dresde a rendu vaine cette cond»^ naiaon , et Bchwartzenberg n'a rien eu de mieux à faire que • de ramener son monde à Tœplits.

' Le 8 , à midi , Napoléon parut à cheval sur la route àt Pjrna, vers l'auberge dite de Luga , et marchant à petits pas comme à une reconnaissance. L'ennemi avait Occupé les hauteurs de Gross-Sedlilz et la petite ville de Dohna. Le combat était déjà engagé. Napoléon s'arrêta près d^Fallée de peupliers de Gamig ; il fit prendre Dohna , fit avancer qnelquelB colonnes pour attaqnei* les sommets des hauteurs voisines, et la pente de la montagne près de Klein-SedKt«: 'Dès que le point le plus élevé eut été emporté , l'artillerie et la cavalerie russes battirent en rétraite. Le village de Mugeln et une partie de la ville de Dohna étaient en flammes. On voyait des clochers de Dresde la fumée de ce côté. Les Russes forent chassés de Gross-Sedlitz ; mais ik se rangèrent de nouveau près de Zehist, de Pjrna, et sur la petite route qui conduit en Bohème , près de Borna , où aboutit la route de Pyma. L'obscurité de la nuit ne permit pas de continuer le combat. Napoléon fit bivouaquer ses troupes , et transporta son quartier-général à Dohna. (Voir l'ouvrage du major saxon d'Odeleben , témoin oculaire ; t. i , p. ^'j'5. )

Liebstadt '• Le lo, après avoir rejeté Fenneini en Bohème , et de ses yeux avoir vu , :des hauteurs de Geyersd^erg, la profondeur de la vallée de Tœplitz *, il revient à Breitnau. Le 1 1 , il se dirige sur Pyrna, et le la il rentre à Dresde. .

' L'empereur se rendit sur les cinq heures au château de Liehstadt pour y passer la nuit. Gé vieux châtea\i , appuyé sur UD rocher escarpé qui domine une vallée étroite , parsemée de petites maisons bourgeoises , accueillit dans ses petits et bizarres appartemens la nombreuse .maison militaire de l'empereur, ainsi que l'état major génçral du prince de l'oeuf châtel. Du reste, Napoléon s'y montra trèsgénéreux ; il ÛX distribuer des sommes considérables à quelques paysans des environs qui , ayant tout perdu , avaient sollicité les effets de sa munificence. (Voir l'ouvrage du major saxon 4'Odel^ben , témoin oculaire , tom. i, pag. 375. )

* Le 10 , quand tout le monde était dans l'attente de ce qu'on allait faire, et du côté vers lequel ob se tournerait, Napoléon prit le chemin qui conduit à Breitnau et au Geyersberg, c'est-à-rdirc la petite route de Dresde à Tœplitz.... Les troi^pes- marchèrent en traversant de& montagnes désertes et des villages abandonnés ; on fit des reconnaissances , tant à droite , vers Altembei^ , qu'à gauche , vers Peterswalde. Lorsque Napoléon fut arrivé près du Nattelberg , qu'il avait remarqué de Dresde comme un point de frontière bien distinct , il s'écria d'un air satisfait : Voilà noire montagne lU fit aussitôt annoncer au roi de Saxe que l'ennemi était repoussé en 3ohème — Arrivé au premier village de la frontière , appelé EbersdorfF, l'im-r

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 333 . L'empereur allait s'occuper de Blûcher, qui a repris l'ofifeosive , lorsque la nouvelle arrive que Wittgenstein s'est représenté à Peterswalde , et descend encore une fois à Gieshubel. Napoléon se met aussitôt en route du côte de la Bohème; il couche à Pyrna le 1 5 au soir. Cette fois , c'est par notre gauche, en remontant le cours de l'Elbe, qu'il fait manœuvrer ses troupes ; et , dès le lendemain j i6, il rejette les alliés dans leur vallée de Tœplitz. Quelques coups de sabres de noshus* sards atteignent l'arrière-garde ennemie , et le fils de. Blûcher tombe dans nos mains. L'empereur passe, les journées du 1 6 et du 17 sur les

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mense vallée de Tœplitz se présenta à sa vue. Au fond du vallon , entre Culm et Tœpli.'U, était une pàiséaute armée rangée sur deux lignes... Aux pieds de Nap<^éoB aéteadait la pente du Geyersberg, escarpée et couverte de bois. L'homme le plus téméraire eût craint de trouver son tombeau dans ce gouffre — C'était cependant par ce chemin que les Russes et les Prussiens , fuyant de Dresde , avaient effectué leur retraite. On n'y Voyait que des débris de leurs chariots et de leurs pièces d'artillerie. Les dernières *pluies avaient encore augmenté les difficultés de cette descente. Une seule roue cassée aurait arrêté une armée entière.... L'empereur ordonna au général Drouot de descendre et de s'avancer pour examiner la route. Mais ce général revint plus tard annoncer que le chemin était impraticable. ( Voir l'ouvrage du major saxon d'Odeleben , témoin oculaire ; tom. I, pag. 276 et 277.)

sommets de Petërsifvalde. Une canonnade presque continue signale 6a présence au milieu deâ brouillards de la montagne. De fortes reconnaissances descendent jusqu'à Culm. Une affaire d'avantnpostes assez yrre s'engage entre le corps du courte de Lôbàu et la division autrichienne de Collôredo ; cette dernière est fort maltraitée. . Les alliés $e croient au moment d'une invasion^ etScbwartzenberg fait battre la générale sur toute sa ligne Mais Napoléon , qui a du côté de Dresde ses magasins , et la plus grande partie de ses forces, n'a jamais songé à s'engager dans leg âé«> filés de la Bohème. Le 1 8 au matin, profitant d'une édairciey il jette encore un regard sur le fond de la vallée, oc Tout ce que je puis voir, 91 àit*A à Berthier, ferme à peu près deux Corps ji de soixante mille hommes. Il leur faut plus )) d'uti jour pour se réunir et pour attaquer* » Satisfait d'avoir pris sa revanche des fatigantes incursions de Wittgenstein , il redescend Iç i8 à Pyrna. Ce n'est que le ai qu'il revient à Dresde.

• A peine a-t-il pfis quelques heures dé repos dans cette capitale qu'il se met en marche contre Blûcher. Celui-ci a dépassé Bautzen; il est arrivé sur la Sprée ; il s'avance même du côté de Stolpen et deBischoffwerda. Il n'y a plus de temps à perdre si l'on veut arrêter ses progrès.

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 335 Xi'emp^tem* porte son quartiçi?* général le :xa à Hartau; il fait aussitôt manœuvrer les corps ' du duc de Tarente , du général Lauriston et du général Souham. Mab, au premier mouvement offensif ;qui trahit la présence de l'empereur, Blucber se retire* 0n lui i^eprend la foret de Bischoffwerda , et Gérard le recQuduit jusqu'à la Sprée K L'empereur ^ fatigué , ordonne qu'on laisse désormais Blûcher en repos derrière cette rivière , et revient de sa personne à Dresde, où il. rentre le a4 septembre.

. Dès ce moment , toutes les combinaisons de la position de Dresde . se trouvent à peu près épuisée^. lïous avons cru devoir abréger le.récit de- cette campagne sans résultats. Mais un simple lésumé peut suppléer à taules les omissiion^ ^ et, le voici:

Immédiatement après la bataille de Dresde , l'empereur se porte aur Blûcher; rappelé à Dresde, par une incursion: de Wittgenstein , il marche sur la Bohème. Aprèsavoir rejeta Wittgenstein,

■■ ■. • r ■ ■ ■ .11 II t V ■' '

'Napoléon fit tirer sur rarrîère*gafde des Bn«ies; il s'arrêta pendant l'affairé près d'un feu de garde que le froid dé' la saison rendait très nécessaire, et retourna pa»* ^ la nuit à Hartau , un de ces misérables endroits qui par leur pofllition devenaient souvent le quartier-général. ( Voir rouVmge du major éaioa d'Odekben, témoin oculaire ^ pag. ^88. ) . . .

en Bohème, il revient à Dresde; rappelé de nouveau du coté de la Bohème, il chasse encore une fois Witrgenstein de la Saxe. De retour à Dresde, il fait volte-face contre Blûcher. Après ce dernier: mouvement , il se retrouve à Dresde au milieu de. toutes ses armées réunies ! Tel est le précis^ des opérations du mois de septembre ^

Quoique l'empweur soit maintenant à peu près décidé à prendre une autre ligne d'opération , le moment de le faire ne lui parait pas encore venu. c( Je ne sors plus, dit-il; j'attends.» Il faut laisser les armées coalisées s'engager davantage dans les grandes manœuvres qu'elles commencent à démasquer; il £siut surtout entretenir les alliés dans * la croyance où l'on est généralement chez eux , que nous nous obstinons à rester à Dresde. A cet effet , l'empereur ordonne qu'on augmente le nombre des travailleurs employés aux fortifications de Dresde ; il prescrit de nouvelles dispositions défensives autour de Pyrna. Il fait jeter

- 'Napoléon fait de vains effort».- U. court vers chaque point menacé et se trouve aussitôt rappelé ailleurs par quelques nouveaux désastres. Partout où il apparaît, les alliés reculent devant lui ; mais ils avancent avec succès sitôt qu'il tourne le dos. Cependant toutes les masses de Tennemi ont gagné constamment du terrain ; elles se trou* vent toutes liées entre elles désormais ! ( Mémorial' de Sainte-Htlène , par le comte de Las Cases; tom. vi, p. 6S.)

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 887 de ce côté un second pont sur l'Elbe : on y trace une tête de pont: on veut même fortifier le vieux château de Sonnenstein qui domine Pyrna; et la rigueur avec laquelle on convertit cet hôpital de fous en citadelle arrache à l'administration saxonne des cris qui achèvent de donner le change à l'ennemi.

Cependant , plus le séjour de Dresde se prolonge , plus, l'on s'inquiète autour de l'empereur. Une fatale disposition au découragement domine les esprits. Des signes d'abattement et de mécontentement même sont trop visibles! On dirait qu'une lime sourde cherche à rompre tou^ les liens de confiance et de dévouement qui , si long -temps, ont rendu l'empereur et l'armée forts l'un par l'autre, et l'un par l'autre invincibles î

Fm DE LA QlJÂTRliSME PARTIE.

TOMK II. 2«. Edit.

DE

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